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Les Manitobains en voie d’élire le premier député noir de leur histoire

Deux femmes font du porte-à-porte.

La candidate néo-démocrate de la circonscription de Union Station, Uzoma Asagwara (à droite).

Photo : Radio-Canada / Ian Froese

Radio-Canada

Près de 150 après sa création, le Manitoba pourrait bientôt voir l’un des candidats noirs des différents partis obtenir un siège de député à l’Assemblée législative.

Audrey Gordon, une fonctionnaire, se présente pour le Parti progressiste-conservateur (PPC) dans Southdale, alors qu'Uzoma Asagwara, une infirmière psychiatrique, brigue la nouvelle circonscription winnipégoise d'Union Station pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) et que son collègue Jamie Moses espère regagner celle de Saint-Vital.

Du côté libéral, Donovan Martin espère obtenir la faveur des électeurs de Notre-Dame.

Des défricheurs

S’ils espèrent tous pouvoir représenter les électeurs de leurs circonscriptions respectives, les quatre candidats demeurent conscients de la signification qu’aurait leur élection.

Pour Uzoma Asagwara, il est essentiel que l’Assemblée soit représentative des changements démographiques de la province.

« N'ayant, durant ma jeunesse, vu aucun politicien local me ressembler, je trouve ça encore plus important de m’impliquer », dit celle dont les parents ont immigré du Nigeria.

Elle en a même fait un mot-clic pour promouvoir sa candidature lors de l’assemblée d’investiture : #LetsMakeHistoryMB.

Pourtant, la première élection d’un candidat noir « n’est pas une chose qu'elle a] envie de célébrer, mais plutôt de voir comme une étape qu’il faut franchir », confie la candidate néo-démocrate.

Le soutien de la communauté

Selon le libéral Donovan Martin, il y a un soutien bien réel pour les candidats noirs cette année, notamment avec l’aide de l’Association afro-caribéenne du Manitoba, dont les membres travaillent auprès des candidats de tous les partis.

Trois personnes discutent dans la rue.

Le candidat libéral dans Notre-Dame, Donovan Martin (au centre).

Photo : Radio-Canada / Ian Froese

Il explique que de nombreux immigrants des pays des Caraïbes et d’Afrique ont quitté des systèmes politiques corrompus et ne souhaitaient pas s’impliquer dans la politique canadienne. Il se sont retrouvés, soutient-il, laissés pour compte.

« Si votre communauté est très engagée dans la sphère politique et le processus électoral, elle a plus de chances de voir des politiciens à l’écoute de ses besoins », note-t-il.

Le candidat dans Notre-Dame voit tout de même un progrès ces dernières années. Il cite notamment l’élection, en octobre 2018, de Markus Chambers, le premier conseiller municipal noir de Winnipeg.

« Si plus de gens de toutes origines sont élus dans tous les ordres de gouvernement, je crois que les membres des communautés culturelles dont ils sont issus s’impliqueront plus [en politique]. »

Dans le sud-est de Winnipeg, la conservatrice d’origine jamaïcaine Audrey Gordon dit avoir appris tout récemment l’absence totale de députés noirs dans l’histoire de la province.

Une femme marche dans la rue, papiers en main.

La candidate conservatrice dans Southdale, Audrey Gordon.

Photo : Radio-Canada

Quand on lui demande comment elle se sentirait si elle devenait la première, elle préfère se tourner vers ses enfants et leur demander comment ils réagiraient si leur mère faisait quelque chose que personne n’a jamais fait.

« L’important, ce n’est pas tant pour moi que pour la communauté et pour les jeunes qui espèrent se lancer en politique », souligne-t-elle.

En tout, cinq candidats noirs se présentent sous la bannière libérale. Les néo-démocrates en comptent aussi cinq, alors qu’Audrey Gordon est la seule à porter les couleurs conservatrices. Le Parti vert, de son côté, ne tient pas de registre de la diversité de ses candidats.

Avec les informations d'Ian Froese

Manitoba

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