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Faux agents du fisc canadien : fraudes en baisse et complices à traquer

L'inspecteur, Jim Ogden.

L'inspecteur de la GRC Jim Ogden, un des membres de l'équipe Projet Octavia qui vise à démanteler un réseau de fraudeurs.

Photo : CBC News / David Common

Radio-Canada

Les montants des fraudes causées par de faux employés de l'Agence du revenu du Canada (ARC) sont à la baisse, mais les policiers canadiens maintiennent la pression. Après 45 arrestations de présumés malfaiteurs en Inde, des interpellations pourraient suivre au Canada.

En 2018, l’enquête de l’émission Market Place (CBC) dans des centres d’appels clandestins avait eu des échos jusqu’au Parlement d’Ottawa, poussant la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à déléguer une douzaine d’enquêteurs regroupés sous le nom de Projet Octavia.

Un an plus tard, l’inspecteur de la GRC Jim Ogden, qui participe à l'enquête, est optimiste. Je pense que nous faisons des progrès, a-t-il confié lors d’une entrevue pour faire le point.

C'est quelque chose que chaque enquêteur du projet Octavia a pris personnellement. Donc, nous faisons tout ce que nous pouvons pour que cela cesse.

Jim Ogden, inspecteur à la GRC

Après les 45 arrestations effectuées en Inde, des interpellations de complices pourraient suivre au Canada. Selon la GRC, il s’agirait possiblement de mules chargées de rapatrier en Inde l’argent obtenu de certaines victimes.

Les fraudeurs, qui se faisaient passer pour des employés de l'ARC, contactaient leurs victimes au moyen d'appels robotisés pour les avertir qu'ils devaient des montants importants au fisc canadien.

Bien rodés

Les victimes étaient invitées à rappeler le plus tôt possible à un numéro donné, faute de quoi elles risquaient d’être arrêtées et emprisonnées. La technologie utilisée par les fraudeurs leur permettait d'imiter des numéros de téléphone se trouvant au Canada et parfois même ceux d’un vrai centre de service de l'ARC.

Lorsque les victimes rappelaient, elles étaient de nouveau menacées de sanctions judiciaires, mais se voyaient ensuite offrir une chance unique de régler l'affaire en payant immédiatement le solde pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Les escrocs ont même eu recours à des logiciels de capture de lignes téléphoniques qui laissent faussement croire à la victime qu’elle a raccroché. Lorsque cette dernière tente, par exemple, d’appeler sa banque ou son comptable pour vérifier les faits, elle se trouve alors à parler à un complice qui a pris le relais.

Des policiers exhibent des objets saisis.

Des policiers indiens exhibent du matériel électronique et des téléphones saisis lors d'opérations menées contre des centres d'appels clandestins.

Photo : Radio-Canada

Des effets?

Même si les policiers de la GRC se doutent que l’organisation a déjà commencé à se restructurer ailleurs et sous d’autres formes, les actions conjointes menées avec leurs confrères indiens semblent avoir porté leurs fruits.

Ainsi, en 2018, le Centre antifraude avait rapporté que les victimes de l'escroquerie à l’ARC avaient perdu 6,4 millions de dollars. Jusqu’ici, en 2019, les montants perdus sont de 1,5 million de dollars.

L’Agence de revenu du Canada rappelle qu’elle ne fait aucune demande de paiement par téléphone sans avoir auparavant envoyé un avis par courrier. La GRC recommande de raccrocher en cas d’appel téléphonique demandant un paiement immédiat ou proférant des menaces.

D'après des informations de David Common et Nelisha Vellani, de CBC News

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