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Sommet du G7 : les Européens interpellent Trump sur le commerce

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'une conférence de presse en marge du sommet du G7 à Biarritz, France, le 24 août 2019.

«Je protégerai le vin français avec une véritable détermination», a répliqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, au président américain Donald Trump.

Photo : Reuters / Christian Hartmann

Agence France-Presse

Les Européens ont interpellé Donald Trump dès son arrivée samedi au Sommet du G7, en France, en l'avertissant que les guerres commerciales ruineraient l'économie mondiale et qu'ils ne le laisseraient pas s'en prendre à la France à cause de la taxation des géants du numérique.

Le président français Emmanuel Macron, hôte du sommet qui s'ouvre dans la soirée à Biarritz, a averti lors d'une brève allocution télévisée que les tensions commerciales sont mauvaises pour tout le monde.

Les guerres commerciales conduiront à la récession, alors que les accords commerciaux boostent l'économie.

Donald Tusk, président du Conseil européen

Le président américain a rejoint son homologue français dès son arrivée pour un déjeuner improvisé en tête-à-tête à l'ombre d'une élégante terrasse, l'occasion peut-être d'aplanir certains contentieux avant l'ouverture formelle du sommet samedi soir.

Le temps est parfait. Nous ferons de grandes choses ce week-end, a promis Donald Trump devant les caméras, alors qu'Emmanuel Macron mettait l'accent sur la gravité des crises du moment.

Le président américain Donald Trump (à gauche) prend le déjeuner avec le président français Emmanuel Macron à l'hôtel du Palais à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, le 24 août 2019, le premier jour du Sommet annuel du G7.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont déjeuné en tête à tête samedi à Biarritz avant l'ouverture d'un G7 qui s'annonce particulièrement tendu.

Photo : Getty Images / NICHOLAS KAMM

Le président américain, qui aime jouer les trouble-fête, avait adopté un tout autre ton avant de partir pour la France, dans une série de messages tonitruants.

Le locataire de la Maison-Blanche a brandi la menace de représailles à l'introduction d'une taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies.

S'ils [les Français] le font, nous imposerons des droits de douane sur leurs vins, a-t-il lancé. Des droits de douane comme ils n'en ont jamais vus, a-t-il martelé.

L'Union européenne a promis dans ce cas de riposter. Si les États-Unis imposent des taxes, alors l'Union européenne répondra sur le même plan, a averti Donald Tusk.

Le président américain a aussi une nouvelle fois soufflé sur les braises de la guerre commerciale qui oppose les États-Unis à la Chine et qui plombe l'économie mondiale.

Pékin a annoncé vendredi de nouveaux droits de douane auxquels Donald Trump a riposté en annonçant que la totalité des 550 milliards de dollars de produits chinois importés aux États-Unis serait frappée de taxes encore plus lourdes d'ici à la fin de l'année.

Les feux de forêt en Amazonie

 Feu de forêt en Amazonie

Un incendie dans une zone de la forêt amazonienne près de Humaita, État d'Amazonas au Brésil le 17 août 2019.

Photo : Reuters / Ueslei Marcelino

Le président français a soigné au millimètre la chorégraphie du Sommet, avec en toile de fond le décor des palais de Biarritz, prestigieuse station balnéaire et ancien rendez-vous des têtes couronnées, et de l'Atlantique.

Autour de spécialités du Pays basque, les sept dirigeants se pencheront notamment samedi soir sur un sujet qui s'est imposé à la dernière minute, la multiplication des feux de forêt en Amazonie, l'un des poumons verts de la Terre.

Nous devons répondre à l'appel de l'océan et à l'appel de la forêt qui brûle aujourd'hui en Amazonie de manière là aussi très concrète, a lancé Emmanuel Macron qui a aussi placé le climat au cœur des enjeux du sommet.

Les discussions pourraient être houleuses étant donné qu'il a accusé le président brésilien Jair Bolsonaro, dont les positions climatosceptiques sont proches de celle de Donald Trump, d'avoir menti sur ses engagements sur le climat et d'inaction face à ces incendies qui dévastent depuis des jours le poumon vert du monde.

Berlin a par ailleurs exprimé ses réticences à l'annonce que Paris bloquerait le projet d'accord commercial entre UE et Mercosur, un sujet qui sera abordé lors du tête-à-tête entre Angela Merkel et Emmanuel Macron dans l'après-midi.

Mais le président du Conseil européen, Donald Tusk, présent à Biarritz, a reconnu qu'il serait difficile d'imaginer que l'UE puisse ratifier un tel accord tant que le Brésil permettra la destruction de l'Amazonie.

Le nucléaire iranien et le Brexit au menu

Sur le nucléaire iranien, Emmanuel Macron entend aussi mettre sur la table une autre pomme de discorde avec Donald Trump, l'accord sur le nucléaire iranien, que les Européens tentent de sauver alors que les États-Unis s'en sont retirés.

Il informera ses homologues de la teneur de son entretien avec le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, qui a jugé, dans une entrevue à l'AFP, encourageantes les propositions de Paris pour débloquer la crise.

Boris Johnson et Emmanuel Macron se tiennent côte à côte.

Le président français a accueilli à Biarritz le premier ministre britannique Boris Johnson qui participe à son premier Sommet du G7.

Photo : Reuters

Autre rendez-vous très attendu, le tête-à-tête prévu dimanche matin entre Donald Trump et le nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson, dont le président américain loue les qualités et les positions, notamment sur le Brexit.

Tout juste arrivé en France, Boris Johnson a réitéré sa position : l'UE doit laisser tomber le dispositif pour la frontière irlandaise (backstop), si elle veut éviter une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'UE.

Emmanuel Macron essaiera aussi de faire avancer des dossiers de fond dont il a fait une priorité comme la lutte contre les inégalités et l'éducation en Afrique.

Dans l'espoir de déboucher sur des initiatives concrètes, partagées avec les autres dirigeants invités, comme l'Indien Narendra Modi ou six chefs d'État africains.

Les anti-G7 veulent se faire entendre

Pendant ce temps, l'opposition au G7 continue à se mobiliser dans les villes avoisinantes, Biarritz étant devenu un camp retranché, inaccessible aux plagistes et aux manifestants.

Plusieurs milliers d'anti – anticapitalistes et altermondialistes – ont pacifiquement défilé dans la matinée d'Hendaye à la ville frontière espagnole d'Irún, démentant les craintes des autorités qui redoutent des débordements après la mobilisation sociale des gilets jaunes de cet hiver.

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