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Loi sur la laïcité : le Parti vert prône la prudence, mais accepte la dissidence

Une femme en point de presse.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

La Presse canadienne

Le Parti vert du Canada demande à ses candidats de redoubler de prudence en commentant le dossier de la laïcité au Québec.

Officiellement, le parti d'Elizabeth May est contre la loi adoptée par le gouvernement de François Legault. Mais le parti reconnaît que le dossier divise, même au sein de ses troupes.

Le chef adjoint du Parti vert, Daniel Green, dit qu'il s'en remet au « bon jugement » de ses candidats au Québec dans ce dossier. S'ils n'ont pas d'opinion claire, mieux vaut éviter le sujet.

« On a suggéré gentiment à nos candidats, que s'ils se sentent inconfortables d'en parler ou s'ils n'ont pas vraiment une opinion, de dire : ''Je ne veux pas vraiment commenter sur cette question-là'' », explique-t-il.

Interrogée à ce sujet mercredi, Mme May a réitéré son opposition à la loi québécoise sur la laïcité. « Nous sommes contre, c'est clair, a-t-elle dit. En même temps, je comprends bien la situation au Québec, qui est différente d'ailleurs au Canada. »

M. Green dit que le Parti vert va « accepter la dissension » au sein de ses troupes. Il n'est pas exclu qu'il contredise l'un de ses candidats lors de la campagne électorale, si l'un d'entre eux se prononce en faveur de la loi sur la laïcité.

Ce pourrait être le cas de sa nouvelle recrue, Pierre Nantel, qui avait critiqué les « signes religieux ostentatoires » de son chef Jagmeet Singh du temps où il était au Nouveau Parti démocratique. M. Nantel a été confirmé candidat vert plus tôt cette semaine, après avoir été écarté par son ancien parti.

Le caucus des députés verts aura à se positionner officiellement sur le sujet après l'élection du 21 octobre, précise M. Green. Entre-temps, il recommande à ses candidats de bien se renseigner sur la loi dont il est question.

La loi sur la laïcité, adoptée sous le bâillon en juin dernier à l'Assemblée nationale, interdit aux juges, aux policiers et aux enseignants, entre autres, de porter des signes religieux.

Question sensible

Tous les partis politiques à Ottawa ont été obligés de jongler avec ce sujet épineux.

Seul le Bloc québécois appuie sans réserve la loi sur la laïcité.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, s'est engagé à ne jamais présenter un tel projet de loi au fédéral et à protéger les droits individuels. Mais son lieutenant québécois, Alain Rayes, a publiquement appuyé la loi.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, qui porte un turban sikh, dit qu'il respecte la compétence du Québec d'agir en la matière, mais qu'il n'est pas d'accord avec le fait de légiférer sur les vêtements et l'apparence des individus.

Le premier ministre Justin Trudeau a toujours dénoncé la loi sur la laïcité, qui est, à son avis, contraire à la Charte des droits et libertés. Son gouvernement n'a pas encore décidé s'il allait la contester devant les tribunaux.

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