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Québec refuse de dévoiler ses intentions sur l’avenir des commissions scolaires

Jean-François Roberge.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, doit déposer à court terme son projet de loi visant à abolir les élections scolaires.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

La Presse canadienne

Le ministère de l'Éducation refuse de rendre public tout document lié à son projet de transformer à court terme les commissions scolaires en centres de services.

La Presse canadienne s'est heurtée à un mur en tentant d'en savoir davantage sur le projet gouvernemental, à l'aide d'une demande d'accès à l'information.

Pourtant, les documents requis existent bel et bien, a confirmé la responsable de l'accès à l'information dans sa décision rendue récemment, mais le ministère refuse de les transmettre.

Cette situation inquiète au plus haut point les dirigeants des commissions scolaires, qui sont dans le noir et craignent de voir le gouvernement Legault s'apprêter à centraliser les pouvoirs à Québec, au mépris de la démocratie scolaire.

Conformément à la promesse électorale de la CAQ, le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, doit déposer à court terme, possiblement dès septembre, son projet de loi visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de services.

Baroud d'honneur, la Fédération des commissions scolaires (FCSQ), se faisant le défenseur de la démocratie scolaire, rendait publique vendredi une campagne publicitaire visant à alerter la population sur les dangers du projet gouvernemental.

Le gouvernement Legault a entrepris « un débat stérile de structures » dans le réseau scolaire, a déploré le président de l'organisme, Alain Fortier, en conférence de presse, vendredi.

Intentions nébuleuses

Le ministre Roberge aime affirmer qu'il n'a rien à cacher, mais demeure toujours vague sur la nature exacte de ses intentions et sur l'incidence réelle de sa future loi sur la gestion du réseau.

Il souffle le chaud et le froid : ainsi, il réclame une transformation de structure, mais se montre rassurant en affirmant que plusieurs services rendus présentement par les commissions scolaires continueront à être offerts par les centres de services, notamment le transport scolaire, les embauches et les projets de rénovation d'écoles.

En principe, le but poursuivi par le gouvernement consiste à donner plus de pouvoirs et d'autonomie aux directions d'écoles.

Pour l'essentiel, la demande d'accès à l'information visait précisément à connaître l'étendue et la limite des nouvelles responsabilités dévolues aux futurs centres de services et aux écoles.

On cherchait aussi à savoir si le ministère avait évalué le coût de toute cette opération.

Vers une centralisation des pouvoirs?

À la FCSQ, on croit que le gouvernement, tout en affirmant vouloir donner plus de pouvoirs aux écoles, cherche en fait à s'en donner davantage, par exemple en nommant les personnes appelées à diriger les nouvelles structures.

C'est évident pour nous : on est dans une démonstration d'un exercice de centralisation des pouvoirs en matière d'éducation, selon M. Fortier.

Il dit craindre que, dorénavant, les dirigeants du réseau soient redevables au premier ministre, au lieu de rendre des comptes à la population.

D'où l'importance, selon lui, de maintenir les élections scolaires et les commissions scolaires telles qu'on les connaît.

Sinon, on assistera à une perte de droits démocratiques : ça, pour nous, c'est fondamental, a-t-il dit.

La campagne publicitaire en cours visera précisément à expliquer à la population « ce qu'on est en train de lui enlever », soit « un pouvoir citoyen ».

N'empêche, les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens. Le taux de participation n'atteint même pas 5 %.

Le Québec compte 72 commissions scolaires.

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