•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hong Kong se prépare à de nouvelles manifestations

Des hommes avec des casques de construction tiennent de petits pointeurs laser.

Les manifestants ont utilisé des pointeurs lasers pendant leur manifestation du 17 août.

Photo : Associated Press / Kin Cheung

Reuters

Hong Kong se prépare à de nouvelles manifestations vendredi et tout au long du week-end, notamment à l'aéroport international déjà pris pour cible la semaine dernière.

Après des mois de mobilisation et de crispation entre manifestants et forces de l'ordre, le mouvement de contestation antigouvernementale ne montre aucun signe d'essoufflement dans le territoire semi-autonome

Par ailleurs, de nouvelles tensions se font jour sur le plan diplomatique entre la Chine et certaines puissances occidentales.

Le consulat du Canada à Hong Kong a ainsi suspendu vendredi les déplacements de son personnel local en direction de la Chine continentale, une annonce qui intervient après qu'un employé chinois du consulat britannique a été arrêté à Shenzhen, de l'autre côté de la frontière.

Pékin a accusé la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale, et d'autres nations étrangères d'ingérence dans ses affaires à Hong Kong.

Plusieurs rassemblements étaient prévus vendredi, dont une chaîne humaine que les contestataires entendent former en se tenant par la main dans différents quartiers de la ville semi-autonome.¸

Les organisateurs disent s'inspirer de qui avait été fait à travers les États baltes en 1989 quand une foule estimée à deux millions de personnes s'étaient ainsi rassemblées sur plusieurs centaines de kilomètres pour réclamer l'indépendance.

Saturer les accès à l’aéroport

Des protestataires ont parallèlement déclaré sur les réseaux sociaux qu'ils comptaient perturber les transports en direction de l'aéroport international durant le week-end. Le mot d'ordre est de s'y rendre par tous les moyens de transports disponibles pour saturer les accès à l'aéroport.

L'aéroport de Hong Kong, l'un des plus fréquentés de la planète, avait été contraint de fermer temporairement en début de semaine dernière et d'annuler un millier de vols.

Des incidents parfois violents avaient éclaté entre manifestants et forces de l'ordre à l'intérieur des terminaux.

Dans un encart publicitaire publié vendredi dans les principaux journaux de Hong Kong, la direction de l'aéroport appelle les jeunes à aimer Hong Kong et dit son opposition aux agissements ayant bloqué et interféré dans les opérations de l'aéroport.

La Haute cour de justice a prolongé vendredi une mesure limitant l'accès des manifestants à certaines zones de l'aéroport, disant vouloir ainsi bannir "ceux qui veulent délibérément faire obstruction" à ses activités normales.

Le mouvement de protestation, né en avril du rejet d'un projet de loi qui aurait permis l'extradition de suspects vers la Chine continentale, s'est élargi depuis le mois de juin à des revendications plus larges, dont la démission de la cheffe du gouvernement local Carrie Lam et la protection des libertés et de l'autonomie dont jouit l'ancienne colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Nombre de Hongkongais estiment que ce régime particulier, résumé par la formule un pays, deux systèmes, est aujourd'hui menacé par l'emprise croissante qu'exerce le gouvernement central chinois.

Youtube désactive 210 chaînes

En amont des manifestations prévues vendredi, les contestataires ont rappelé au gouvernement leurs cinq revendications : retrait définitif du projet de loi sur l'extradition, ouverture d'une enquête indépendante sur les violences policières présumées lors des manifestations, rejet du terme émeute pour qualifier les rassemblements, abandon des charges contre les contestataires arrêtés et reprise de la réforme politique.

La contestation, qui pèse aussi sur l'activité économique du territoire, constitue un défi sans précédent pour le président chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir, en 2012.

Le pouvoir central à Pékin, où le terme de « quasi-terrorisme » a été employé pour qualifier les manifestations hongkongaises, a prévenu qu'il pourrait intervenir pour mettre fin au mouvement.

La lutte se mène aussi sur internet. Google a annoncé jeudi que sa plateforme Youtube avait désactivé 210 chaînes soupçonnées de mener une opération coordonnée de propagande autour du mouvement de contestation.

La firme n'a pas précisé l'origine des chaînes incriminées mais a déclaré que la découverte effectuée par l'entreprise était similaire aux récentes observations et actions en lien avec la Chine annoncées par Facebook et Twitter.

Les deux plateformes ont annoncé lundi avoir mis fin à une campagne menée sur leurs réseaux sociaux avec l'appui des autorités chinoises pour discréditer les manifestants hongkongais.

Twitter, Facebook et Youtube sont interdits en Chine continentale mais sont utilisables à Hong Kong.

Asie

International