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Un incident au Festival Fringe soulève des questions sur le consentement

Une foule, parmi laquelle se trouvent des gens costumés, marche dans la rue à Edmonton.

Le Fringe d'Edmonton admet que sa politique sur le consentement et la sécurité a été enfreinte.

Photo : Marc J Chalifoux

Radio-Canada

Un spectateur n’a pas du tout aimé son expérience à un spectacle de variétés du Festival Fringe d'Edmonton. Un artiste qui l’avait invité sur scène pour un numéro de surjeu a commencé à lui enlever sa chemise sans son consentement devant la foule.

L’incident s’est produit mercredi soir lors du spectacle Late-Night Cabaret qui se décrit comme un mélange de musique et d’humour.

L’artiste Michael Delamont, qui jouait le rôle de « Scottish Drag Queen » lors de cette représentation musicale, a commencé à déboutonner la chemise et à dénuder les épaules de son invité sans lui avoir demandé explicitement le droit de le faire.

« Il s’est levé [pour monter sur scène], de façon - je crois - enthousiaste, mais j’ai réalisé que ça ne signifiait pas nécessairement qu’il consentait à ce qui était en train de se passer. C’est là que je me suis aperçu que je ne savais pas s’il s’amusait ou s’il était d’accord », raconte Michael Delamont.

Il dit avoir aussitôt arrêté la musique et raccompagné le spectateur à son siège. Il s’est excusé une première fois sur-le-champ devant la foule et une deuxième fois en coulisses pendant l’entracte.

Le spectateur, qui préfère être identifié seulement par son prénom de Jim, n’a pas accepté ses excuses. La police est intervenue à sa demande, mais a jugé qu’il n’y avait pas d’intention malveillante de la part de l’artiste et donc pas matière à porter des accusations.

Vikki, la femme de Jim, dit que l’incident a profondément troublé son mari.

« C’est la personne la plus décontractée sur Terre et je ne l’ai jamais vu aussi en colère », a-t-elle commenté, jeudi.

De son côté, Michael Delamont affirme comprendre la colère du couple.

« Je n’aurais pas fait ça à une femme. [Jim] me l'a dit en coulisses, assez agressivement, et j'ai réalisé qu'il avait entièrement raison: Pourquoi je le ferais à l’un si je n’osais pas le faire à l’autre? », remarque-t-il.

Michael Delamont parle à la caméra devant un mur de briques.

Michael Delamont reconnait qu'il aurait dû demander la permission du spectateur qu'il a inclu dans son numéro avant de lui enlever son chandail.

Photo :  CBC / Trevor Wilson

Les organisateurs du Festival ont reconnu que Michael Delamont a contrevenu à leur politique sur le consentement et la sécurité. Cette politique, surnommée « safer space », inclut un long paragraphe sur l’importance d’obtenir un « consentement volontaire, actif, continu et éclairé pour l’activité en question ».

Michael Delamont a été retiré des représentations suivantes du Late-Night Cabaret, mais il continuera de jouer dans d’autres spectacles du Fringe dont il fait également partie. Il devra également suivre une formation sur le consentement.

L’artiste a fait savoir qu’il se plierait à cette exigence avec plaisir. Il affirme qu’il regrette profondément ses actions : « Je me sens terriblement mal à propos de ce qui est arrivé [...] J’ai fait carrière en faisant rire les gens et en les rendant heureux. L’idée qu’une de mes pitreries ait blessé quelqu’un à ce point me brise le coeur. »

Le directeur du Fringe, Adam Mitchell, explique que le festival offre cette formation sur le consentement à tous ses employés, bénévoles et même à ses clients, mais que c’est normalement sur une base volontaire.

« Le processus n’est pas terminé. Nous continuerons à progresser avec l’artiste et avec le spectateur », ajoute M. Mitchell.

Avec les informations de Raffy Boujikanian

Alberta

Arts de la scène