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Au terme du G7, Trump envisage de rencontrer le président iranien Rohani

Le reportage de Louis Blouin

Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump envisage une rencontre prochaine avec son homologue iranien Hassan Rohani pour discuter d’un nouvel accord sur les activités nucléaires de la République islamique.

C’est du moins ce qu’il a déclaré aux côtés du président français Emmanuel Macron lors de la conférence de presse clôturant la rencontre des chefs d’État et de gouvernement du G7, lundi à Biarritz, en France.

M. Trump a ainsi confirmé les propos de M. Macron, qui a fait valoir que les discussions sur le dossier iranien qui ont eu lieu en fin de semaine ont permis de créer les conditions d’une rencontre, et donc d’un accord entre Washington et Téhéran.

Selon le chef de l'État français, une telle rencontre, fruit d’une initiative française, pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines. M. Trump a convenu peu après que cet échéancier était réaliste, en précisant qu'il fallait d'abord que les circonstances soient réunies.

Selon M. Macron, c'est la venue dimanche à Biarritz du chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif qui a permis « de dessiner un chemin » vers une discussion directe entre MM. Trump et Rohani.

« Rien n'est fait et les choses sont encore éminemment fragiles, a convenu le chef d’État français. N’empêche, « des discussions se sont amorcées » et « des avancées » ont eu lieu, a-t-il assuré.

Il a notamment affirmé que le président iranien « s’est montré ouvert » à une rencontre avec le président Trump lundi matin, ce qui constitue selon lui un « vrai changement ». Si cela devait se concrétiser, « ma conviction c'est qu'un accord peut être trouvé », a-t-il poursuivi.

Le président Trump est lui aussi demeuré prudent sur le sujet. Il a dit croire que le président Rohani voudra le rencontrer afin de « régler » le dossier et relancer l’économie iranienne, qui souffre des sanctions américaines.

« J’ai un bon pressentiment. Ils doivent être de bons joueurs, si vous comprenez ce que je veux dire », a-t-il dit, quelque peu cryptique. « Ils ne peuvent pas faire ce qu’ils ont dit qu’ils feraient, parce que s’ils font ça, nous allons leur opposer une force vraiment vraiment très violente », a-t-il ajouté.

M. Macron a affirmé qu’il partageait avec M. Trump deux objectifs stratégiques dans le dossier : que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire, et qu’il n’y ait pas d’embrasement dans la région.

Il est resté évasif sur ce qui pourrait être discuté lors de cette rencontre potentielle entre les deux présidents, mais a répété que M. Trump souhaite un accord d’une durée plus longue que celle convenue à Vienne, et que davantage de sites iraniens puissent être surveillés.

Le président Trump a ajouté peu après qu’il tient aussi à ce qu’un nouvel accord vienne limiter le développement du programme de missiles balistiques iranien.

MM. Macron et Trump ont avancé que des pays pourraient offrir des lettres de crédit à l’Iran pour soulager son économie en échange de sa coopération.

Les relations entre les États-Unis et l’Iran se sont considérablement crispées depuis que le président Trump a retiré les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien qui avait été accepté par l’administration Obama en 2015, à Vienne.

L’administration Trump a par la suite imposé de sévères sanctions à l’Iran, notamment sur ses exportations de pétrole, ce qui a poussé la République islamique à violer symboliquement certains termes de l’accord de Vienne.

Vers un accord sur une taxe numérique?

M. Macron a aussi annoncé lundi un accord avec le président Trump sur la taxation des géants du numérique, pierre d'achoppement entre les deux pays. Adoptée par le Parlement français, cette taxe est vivement décriée à Washington.

Selon le président français, les deux pays se sont entendus pour « travailler pour trouver un accord en 2020 pour moderniser les règles de la fiscalité internationale dans le cadre de l'OCDE ».

« Le jour où on a cette fiscalité internationale, la France supprime tout projet de taxe et tout ce qui a été payé au titre de cette taxe sera déduit de cette taxe internationale », a assuré le président français. « On a trouvé un accord qui est bon de part et d'autre. »

Les membres du G7 ont aussi convenu de « changer en profondeur » l'Organisation mondiale du commerce (OMC) afin qu'elle devienne « plus efficace dans la protection de la propriété intellectuelle », et qu'elle puisse « régler plus rapidement les différends et éradiquer les pratiques commerciales déloyales », indique la déclaration finale du sommet.

Un sommet sur l'Ukraine en septembre

Emmanuel Macron a également fait savoir qu'un sommet réunissant les dirigeants ukrainien, russe, allemand et français se tiendra en septembre pour avancer vers la paix en Ukraine. « Les conditions sont réunies pour un sommet utile », a-t-il affirmé.

Il a précisé qu'une date serait fixée avec Angela Merkel, Vladimir Poutine et le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky pour cette rencontre qui devrait se tenir en France.

Depuis avril 2014, environ 13 000 personnes sont mortes dans l'Est de l'Ukraine, où un conflit avec des séparatistes prorusses a éclaté après le soulèvement populaire du Maïdan ayant conduit au départ d'un gouvernement prorusse à Kiev, suivi de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou.

L'Ukraine et ses alliés occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes des régions de Donetsk et Lougansk, ce qu'elle a toujours démenti, malgré de nombreuses preuves. Après les accords de Minsk II en février 2015, les combats ont baissé en intensité, mais continuent de faire des victimes.

Avec les informations de Agence France Presse, et Reuters

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