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En Colombie-Britannique, ces gangs de rue de bonne famille

Des voitures de police et un policier de dos sont dans la rue.

Un rapport dénombre 46 homicides en Colombie-Britannique liés à des activités de gangs en 2017.

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le profil des gangs de rue en Colombie-Britannique a de quoi surprendre. Plusieurs de ses jeunes membres sont issus de foyers appartenant à des couches sociales moyennes à aisées, contrairement aux autres gangs nord-américains, constate la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Leurs motifs ne sont pas guidés par la pauvreté, mais par le désir d’appartenir à l’univers des gangsters, d’être protégés et d’imiter un style de vie parfois célébré par une certaine culture nord-américaine. 

Certains se retrouvent enrôlés dans ces bandes organisées une fois qu’ils s’y frottent tandis que d’autres membres rencontrent les mauvaises personnes qui les placent dans la mire des organisations criminelles.

L’un des policiers de l'Équipe de lutte contre les gangs de la GRC donne l’exemple d’un contrôle de couvre-feu qu’il mène pour surveiller un présumé chef de gang dans la ville de Surrey. 

Ce dernier habite toujours dans la maison familiale où il a grandi, dans un paisible quartier où le prix moyen des maisons s’élève à 1,1 million de dollars.

Les gangs de Chicago et des autres villes américaines se regroupent géographiquement. Ils montent la garde dans le quartier, ou alors ils sont nouvellement immigrants dans le pays. Ça devient une affaire d’unité et de survie. Ces gamins [en Colombie-Britannique] n’ont pas ce problème, observe le policier Ryan Schwerdfeger. 

Une erreur de terminologie

La situation en Colombie-Britannique est si différente que certains groupes armés revendant de la drogue ne sont pas vraiment des gangs au sens où l’organisation fonctionne selon une hiérarchie définie, où l’identification au groupe - avec ses rites de passage initiatiques - devient plus importante que l’identité personnelle. 

Portrait rapproché de Ary Azez, un homme brun aux cheveux courts, qui porte un tshirt gris et une longue barbe.

Ary Azez a grandi dans une famille de classe moyenne. Il a perdu sept amis à cause de fusillades et de surdoses. Repenti, il anime désormais le programme Yo Bro Yo Girl Youth Initiative.

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Il s’agit plutôt de clans ou de cliques, comme celle à laquelle a appartenu Ary Azez.

Cet homme âgé de 22 ans est issu de la classe moyenne. Il a été enrôlé très jeune dans la spirale des gangsters, à Surrey, avant de rejoindre un groupe de sensibilisation antigang appelé Yo Bro Yo Girl Youth Initiative.     

Le renvoi de son école a été un facteur déclencheur de son introspection. 

« On ne vient pas de familles démunies, où les parents sont absents, ni de foyers d’accueil, avec une grande pauvreté. On a une famille, de belles maisons, des voitures. »

— Une citation de  Ary Azez, ex-membre de gang repenti

Sur les 46 homicides perpétrés en Colombie-Britannique par des gangs en 2017, 6 se sont déroulés à Surrey, 7 à Abbotsford et 5 à Vancouver, selon un rapport (en anglais) (Nouvelle fenêtre) de la Ville de Surrey sur les moyens de prévenir les activités des bandes organisées dans la région.

Le même document affirme que, contrairement aux autres régions, les gangs de Colombie-Britannique se répartissent sur tout un spectre socioéconomique et sont multiethniques.

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