•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Escalade à Hong Kong : la police tire avec une arme à feu, une première

Des manifestants portant des masques et des lampes torches dans les rues de Hong Kong.

Malgré quelques heurts, la grande majorité des manifestants ont défilé dans le calme dimanche.

Photo : Reuters / Willy Kurniawan

Radio-Canada

Un policier de Hong Kong a tiré au moins une fois avec son arme à feu dimanche et la police a utilisé des canons à eau contre des manifestants radicaux, une première dans l'ancienne colonie britannique secouée par des manifestations prodémocratie.

D'après ce que je comprends, un collègue vient juste de tirer avec son arme à feu. Ce que je comprends, c'est que c'est un policier en uniforme qui a effectué ce tir, a déclaré un officier de la police de Hong Kong, Leung Kwok Win, aux journalistes, au moment où de violents heurts avaient éclaté entre des manifestants prodémocratie et la police à Tsuen Wan, à environ 10 kilomètres du centre-ville.

Il n'était pas possible de savoir quelle était la cible du tir, mais c'est la première fois qu'un tir d'arme à feu était effectué depuis le début des manifestations à Hong Kong il y a trois mois.

La veille, la police avait utilisé des gaz lacrymogènes pour la première fois depuis une dizaine de jours pour disperser des manifestants parfois violents.

Certains services de transport avaient été annulés dimanche, mais cela n'a pas dissuadé les manifestants de se rendre dans un stade situé dans le port à conteneurs de Kwai Chung, d'où le cortège s'est élancé vers le quartier voisin de Tsuen Wan.

Un cocktail Molotov a été lancé par les manifestants au sein du cortège.

Des manifestants avec des masques sur le visage et des ponchos pour se protéger de la pluie.

Les manifestants sont sortis dans la rue malgré la pluie.

Photo : Reuters / Willy Kurniawan

Certains manifestants ont descellé des pavés du trottoir et les ont emportés pour les utiliser comme projectiles. D'autres ont aspergé la chaussée de détergent pour la rendre glissante pour la police. Des heurts ont eu lieu à plusieurs endroits.

La police avait prévenu qu'elle allait lancer une « opération de dispersion » et avait demandé aux manifestants de partir.

Certains manifestants radicaux ont enlevé des grilles [...] et mis en place des barricades avec des barrières remplies d'eau, des bâtons de bambou, des cônes de signalisation et d'autres objets, déclare-t-elle dans un communiqué.

De tels actes négligent la sécurité des citoyens et des usagers de la route, ce qui paralyse la circulation dans le secteur.

Samedi, la police a utilisé des gaz lacrymogènes face à des manifestants qui lançaient des cocktails Molotov et des pavés autour de Kwun Tong, dans l'est de la péninsule de Kowloon.

La grande majorité des manifestants ont défilé dans le calme dimanche.

Un manifestant lance un cocktail Molotov

Certains manifestants ont lancé des cocktails Molotov en direction de la police.

Photo : Reuters / Tyrone Siu

Dernière chance

Les manifestants expliquent qu'ils luttent contre l'érosion de l'accord « Un pays, deux systèmes » mis en place au moment du retour de l'ancienne colonie britannique dans le giron de la Chine en juillet 1997. Ce système permettait au territoire semi-autonome de conserver certaines libertés n'ayant pas cours sur le continent.

Nous savons que c'est la dernière chance de défendre "Un pays, deux systèmes", sinon le Parti communiste chinois entrera dans notre ville et contrôlera tout, résume M. Sung, 53 ans, ingénieur informatique, un manifestant représentatif des Hongkongais de la classe moyenne qui descendent dans la rue.

Visage couvert d'un masque noir, il explique qu'il a participé à presque toutes les manifestations et qu'il continuera à le faire.

Si nous gardons le moral, nous pourrons soutenir ce mouvement pour la justice et la démocratie. Il ne mourra pas.

M. Sung, manifestant

La grogne des Hongkongais a commencé il y a trois mois après un projet de loi qui autorisait l'extradition vers le continent. Ce projet est désormais suspendu, mais le mouvement de contestation a pris de l'ampleur pour déboucher sur une revendication de plus grande démocratie.

Deux personnes de dos qui tiennent des parapluies et, au-dessus d'elles, d'épais nuages de gaz lacrymogène.

La police a répliqué en lançant des gaz lacrymogènes et en faisant usage de canons à eau.

Photo : Reuters / Tyrone Siu

Les manifestants constituent un défi de taille pour le pouvoir communiste à Pékin, qui voudrait voir la situation apaisée pour le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire le 1er octobre.

Pékin a clairement fait comprendre qu'une intervention violente était possible. La police paramilitaire a organisé des exercices juste de l'autre côté de la frontière.

La police a annoncé avoir placé 29 personnes en garde à vue après les violences de samedi. Elle a procédé à plus de 700 arrestations depuis le début des manifestations en juin.

Le territoire voisin de Macao, revenu dans le giron chinois en 1999, a élu dimanche à sa tête l'ancien président de son Assemblée législative, Ho Iat Seng. Il était le seul candidat approuvé par Pékin.

Ho Iat Seng, qui a des liens étroits avec la Chine, devrait permettre à Pékin de renforcer son contrôle sur l'ancienne colonie portugaise spécialisée dans les casinos et qui a, comme Hong Kong, le statut de région administrative spéciale.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Crises politiques

International