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Quelles solutions pour l'avenir des médias?

Une presse imprime des journaux.

La Commission parlementaire sur l'avenir des médias d'information doit s'ouvrir lundi à Québec.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Pas moins de 36 groupes et intervenants seront entendus cette semaine lors des audiences sur l’avenir des médias d’information dont le modèle d'affaire peine à résister aux assauts des géants du web.

Le rôle de Google ou de Facebook, qui absorbent depuis des années les revenus publicitaires qui jusqu'alors revenaient aux médias, sera bien évidemment au menu de ces audiences de la Commission de la culture et de l’éducation.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), un des participants attendus, reproche à ces géants de diffuser le contenu des médias sans leur verser de droits d’auteurs, en plus de ne pas payer d’impôts au Canada sur leurs revenus publicitaires. Cela correspond à une forme de concurrence déloyale, selon la FPJQ.

Le Centre d’étude sur les médias a calculé qu’entre 2012 et 2017, les médias ont vu leurs revenus publicitaires diminuer de 29 %, alors qu’ils ont été multipliés par 2,2 sur les plateformes numériques des GAFA (Google, Apple, Facebook Amazon) qui accaparaient en 2017, 40 % du marché publicitaire.

Lors d'un point de presse, la libérale Isabelle Melançon s'est dite déçue que les élus caquistes au sein de la commission aient refusé que des représentants de Google et de Facebook ou des experts de la question soient entendus en commission .

J'espère qu'il ne s'agit pas d'un exercice de marketing et qu'on va arriver avec des solutions concrètes, a affirmé la porte-parole de l'opposition officielle en matière de culture et de communications.

Le gouvernement Trudeau n’a pas mis ses culottes pour taxer les géants du web, et le provincial non plus n'a rien fait. Ça crée un très gros déséquilibre fiscal qui pénalise toutes les entreprises d’ici.

Patrick White, professeur de journalisme à l’UQAM

En entrevue à l’émission Tout un matin, M. White, qui doit intervenir lundi en commission parlementaire, croit que la taxation des GAFA de ce monde pourrait servir à alimenter un fonds d'aide pour le journalisme.

Encore faut-il trouver une façon de distribuer l’aide de façon judicieuse. Ainsi lorsque le gouvernement Couillard avait annoncé il y a deux ans, une aide de plusieurs millions de dollars pour assurer le virage numérique des médias, la FPJQ avait émis des doutes.

C’est comme si le gouvernement avait perdu de vue le fait que les plateformes numériques sont alimentées en contenu par des journalistes. En choisissant le contenant plutôt que le contenu, il prive les secteurs de l’information de l’aide dont ils ont dramatiquement besoin, rappellera la FPJQ dans son mémoire.

Selon un rapport du Forum des politiques publiques du Canada, 225 hebdomadaires et 27 quotidiens ont disparu depuis 2010, contribuant notamment à une chute de 30 % de la couverture médiatique des conseils municipaux.

Les syndiqués de La Presse seront parmi les premiers intervenants du monde des médias à prendre la parole. L'avenir du quotidien montréalais est incertain, une situation mise en relief depuis que les journaux du Groupes Capitales Médias, issus eux aussi de l'ex-empire Gesca, se sont placés à l'abri de leurs créanciers et survivent grâce à l'aide gouvernementale.

Mais outre les mesures d’aide financières, Patrick White croit que les médias doivent aussi changer leurs pratiques, que ce soit par exemple en monnayant leur contenu, en pratiquant le sociofinancement, ou en s’orientant vers des pratiques innovantes faisant notamment appel notamment aux balados, au journalisme de données ou à l’intelligence artificielle.

L'élue de Québec solidaire, Catherine Dorion. croit elle aussi que le nœud du problème se situe au niveau des géants de la Silicon Valley qui profitent de l'économie québécoise sans redonner à l'économie québécoise.

Elle souligne que le Québec devrait demander plus en matière de souveraineté culturelle et qu'il devrait s'inspirer de la France ou de la Nouvelle-Zélande, qui ont déjà agi pour taxer les revenus réalisés par ces géants, au lieu d'attendre après Ottawa qui en ce moment a les bras croisés. La solution pourrait, selon elle, aussi passer par la taxation des cablodistributeurs.

Autres idées soulevées :

  • Rétablir la publication d’avis publics dans les journaux (et pas uniquement sur Internet)
  • Taxe de 1 % sur les produits électroniques avec écran pour créer un fonds de soutien au journalisme
  • Supprimer ou alléger la taxe sur le recyclage imposée aux quotidiens
  • Instaurer un crédit d’impôt pour les lecteurs qui souscrivent à un abonnement

Les audiences de la commission se déroulent jusqu’à vendredi.

Les élus membres de la Commission de la culture et de l’éducation souhaitent dresser un portrait complet de la situation des médias et identifier des pistes de solutions en termes de financement des médias, de valorisation de l’information régionale et d’émergence de modèles numériques viables.

Cet éclairage viendra bonifier nos propres travaux déjà amorcés dans le but de mettre en place des solutions structurantes pour l’avenir de l’information au Québec. Nous avons la responsabilité d’agir et nous agirons

Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications

Ce qui est particulier au Québec, par rapport au fédéral, c’est que ce n’est pas une question partisane. On est plutôt dans le comment, le combien et sur quelle durée, se félicite Colette Brun, professeure titulaire au Département d’information et de communication de l’Université Laval, en entrevue à à l’émission RDI Matin.

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