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Sommet du G7 : Trump surpris par l’arrivée du chef de la diplomatie iranienne

Le président américain Donald Trump assiste à la première séance de travail du Sommet du G7 le 25 août 2019 à Biarritz, en France.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Radio-Canada
Mis à jour le 

Aussitôt arrivé, aussitôt parti. La visite éclair du ministre iranien des Affaires étrangères pour des pourparlers en marge du Sommet du G7 aurait surpris le président américain Donald Trump, selon un responsable de la Maison-Blanche.

Arrivé dimanche à Biarritz, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, s’est entretenu avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, et plus brièvement – pendant une trentaine de minutes – avec le président Emmanuel Macron, dont il avait déjà croisé la route vendredi à Paris.

Interrogé sur la présence de Javad Zarif à Biarritz, le président américain s'était contenté dans l'après-midi d'un pas de commentaires et ne s'est pas exprimé sur ce sujet depuis. Tout a été organisé très rapidement, a rétorqué un responsable de l'Élysée à Reuters.

Javad Zarif était à Paris vendredi pour apporter des propositions iraniennes qu'il faut évidemment affiner, explique-t-on du côté de l'Élysée. Il est important de faire le point avec lui pour continuer de converger, opérationnaliser les conditions auxquelles nous pouvons avoir une désescalade des tensions et une pause qui permet de négocier utilement.

Tout s'est passé dans un court laps de temps disponible. Les autres pays ont été informés dès que possible. Cela s’est effectué en quelques heures.

Un responsable de l'Élysée

Interrogé sur la raison pour laquelle les autres pays du G7 n'ont pas été informés plus tôt de la visite surprise, le responsable de l'Élysée a déclaré : Ils ont été informés le moment venu, ajoutant que la situation diplomatique était très délicate.

Angela Merkel, pourtant l'une des alliées les plus sûres d'Emmanuel Macron lors de ce sommet, a fait savoir qu'elle avait elle-même été prévenue à la dernière minute alors même que l'Élysée dit avoir agi en toute transparence avec ses partenaires.

L’escale surprise de l’envoyé iranien s’est déroulée au moment où la France, pays hôte, redouble d'efforts pour apaiser les tensions entre Téhéran et Washington.

Un avion sur le tarmac.

L'avion qui a transporté le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif, sur le tarmac de l'aéroport de la station balnéaire française de Biarritz.

Photo : Getty Images / GEORGES GOBET

Risque d'escalade

Une situation symptomatique des approches différentes de part et d'autre de l'Atlantique : sous Donald Trump, les États-Unis ont durci leur politique vis-à-vis de Téhéran et se sont retirés de l'accord sur le nucléaire conclu en 2015, tandis que les Français, Britanniques et Allemands cherchent à maintenir le contact avec le régime.

Plus tôt lors du sommet, les dirigeants du G7 ont chargé le président français, Emmanuel Macron, de discuter avec l'Iran et de lui adresser un message pour éviter une escalade dans la région.

L'homme d'État français aurait ainsi présenté à Donald Trump un compromis : permettre à Téhéran, pour une période limitée, d'exporter une partie de son pétrole en échange d'un retour à son engagement de ne pas enrichir d'uranium pour se doter de l'arme nucléaire.

Signe de la sensibilité du sujet, cette information a donné lieu à un mini-imbroglio, le président Trump niant avoir parlé d'un message de ce type avec son homologue français et précisant que les États-Unis, tout en soutenant la démarche française, allaient lancer leur propre initiative sur l'Iran.

Économie et guerre commerciale au menu

Dans la matinée, le président américain a jeté un froid sur le commerce, excluant toute désescalade dans sa guerre commerciale avec la Chine malgré les appels pressants des autres membres du G7.

Il « regrette [juste] de ne pas avoir encore plus relevé les droits de douane », a ironisé sa porte-parole, Stephanie Grisham, alors que le président avait semblé regretter, dans ses premières déclarations, d'être allé aussi loin.

Sept personnes assises autour d'une table ronde.

