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Ma vie avec John F. Donovan : on y va parce qu’on aime Dolan

Deux femmes et un homme sont assis sur un sofa dans une pièce couverte de tapisserie fleurie.

« Ma vie avec John F. Donovan », le nouveau film de Xavier Dolan, prend l'affiche au Québec le vendredi 23 août.

Photo : Avec la gracieuseté des Films Séville / Shayne Laverdière

Mélanye Boissonnault

Ma vie avec John F. Donovan, le premier film de Xavier Dolan en anglais, a pour point de départ la relation épistolaire entre un jeune garçon et un acteur célèbre. Après être passé sous le bistouri de la critique, il prend aujourd'hui l'affiche au Québec, dont à Gatineau : le public a maintenant l'occasion de s'en faire sa propre opinion.

Le film comporte trois histoires. D’abord, celle de Rupert Turner qui, à l’occasion de la publication de sa correspondance avec un acteur de télévision célèbre, s’entretient avec une journaliste. Puis vient la vie de cette star, qui croule sous la pression et le poids d’un secret. Et finalement, la vie du jeune Rupert, fan fini de John F. Donovan et fils d’une actrice ratée, qui passe des auditions en espérant un jour tourner avec le célèbre acteur.

Présenté au Festival international du film de Toronto (TIFF) l’an dernier, ce septième film de Xavier Dolan a fait couler beaucoup d'encre : 

- Un budget de 35 millions de dollars

- Une impressionnante distribution avec Kathy Bates, Susan Sarandon, Natalie Portman et Kit Harington

- Des scènes tournées avec Jessica Chastain, toutes coupées au montage

- Un accueil mitigé en France et un encore moins bon accueil dans le monde anglophone

Un an plus tard - et maintenant que les attentes sont réduites au minimum - qu’en est-il?

D’abord, le film n’est pas du tout un navet. Il y a quelques jolis plans et une utilisation de la musique intéressante par moments, mais on est loin des fulgurances auxquelles Dolan nous avait habitués.

Ceux qui sont familiers avec l’oeuvre de Dolan ne seront pas perdus : le réalisateur québécois y ressasse ces thèmes chers, notamment la relation entre une mère et son fils. Par contre, ils pourraient être déçus du fait que Natalie Portman, la mère du jeune Rupert, et Susan Sarandon, mère de John F. Donovan, n’atteignent jamais l’intensité d’Anne Dorval dans J’ai tué ma mère ou dans Mommy.

De la même manière, Xavier Dolan nous refait un souper de famille qui dérape, mais sans parvenir au sommet atteint dans Juste la fin du monde.

Il reprend aussi le thème de l’homosexualité, dont le traitement aura des airs de déjà vu pour ceux qui ont fréquenté l’oeuvre du réalisateur.

Bref, si Ma vie avec John F. Donovan peut ressembler à un condensé de ce que Xavier Dolan nous a offert jusqu’à maintenant, le résultat est un peu fade pour un créateur haut en couleur.

Ottawa-Gatineau

Cinéma