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Nouveaux délais pour le redémarrage de l’usine de panneaux de Chambord

Même si des employés préparent actuellement la relance de l'usine, Norbord n'envisage plus une réouverture en 2020.

L'usine de panneaux de Chambord

L'usine de panneaux de Chambord

Photo : Radio-Canada

Denis Lapierre

Il y a de l’activité à l’ancienne usine de panneaux de Chambord, où la production est arrêtée depuis plus de 10 ans. Une trentaine de travailleurs préparent l’équipement qui doit permettre de relancer la production de panneaux à lamelle orientée, utilisés en construction.

Au cours de l’hiver ou au printemps, l’usine devrait être prête à redémarrer, estime Evans Simard, président du syndicat, qui est aussi un des employés affectés à la préparation des installations. Des travailleurs s’affairent ces jours-ci à installer l’équipement antipollution du séchoir à bois.

Il y a deux ans, Louisiana Pacific cédait l’usine de Chambord à son concurrent Norbord qui, en échange, lui remettait les clés de son usine de panneaux de Val-d’Or, elle aussi fermée quatre ans plus tôt.

Depuis, aucune des deux usines n’a repris la production. En Abitibi-Témiscamingue, Louisiana Pacific a même remercié les employés affectés à l’entretien et à la réfection de l’usine. Le printemps dernier, l’entreprise annonçait qu’elle confiait les éventuelles interventions d’urgence à des sous-traitants.

Ce n’est pas le cas à Chambord où Norbord continue les travaux visant à permettre la relance de la production.

À quand la réouverture ?

Pourtant, les nouvelles concernant une réouverture prochaine de l’usine de panneaux de Chambord n’ont rien de réjouissant.

Cette semaine, la première vice-présidente et chef des finances de Norbord, Robin Lampard, confiait à Radio-Canada que la réalité du marché des matériaux de construction avait été particulièrement décevante au cours des derniers mois.

Le rapport semestriel de la compagnie nous apprend que l’entreprise a même dû procéder à une réduction de production dans ses usines, qui ne fonctionnent plus qu’à 88 % de leur capacité, contre 98 %, l’an dernier.

De plus, la baisse de 4 % des mises en chantier résidentielles aux États-Unis en juillet laisse peu de place à l’optimisme pour une relance d’ici la fin de l’année. On ne parle même plus d’un futur proche, même pas de 2020, affirme Robin Lampard, qui ajoute toutefois que Norbord a toujours la ferme intention de relancer la production à Chambord.

Déception et espoir

Le maire de Chambord, Luc Chiasson, n’a pas caché sa surprise lorsqu’on lui a fait connaître les intentions de Norbord.

C’est la première fois que j’en entends parler, affirme le maire au sujet du possible report de l’ouverture de l’usine au-delà de 2020.

Il confirme toutefois que la direction de Norbord l’avait déjà avisé qu’une relance était peu probable cette année. On nous avait déjà dit qu’une nouvelle analyse serait effectuée au début de 2020, pour tenir compte de la situation de la construction aux États-Unis. Une déception, mais qu’il n’interprète pas comme une remise en cause du projet.

Voyant également les investissements qu’il y avait dans l’usine, ce qu’ils étaient en train de faire actuellement, ça nous laissait croire et ça nous laisse toujours croire que les gens de Norbord sont sérieux à un redémarrage de l’usine

Luc Chiasson, maire de Chambord

Evans Simard refuse aussi de céder au pessimisme. Il sait que la conjoncture est loin d’être favorable, mais il croit que les choses peuvent changer rapidement. Et on est loin de la situation de 2008, alors que la crise mondiale avait été une des raisons pour lesquelles le propriétaire d’alors, Louisiana Pacific, avait décidé de mettre un terme à la production.

Moi, je ne mets pas de date, déclare Evans Simard. Ça peut arriver qu’ils annoncent ça d’ici deux semaines ou d’ici six mois. Ça peut aller plus vite qu’on pense.

Il n’empêche que l’attente est longue et que tout nouveau délai finit par affecter le moral de tout le monde.

C’est long pour nous autres, mais c’est long aussi pour les travailleurs qui attendent de rentrer là. C’est long pour l’industrie, c’est long pour tout le monde.

Evans Simard, président du syndicat

On pensait que ça serait plus vite que ça. On s’attendait normalement au printemps passé d’être redémarrés, conclut Evans Simard

Saguenay–Lac-St-Jean

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