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Consommation de cannabis : Halifax et Montréal en tête de peloton

Le reportage de Catherine Gauthier

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Sarah Laou

Halifax se démarque par sa consommation de cannabis par habitant, qui est la plus élevée au pays, tandis que Montréal la suit de près et se classe au deuxième rang, selon le deuxième volet de l’étude de Statistique Canada basée sur l’analyse des eaux usées.

Le projet pilote lancé par Statistique Canada en mars 2018 dans cinq grands centres urbains, soit Halifax, Montréal, Toronto, Edmonton et Vancouver, a permis de mesurer la consommation par ville de cannabis et d'une douzaine d'autres drogues grâce au prélèvement d’échantillons d'eaux usées municipales.

Le programme a été testé durant 12 mois par l’agence fédérale, qui décrivait comme « difficile l’obtention d’un portrait fidèle de consommateurs de cannabis » en raison de la stigmatisation et de la réticence de ces derniers à divulguer les achats faits auprès de fournisseurs illégaux.

Utilisée en Europe depuis 2007, la méthode du traitement des eaux usées a ainsi présenté l’avantage de garantir l’anonymat et d’élargir l’étude à des zones représentant près de 8,4 millions de Canadiens.

Des écarts considérables entre les villes

Statistique Canada explique que moins de 1 % de la quantité de cannabis consommée par une personne est excrétée dans les eaux usées sous la forme d’un composé non psychoactif du tétrahydrocannabinol (THC), nommé le THC‑COOH. Et c'est cet indice qui a été observé lors de l'étude.

Ainsi, la charge moyenne de THC‑COOH trouvée dans les eaux usées pour l’ensemble des sites canadiens était de 450 grammes par million de personnes par semaine.

Mais dès les premiers mois de l’étude, les villes ont présenté des écarts de consommation considérables, qui se sont répétés au fil des mois.

Les villes de Montréal et d'Halifax ont notamment signalé des charges de 2,5 à 3,8 fois plus élevées que celles de Vancouver, Toronto et Edmonton.

Graphique à bâtons

Tableau de Statistique Canada représentant la consommation du cannabis par habitant et par ville, soit la charge de THC-COOH de mars 2018 à février 2019.

Photo : Statistique Canada

Alors que la consommation de cannabis semblait plus élevée à Montréal et à Halifax, la consommation de méthamphétamine avait tendance à être plus élevée à Vancouver et à Edmonton.

Les concentrations de méthamphétamine étaient quant à elles extrêmement faibles à Halifax et à Montréal.

Outre l’aperçu de la variation de la consommation de drogues selon les villes, ces résultats ont également mis en lumière des variations saisonnières importantes dans la consommation de certaines drogues.

Mais Statistique Canada n’a pas été en mesure de définir si ces hausses étaient attribuables à des variations des débits d’eaux usées, à des fluctuations du nombre de consommateurs, à la quantité consommée ou encore à des facteurs liés à l’échantillonnage.

Graphique à courbes

Charge de THC-COOH par habitant par mois, de mars 2018 à février 2019

Photo : Statistique Canada

L'impact de la légalisation

L’un des objectifs de l’étude était aussi d’établir une mesure de base du THC‑COOH dans les eaux usées avant et après la légalisation du cannabis, qui a eu lieu le 17 octobre 2018.

Selon l’Enquête nationale sur le cannabis, une enquête trimestrielle de Statistique Canada, le pourcentage de consommateurs autodéclarés était supérieur à la moyenne en Nouvelle‑Écosse, mais inférieur à la moyenne au Québec.

Or, ce dernier résultat semble aller à l’encontre de la situation observée dans les eaux usées de Montréal. Cette seconde méthode d’échantillonnage de données permet ainsi d’estimer la taille du marché non réglementé pour les différentes drogues observées, dont le cannabis.

En couplant ces deux études, Statistique Canada se dit en mesure d’établir un profil de la consommation de cannabis avant et après la légalisation.

Toutefois, l’agence fédérale indique qu’il est encore « trop tôt pour dire s’il y a eu une variation de la consommation totale de cannabis depuis octobre 2018 ».

D'autres collectes de données et de recherches sont planifiées afin de déterminer s'il y a eu un changement significatif dans la consommation de cannabis depuis octobre 2018.

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