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Achat de Transat : encore beaucoup de travail à faire par Air Canada

Les actionnaires devraient se prononcer aujourd'hui sur la transaction entre Air Canada et Transat A.T.

Les actionnaires de Transat ont voté pour la vente de l’entreprise à Air Canada.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Jean-Philippe Guilbault

Si les actionnaires de Transat A.T. ont voté par une forte majorité pour la vente de l’entreprise à Air Canada, cette dernière peut encore s’attendre à quelques turbulences, l’acquisition devant notamment obtenir le feu vert du Bureau de la concurrence du Canada.

Réunis vendredi matin, les actionnaires de Transat A.T. ont voté à 94,7 % en faveur de la vente de l’entreprise au géant canadien de l’aviation Air Canada. Une transaction qui a fait couler beaucoup d’encre, notamment avec la tentative de blocage du Groupe Mach et la sortie publique de Pierre Karl Péladeau.

Or, l’approbation des actionnaires ne signifie pas qu’Air Canada peut maintenant crier victoire, souligne Louis Hébert, professeur titulaire au Département de management de HEC Montréal.

Compte tenu de toute la publicité, de l’effervescence médiatique, il y a d’autres choses qui peuvent arriver, note le professeur qui souligne entre autres le rôle que doit jouer le Bureau de la concurrence du Canada.

Il pourrait exiger une restructuration de la transaction ou on pourrait demander à Air Canada de laisser tomber certaines routes, ajoute M. Hébert.

Le scénario d’un refus en bloc de la transaction par le Bureau serait étonnant, concède cependant l’expert, qui espère que les avocats, tant d’Air Canada que de Transat A.T., ont fait les études nécessaires pour défendre leur dossier.

Intégration d'Air Transat à prévoir

En ce qui concerne la protection des emplois, la présidente de la composante d’Air Transat du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Julie Roberts, a répété qu’elle veillera à ce que les intérêts de ses membres soient bien respectés.

Air Canada et Air Transat ont fait des sorties sur le fait qu’ils allaient nous garder séparément et on va s’assurer que les emplois demeurent où ils sont présentement, a indiqué Mme Roberts. Le SCFP représente 9000 agents de bord chez Air Canada et 2000 chez Air Transat.

C’est certain qu’il y aura une intégration, estime pour sa part Louis Hébert. Il y a certaines garanties qu'Air Canada a faites envers Air Transat. Ce qu’on sait cependant, c’est que, dans tous les cas, ces promesses-là ont souvent des dates de péremption.

Et si le professeur note que les plans d’Air Canada pour l’avenir d’Air Transat ne sont pas connus du grand public, on peut se douter que l’entreprise québécoise ne demeura pas telle quelle.

Les résultats financiers d’Air Transat des derniers mois ne sont pas spectaculaires, précise M. Hébert.

Si tu dépenses trois quarts de milliards de dollars pour acheter une entreprise comme ça, tu vas vouloir rentabiliser ton investissement et tu vas sans doute procéder à des rationalisations et à des intégrations pour améliorer la rentabilité de l’entreprise.

Louis Hébert, professeur titulaire au Département de management de HEC Montréal

C’est sans compter qu’Air Canada a beaucoup de pain sur la planche pour les prochains mois avec sa récente acquisition d’Aéroplan en novembre dernier et la gestion du dossier des avions Boeing 737 MAX.

Pour Air Canada, disons que l'assiette est pas mal pleine, résume M. Hébert. Ils ont sans doute trois bons défis à la fois stratégiques et opérationnels avec lesquels composer.

Dans tous les cas, les actionnaires de Transat A.T. n’avaient pas d’autres options de vente au moment du vote, puisque l’offre d’Air Canada était la seule offre formelle, valide, légale et officielle qui a été faite.

Il y a eu des rumeurs, il y a eu des promesses, mais si on parle d’offre formelle et valide, c’était la seule, rappelle Louis Hébert. Il faut dire qu’on ne peut pas s’improviser gestionnaire d’un transporteur aérien du jour au lendemain. Il était certain qu’il fallait un acquéreur stratégique.

Il y a eu amplement le temps pour que quelqu’un d’autre [dépose une offre formelle], estime-t-il.

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