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  • Envoyé spécial
  • Cinq priorités pour Justin Trudeau au G7

    Justin Trudeau.

    Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

    Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

    Louis Blouin

    Le Sommet du G7 s'ouvre samedi à Biarritz sur fond de multiples tensions internationales. Visions opposées sur l'environnement, conflit avec la Chine, incertitudes économiques liées au Brexit. L'issue du Sommet s'annonce imprévisible. Alors qu'il s'envole aujourd'hui pour la France, que peut espérer accomplir Justin Trudeau dans ce contexte difficile? Cinq priorités pour le premier ministre canadien.

    1. Entretenir l'image d'homme d'État

    À deux mois d'une élection générale, c'est la dernière occasion pour Justin Trudeau de s'afficher avec les leaders de grandes puissances mondiales. L'entourage du premier ministre voudra certainement le dépeindre comme un acteur clé au sein du G7.

    « Il y a beaucoup de turbulences dans le monde en ce moment », faisait remarquer un responsable gouvernemental avant le départ pour la France. « L'objectif du premier ministre, c'est vraiment de s'asseoir avec ses alliés et trouver des terrains d'entente », a-t-il fait valoir, citant l'exemple de l'environnement.

    C'est justement ce rôle de rassembleur que Justin Trudeau tentera de mettre de l'avant, selon Patrick Leblond, professeur agrégé au Département des Affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa.

    « On a ce rôle d'intermédiaire qu'on peut continuer à jouer comme défenseur du multilatéralisme pour rallier ceux qui croient dans les mêmes objectifs que nous. Je pense que c'est l'occasion pour M. Trudeau de faire valoir ce genre de leadership », explique le professeur.

    Rallier les parties pourrait s'avérer difficile. L'hôte français, Emmanuel Macron, a déjà prévenu qu'il n'y aurait pas de communiqué final commun « prénégocié » cette année.

    2. Maintenir l'empreinte canadienne

    Le sommet de Biarritz s'inscrit dans la continuité et reprend certaines priorités mises de l'avant par le Canada l'année dernière, comme l'égalité des sexes.

    En prévision du Sommet du G7, Justin Trudeau disait aussi vouloir trouver des moyens « de bâtir des économies qui profitent à tous, de lutter contre la crise climatique et de défendre l'ordre international fondé sur des règles ».

    En France, il tentera de démontrer aux Canadiens que les priorités de son gouvernement dévoilées l'année dernière ont eu un impact durable sur l'ordre du jour de ses alliés.

    3. Envoyer un message uni à la Chine

    Ce grand forum international pourrait être l'occasion d'envoyer un message groupé à la Chine. Les tensions diplomatiques entre Ottawa et Pékin et le conflit commercial sino-américain risquent fort d'alimenter les discussions.

    Le Canada réussirait un tour de force s'il parvenait à obtenir une déclaration commune de ses alliés concernant la détention des deux Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig en sol chinois, croit le professeur Leblond. « Ce serait bien d'envoyer un message que ce genre de comportement est inacceptable et que les pays du G7 ne les acceptent pas », expose-t-il.

    Jeudi, un responsable gouvernemental canadien s'est contenté de dire que « beaucoup de travail était en cours avec nos alliés pour parler d'une voix unie à propos de la primauté du droit et de la détention arbitraire de citoyens canadiens ».

    Le Groupe des Sept pourrait en profiter pour lancer un avertissement aux autorités chinoises quant à leur réponse face au soulèvement à Hong Kong.

    Des interventions du gouvernement canadien appelant la Chine à la retenue lui ont récemment valu des rebuffades de Pékin.

    4. Être ferme face à la Russie

    Le Canada encouragera ses alliés à maintenir la ligne dure face à la Russie. Si le président Trump a évoqué l'idée d'un retour de Vladimir Poutine autour de la table du G7, la position d'Ottawa est aux antipodes.

    Selon nos informations, le Canada continuera de dénoncer « fortement » les actions jugées illégales de la Russie en Ukraine, comme l'a indiqué la ministre Freeland jeudi. « Je pense que tout le monde sera très heureux d'inviter la Russie à être membre à nouveau du G7, une fois qu'elle va partir de la Crimée et du Donbass », a-t-elle déclaré.

    Une position qui semble partagée par le premier ministre britannique, Boris Johnson, et la chancelière allemande Angela Merkel. Le président français Emmanuel Macron a jugé « pertinent qu'à terme, la Russie puisse rejoindre le G8 », mais pas avant qu'une solution soit trouvée en Ukraine.

    Le premier ministre Justin Trudeau aura l'occasion de s'entretenir en privé de ces différents sujets avec le président Donald Trump qu'il rencontrera dimanche.

    5. Faire connaissance avec Boris Johnson

    Une rencontre bilatérale aura lieu samedi entre Justin Trudeau et le nouveau premier ministre britannique, le turbulent Boris Johnson.

    Il tente d'obtenir des assurances du Canada en matière commerciale. Il souhaite le maintien entre les deux pays des modalités de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe dans la transition vers le Brexit.

    M. Johnson veut ainsi rassurer les entreprises qui ont des liens avec le Canada et éventuellement négocier un nouvel accord commercial.

    Le gouvernement canadien semble disposé à accéder à ses demandes. « Assurer une transition harmonieuse avec le Royaume-Uni après le Brexit est une priorité pour le Canada », déclarait un responsable canadien avant la tenue du Sommet.

    Ce dernier a souligné que le Royaume-Uni est un partenaire commercial important.

    Justin Trudeau pourrait profiter de cette rencontre pour soulever l'épineux dossier de « Jihadi Jack », qui a créé des frictions diplomatiques entre les deux pays.

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