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Un autre comité pour réviser les nouveaux programmes scolaires albertains

Adraina LaGrange, la ministre de l'Éducation de l'Alberta.

Adriana LaGrange, la ministre albertaine de l'Éducation, a mis sur pied un comité d'une dizaine de personnes pour réformer les programmes scolaires de la maternelle à la 12e année.

Photo :  CBC / Sam Martin

Radio-Canada

Adriana LaGrange, la ministre albertaine de l’Éducation, a chargé un comité indépendant de l’aider à modifier les nouveaux programmes scolaires proposés par l'ancien gouvernement néo-démocrate.

Le Parti conservateur uni souhaite ainsi revenir aux « compétences essentielles » plutôt que d’axer l’enseignement sur « l’apprentissage par la découverte », a expliqué Adriana LaGrange en conférence de presse jeudi.

Le comité consultatif qu’elle a mandaté aura jusqu’à décembre pour remettre ses premières recommandations. Il sera présidé par Angus McBeath, un ancien directeur de la Commission des écoles publiques d'Edmonton.

« La ministre LaGrange a réuni une équipe remarquable, dit-il. Les membres du comité viennent de tout horizon : des universités aux collèges techniques, des services sociaux, des industries, mais aussi du milieu communautaire. »

Des absents

Cette « équipe remarquable » n’a toutefois pas tardé à se faire critiquer en raison de son manque de représentativité et son expertise en matière d’éducation de la maternelle à la 12e année a été remise en cause par plusieurs voix.

Aucun de ces « experts » n’enseigne dans une école ou en Alberta actuellement a fait remarquer la députée néo-démocrate Janis Irwin.

Janis Irwin, députée de Edmonton-Highlands-Norwood.

Janis Irwin, députée néo-démocrate d'Edmonton, s'est dite déçue par l'annonce de la ministre de l'Éducation.

Photo : Radio-Canada

« Ceux sont eux les experts, ils devraient être au coeur de ce processus », a-t-elle dénoncé avant d’observer que le manque de voix autochtones et francophones était flagrant dans ce nouveau comité.

Marc Arnal, le président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), s’étonne lui aussi de cet oubli.

Ça peut démontrer qu’on ne prend pas au sérieux la communauté francophone et les besoins spéciaux de cette communauté.

Marc Arnal, président de l’ACFA.

Il aurait aimé qu’une équipe « tirée de la communauté scolaire albertaine » développe des programmes propres aux francophones et aux écoles d’immersion en français, plutôt que de « servir à nos jeunes des traductions de curriculum ».

Le gouvernement a répondu à ces critiques en affirmant que l’éducation en français « continuerait d'occuper une place vitale dans la refonte des programmes scolaires », et que les nouveaux programmes devraient aussi être validés par la communauté scolaire francophone.

« Nous serons constamment en contact avec le Syndicat des enseignants de l'Alberta », a aussi assuré Adriana LaGrange.

Autre bémol

La présence de membres spécialistes de l’emploi dans le comité préoccupe également M. Arnal.

« Ça me rend un peu nerveux », avoue celui qui s’interroge sur les compétences qui seront développées dans les nouveaux programmes. « Si on a un curriculum qui met l'accent sur l’employabilité, ça risque de se faire aux dépens d’autres compétences qui sont également nécessaires et utiles comme le sens de l’éthique », illustre-t-il.

Le gouvernement prévoit en outre de consulter la population dès le début de l’année prochaine pour recueillir son avis sur les programmes scolaires.

« Nous avons consulté des centaines de milliers d’Albertains, a déclaré Mme Irwin. Il est décourageant de voir que ce travail est entravé [alors que] les programmes étaient prêts à être testés. »

Ça ressemble à beaucoup de formalités pour rien.

Janis Irwin, députée néodémocrate.

En octobre 2018, l’ancien gouvernement avait présenté la dernière ébauche de ses programmes scolaires après deux ans de consultations. Ils devaient commencer à être testés cet automne, avant que le PCU ne mette le projet en attente au mois d'avril.

Avant la tentative de réforme du NPD, ça faisait 30 ans que les programmes scolaires n'avaient pas été mis à jour. Le PCU s’attend à ce que les changements qu’il souhaite apporter soient prêts pour 2020.

Alberta

Éducation