Les leaders du G7 étaient conviés à une session de travail dimanche après-midi à Biarritz.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Sur un autre sujet qui divise, le Brexit, Donald Trump a épaulé ostensiblement le nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson, dans le bras de fer qui l'oppose aux Européens sur le Brexit.

Sur l'urgence du moment, les feux de forêt qui ravagent l'Amazonie, les pays du G7 sont d'accord pour « aider le plus vite possible les pays qui sont frappés », a déclaré dimanche Emmanuel Macron.

Nous sommes en train de travailler à un mécanisme de mobilisation internationale pour pouvoir aider de manière plus efficace ces pays, a précisé le chef de l'État.

Les sept dirigeants se sont aussi entendus pour « renforcer le dialogue et la coordination » sur les crises actuelles avec la Russie, tout en estimant qu'il était « trop tôt » pour la réintégrer dans un G8, selon une source diplomatique.

La Russie a été exclue du G8 en 2014 après l'invasion de la Crimée. Mais Donald Trump est plutôt favorable à son retour, à contre-courant de ses pairs.

MM. Macron, Trump et Johnson ont aussi débattu dimanche avec Angela Merkel, Shinzo Abe, Giuseppe Conte et Justin Trudeau de l'état de l'économie mondiale, qui montre des signes inquiétants d'essoufflement en Allemagne, en Chine et aux États-Unis, et des moyens de la relancer.

Première rencontre entre Trump et Johnson

La rencontre bilatérale entre Donald Trump et Boris Johnson a lancé la deuxième journée du Sommet du G7 à Biarritz, en France. Le président des États-Unis, qui rencontrait pour la première fois le premier ministre britannique, a affirmé qu’il est « l’homme qu’il faut » pour mener le Brexit à terme.

Je le dis depuis longtemps, même si cela n’a pas fait plaisir à sa prédécesseure [Theresa May], a indiqué Donald Trump.

S'adressant aux journalistes avec Boris Johnson avant une rencontre bilatérale axée sur le commerce, le président américain a déclaré que l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'Union européenne (UE) avait été un frein sur le plan commercial.

Nous allons faire un très gros accord commercial, le plus important que nous n'ayons jamais eu avec le Royaume-Uni.

Donald Trump, président des États-Unis

À un moment donné, ils n'auront plus l'obstacle, ils n'auront pas le boulet autour de la cheville, parce que c'est ce qu'ils avaient. Donc, nous allons avoir de très bonnes discussions commerciales et de gros chiffres, ajoute le chef de la Maison-Blanche.

Des gens sont réunis et discutent autour d'une table.

Le président des États-Unis, Donald Trump, et le premier ministre britannique, Boris Johnson, ont tenu une rencontre bilatérale lors de la deuxième journée du Sommet du G7 à Biarritz, le 25 août 2019.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Avec une accolade chaleureuse à son homologue américain, Boris Johnson a aussi affirmé que les deux pays allaient conclure un « fantastique accord commercial une fois les obstacles écartés ».

À moins de trois mois de l'échéance du 31 octobre, il est impossible de savoir si la Grande-Bretagne quittera l'UE avec ou sans un accord, ni même si elle la quittera.

La préférence de Londres va à un accord de libre-échange global avec les États-Unis après le Brexit, ont indiqué des responsables du gouvernement britannique, tandis que certains responsables américains, dont le conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, ont parlé d'une approche secteur par secteur.

Juste avant son petit-déjeuner avec Boris Johnson, Donald Trump a défendu sa politique économique et commerciale et s'est félicité de la bonne ambiance du sommet de Biarritz.

Avant mon arrivée en France, les médias mensongers [Fake News] disaient que les relations avec les six autres pays du G7 étaient très tendues et que le sommet serait un désastre, mais nous avons de très bonnes réunions, les leaders s'entendent bien et notre pays va très bien, a-t-il affirmé.

Pendant ce temps, conduites par Brigitte Macron, les premières dames, dont Melania Trump, partent à la découverte du Pays basque, notamment du village d'Espelette, réputé pour son piment.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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