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Les actionnaires de Transat A.T. approuvent l'offre d'achat d'Air Canada

Le reportage de Jérôme Labbé

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Radio-Canada

Les actionnaires de Transat A.T. ont voté à 94,77 % en faveur de l'offre d'achat d'Air Canada, soit plus que les deux tiers nécessaires pour que l'offre de 720 millions de dollars soit approuvée.

L’idéal, ça aurait été que l’entreprise continue seule, mais on n’avait pas le choix, a déclaré en conférence de presse Jean-Marc Eustache, président et chef de la direction de Transat, en évoquant une décision dictée par le marché international.

Transat est dans le domaine du loisir. S’il arrive une récession demain, on fait quoi? a-t-il demandé.

M. Eustache a rappelé que l’entreprise n’avait pas sollicité d’offre et que la relève à l'interne était prête pour reprendre les rênes de l’entreprise cet automne.

S’il a jugé que l’offre d’Air Canada était bonne pour les actionnaires, il s'est inscrit en faux contre l'idée que les consommateurs seraient les grands perdants de la transaction.

Sur le marché des vols vers le Sud, Sunwing et WestJet sont de gros compétiteurs et il arrive de nouveaux joueurs chaque année, a-t-il souligné, en évoquant l’arrivée des compagnies telles que Norwegian Air sur les vols entre la Martinique et le Québec, ou celle de Level entre Montréal et Paris.

Depuis plus de 20 ans, en dollars constants, le prix d’un siège sur un vol transatlantique n’a pas augmenté.

Jean-Marc Eustache, PDG de Transat A.T.

Air Canada n'a pas tardé à réagir. Nous sommes ravis de l'issue de l'assemblée extraordinaire de Transat et remercions ses actionnaires pour ce considérable témoignage de soutien, a déclaré dans un communiqué de presse, Calin Rovinescu, président et chef de la direction d'Air Canada.

Nous anticipons avec intérêt un dialogue avec Transports Canada et le Bureau de la concurrence pour obtenir les autorisations nécessaires à la finalisation de la transaction, a-t-il ajouté.

Si ces approbations sont obtenues et que les conditions sont respectées, la transaction devrait être conclue début 2020.

Calin Rovinescu, président et chef de la direction d'Air Canada

Les actionnaires satisfaits

Le résultat faisait peu de doutes. Transat avait annoncé plus tôt, lors de l'assemblée, que 70 % des droits de vote avaient déjà été exprimés par procuration et que ces derniers étaient en faveur de la transaction dans une proportion d'environ 95 %. Le quart des actionnaires restants avaient choisi de ne pas s’exprimer, ce qui ne laissait aucune latitude aux 5 derniers % pour faire pencher la balance dans l'autre sens.

Air Canada, qui proposait à l’origine de racheter chaque action à 13 $, a bonifié son offre à 18 $ pour un montant total évalué à 730 millions.

Pour la plupart des actionnaires, la proposition de 18 $ va leur permettre de doubler au moins leur investissement. D'un point de vue financier, c'est une bonne transaction, a commenté Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques.

Les deux entreprises ont assuré que le regroupement des activités d’Air Canada et de Transat A.T. profiterait aux voyageurs, notamment en leur proposant plus de vols et plus de destinations.

Selon M. Nadeau, le consommateur pourrait à court terme payer plus cher : Ne vous attendez pas à une bataille de prix ou à une réduction des coûts. Il faudra voir si le Bureau de la concurrence ou les autorités réglementaires ne vont pas amener d'autres joueurs étrangers pour permettre des vols à bas coût.

Le marché anticipe un manque de pilotes, de mécaniciens et d'agents de bord. Alors, la combinaison de Transat et Air Canada assure à Air Canada un bassin de personnel qui sera très difficile à trouver dans le futur.

Jean-Yves Leblanc, administrateur en chef de Transat A.T.

Air Canada s’est engagée à conserver la marque de Transat ainsi que le siège social à Montréal. Air Canada représente cette assurance, cette pérennité, c'est certain. Mais à condition que la compagnie respecte ses engagements : garder la marque d'Air Transat et garder le siège social [à Montréal], a précisé à ICI RDI Mehran Ebrahimi, directeur de l’Observatoire international de l'aéronautique et de l'aviation civile, de l’UQAM.

Par voie de communiqué, le Fonds de solidarité FTQ, qui détient 11,6 % des actions, a estimé que la transaction était `imparfaite', mais a néanmoins décidé de voter en faveur.

À Air Canada maintenant de respecter ses engagements

Julie Robert, présidente de la section Air Transat au Syndicat canadien de la fonction publique, juge qu’il s’agit d' une bonne nouvelle pour les agents de bord qu’elle représente, mais qu’il faudra s’assurer qu’Air Canada respecte ses engagements.

Pour Dominik Pigeon, président de FNC Capital, qui avait démontré de l’intérêt pour Transat A.T. à 18 $ par action, il s’agit d’une offre décente. Il aurait toutefois aimé voir d’autres joueurs déposer une offre.

Sur Twitter, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon a pris acte du vote et souligné que l’offre d’Air Canada est une solution québécoise avec son siège social à Montréal. Il a précisé que c’était désormais aux organismes réglementaires de se prononcer.

Pour l'homme d'affaires et PDG de Québecor Pierre Karl Péladeau, qui dit détenir 1,6 % des actions en circulation de la société mère d'Air Transat, l'acquisition de celle-ci par Air Canada pourrait se traduire par des pertes d’emploi, une réduction de la concurrence et le déménagement, à long terme, du siège social.

M. Péladeau avait dit plus tôt espérer que la transaction échouerait et qu'il pourrait présenter sa propre offre d’achat. Transat a signalé n'en avoir reçu aucune, ni de lui ni de ses partenaires d'affaires.

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