•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Santé publique veut protéger les jeunes des produits dérivés du cannabis

Des produits dérivés du cannabis sur les tablettes d'un magasin.

Des produits dérivés du cannabis seront bientôt disponibles au Canada.

Photo : Radio-Canada / Laurence Niosi

Radio-Canada

Face à l’arrivée prochaine de divers produits dérivés du cannabis, les Directions régionales de santé publique de la province demandent au gouvernement du Québec d’encadrer l’offre de ces produits afin de protéger la population, surtout les jeunes.

Dès la mi-décembre, friandises, boissons, crèmes pour la peau et autres produits dérivés du cannabis seront vendus légalement au Canada.

Au Québec, la vente de friandises au cannabis sera interdite, le gouvernement juge que les mesures prévues par Ottawa sont insuffisantes pour encadrer la légalisation de la vente de produits comestibles.

La Direction régionale de santé publique (DRSP) appuie le projet de réglementation du gouvernement Legault, mais elle croit que certaines précisions doivent être apportées au règlement, notamment en ce qui a trait aux produits jugés attrayants pour les jeunes.

On trouve que la formulation "attrayant pour les jeunes" n'est pas définie. Il n'y a pas de critères précis, explique le directeur de santé publique pour la région de la Capitale-Nationale, François Desbiens.

Il est d'avis que la réglementation devrait préciser ce qui est admissible ou non afin d'éviter qu'une fois le règlement adopté, certaines entreprises argumentent sur la définition du mot attrayant. On va se retrouver dans une polémique juridique, craint-il.

Dans le mémoire déposé par l'Institut national de santé publique (INSPQ) sur le projet de règlement, les directeurs régionaux de santé publique suggèrent d’interdire certaines formes jugées attrayantes.

Parmi celles-ci, on retrouve les formes de fruits, d’humains ou d’animaux, les personnages de dessins animés et les couleurs vives, de même que les boissons sucrées contenant du cannabis, comme les jus naturels ou avec sucre ajouté, les boissons gazeuses ou édulcorées.

Pour justifier cette position, François Desbiens cite l'expérience des boissons sucrées alcoolisées, qui démontre que le fait de masquer le goût de l'alcool incite les jeunes à en consommer. Il craint qu'un tel phénomène se produise si on permet la vente de boissons sucrées ou édulcorées au cannabis.

Limiter la concentration

La Direction régionale de santé publique approuve aussi l'intention de Québec de limiter la concentration de cannabis à 5 mg par portion, alors qu'Ottawa autorise le double. Une telle limite réduit les risques de surconsommation selon François Desbiens, qui explique que l'effet du cannabis se fait ressentir plus tardivement lorsqu'il est ingurgité que quand il est fumé.

François Desbiens rappelle aussi que dans une perspective de santé publique, l'idée derrière la légalisation du cannabis n'était pas d'augmenter le nombre de consommateurs, mais de faire un transfert du marché illégal vers le marché légal.

Il y a très peu de personnes présentement qui consomment du cannabis en le mangeant ou en le buvant. Il faut faire attention lorsqu'on va commercialiser des produits de ne pas partir à la recherche d'une nouvelle clientèle.

François Desbiens, directeur de santé publique pour la région de la Capitale-Nationale

En 2018, 96 % des gens ayant consommé du cannabis avaient déclaré l'avoir fumé, tandis que 4 % seulement rapportaient l'avoir bu. La proportion des consommateurs ayant déjà ingurgité du cannabis est de 27 %. Un chiffre qui augmente à 36 % chez les jeunes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Santé publique