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Le nouveau chef de police d’Ottawa ne parle pas français, mais promet d’apprendre

Peter Sloly dans une mêlée de presse.

Le nouveau chef du Service de police d'Ottawa (SPO), Peter Sloly, s'adresse aux médias.

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Kim Vallière

« C’est un jour très spécial pour moi et pour ma famille », a commencé Peter Sloly en français, lors de la conférence de presse qui le présentait comme nouveau chef du Service de police d’Ottawa (SPO) lundi.

Il a rapidement poursuivi en anglais, en s’excusant de ne pas être bilingue. C’est un de mes regrets, de ne pas parler français. La Commission [de services policiers d'Ottawa] va me mettre à l’école rapidement et vous pourrez tester mes connaissances annuellement, a-t-il promis.

Une affirmation qui satisfait le maire d’Ottawa, Jim Watson, qui considère qu’il est vraiment important d’avoir un chef qui parle les deux langues officielles de notre pays.

Les deux hommes se sont rencontrés pour une première fois avant la présentation officielle de M. Sloly, une réunion après laquelle M. Watson s’est félicité du choix et s’est dit impressionné par lui, son histoire et ses perspectives.

Peter Sloly pose pour les caméras entourés de femmes noires présentes à la conférence de presse.

Peter Sloly a été présenté comme nouveau chef du Service de police d'Ottawa (SPO).

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Fabien Kalala, un résident d'Ottawa venu assisté à l'annonce lundi matin, a déploré son unilinguisme.

C'est dommage, mais j'ose croire à sa bonne volonté d'apprendre. Il doit apprendre vite, parce que les problèmes, il n'y en a pas qu'en anglais, il y a aussi des problèmes en français.

Fabien Kalala, résident d'Ottawa

L'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) abonde dans le même sens.

Dans un monde idéal, on aurait un candidat qui serait bilingue quand il arrive en poste. Ceci dit, on apprécie le fait qu'il a fait un effort d'inclure du français dans son discours et [qu'il] s'engage à apprendre le français, a relativisé Aja Besler, la directrice générale de l'ACFO d'Ottawa.

Un rêve qui se réalise

Peter Sloly, la première personne noire à prendre les commandes du SPO, entrera en fonction en octobre, à une date qui n’est pas encore déterminée.

Devenir chef de police dans la capitale est un rêve devenu réalité.

Peter Sloly

Celui qui a passé 27 ans dans les rangs du Service de police de Toronto avait déjà tenté sa chance pour devenir chef du SPO en 2006.

Il affirme que sa passion pour les affaires policières l’a convaincu d’abandonner sa carrière de consultant en sécurité nationale pour Deloitte, qu’il avait amorcée après sa démission dans la Ville Reine en 2018.

Je suis convaincu d’une chose. Ottawa devrait avoir et aura le meilleur service de police au Canada, a déclaré M. Sloly, qui devra être assermenté à nouveau comme policier avant de pouvoir entrer en fonction.

Sa nomination n'est pas une surprise pour l'Association des policiers d'Ottawa, qui était bien au fait de sa feuille de route.

Il a beaucoup d'expérience avec la police de Toronto, puis aussi avec Deloitte. Ce n'est pas surprenant pour nous que la Commission de services policiers d'Ottawa a fait ce choix, a expliqué Matt Skof, le président du syndicat.

Une bonne nouvelle pour la communauté noire

Plusieurs membres de la communauté noire d'Ottawa ont fait le déplacement à l'hôtel de ville lundi matin pour assister à ce moment historique. Aujourd'hui c'est un grand pas par rapport à la diversité de la ville, mais il reste qu'il y a beaucoup de défis qu'il faut relever, a affirmé Fabien Kalala.

Ce ne sera pas une question de couleur de peau, ce sera une question de performance et je suis confiant que Peter Sloly offrira l'efficacité dont on a besoin, a insisté pour sa part Ewart Walters, le coordonnateur de Black Agenda Noir.

Ewart Walters en entrevue à Radio-Canada.

Ewart Walters est le coordonnateur de Black Agenda Noir.

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Dahabo Ahmed Omer, cofondatrice de la coalition Justice pour Abdirahman, était aussi très optimiste.

Il comprend le racisme, le profilage racial, la discrimination et les défis des communautés racialisées à titre personnel. C'est ça l'important, a précisé la militante.

Dahabo Ahmed Omer en entrevue à Radio-Canada.

Dahabo Ahmed Omer est la cofondatrice de la coalition Justice pour Abdirahman.

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

L’accent sur les gens

Peter Sloly n’a pas voulu s’avancer sur des stratégies précises pour le SPO, sur les gangs et la violence liée aux armes à feu, par exemple.

La chose la plus importante pour moi, ce sont les gens et les partenariats [...] Les meilleurs résultats sont obtenus quand on met les officiers directement dans les communautés. Ça peut prendre des années pour bâtir les relations, a insisté le père de famille en soulignant aussi l’importance qu’il accorde à la diversité.

Peter Soly en conférence de presse accompagné de la conseillère municipale Diane Deans.

Peter Sloly entrera officiellement en fonction au mois d'octobre à une date qui reste à déterminer.

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Il croit que le SPO met en place des solutions innovantes depuis des années pour tenter de faire baisser le taux de criminalité dans la capitale et il croit en l’importance de la prévention.

M. Sloly sera en poste jusqu’en 2024.

Ottawa-Gatineau

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