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De la concurrence pour le DEC en pilotage du Cégep

Québec investit une somme de 106 000 $ dans le but de développer l'offre de formation en pilotage d'aéronefs dans la province.

Québec investit une somme de 106 000 $ dans le but de développer l'offre de formation en pilotage d'aéronefs dans la province. (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Piel Côté
Sarah Pedneault

L'école de pilotage du Cégep de Chicoutimi et du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue aura de la concurrence. Un diplôme d'études collégiales en pilotage sera désormais offert par Air Richelieu, à Saint-Hubert.

Il en coûtera toutefois plus de 100 000 $ pour obtenir sa licence de pilote, selon ce qui a été révélé dans La Presse.

Cette école privée de pilotage située au sud de Montréal a reçu sa licence d'enseignement du ministère de l'Éducation afin d'offrir le même DEC.

Depuis 50 ans, le Centre québécois de formation aéronautique, situé à Chicoutimi, était le seul à offrir ce programme.

Le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue avait toutefois créé un centre d'apprentissage satellite, situé à Val-d'Or. Les premiers étudiants doivent commencer leur formation en janvier prochain.

La formation coûte tellement cher qu'il faut s'assurer que le marché va être capable de les accueillir. On va faire quoi avec nos jeunes chômeurs, quand le marché ne pourra plus les accueillir, qui auront déboursé plus de 100 000 pour leur formation?, se questionne le directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Blais.

Ça m'interpelle comme éducateur, mais ça m'interpelle aussi comme gestionnaire d'un cégep de région avec des exclusivités, ajoute-t-il.

Sylvain Blais fait aussi remarquer que l'argent ne devrait pas offrir des carrières. Ce n'est parce que tu es fils de médecin que tu vas devenir médecin et ce n'est parce que j'ai de l'argent que je vais être capable de faire le programme que je veux, dit-il.

Les directions des deux cégeps très surprises

Autant la direction du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue que celle du Cégep de Chicoutimi se sont dites très surprises par la nouvelle de la formation en pilotage qui serait offerte au privé.

La semaine suivante où j'avais fait une conférence de presse disant que je voulais avoir un programme de pilotage ici, en janvier 2018, j'ai reçu un appel du bureau de la ministre de l'Éducation me disant je ne devais pas rêver à ça, que ça allait être une fin de non-recevoir, soulève Sylvain Blais afin de signifier qu'il n'a jamais été mis au courant de cette demande de la part d'Air Richelieu.

Un homme parle au lutrin pendant que trois hommes assis derrière une table aux couleurs du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue l'écoutent.

Le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue offrira, en collaboration avec le Centre de formation d'aéronautique du Québec et le Cégep de Chicoutimi, une AEC en pilotage d'aéronefs.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

La direction du Cégep de Chicoutimi s'est dite consternée. Elle s'inquiète des répercussions de cette nouvelle offre sur l'échiquier et craint qu'il ne s'agisse d'une brèche inquiétante dans l'exclusivité des programmes nationaux de formation.

On est préoccupé sur l'impact, sur le recrutement et sur le niveau de formation qui peut être offert [à Saint-Hubert], ajoute André Gobeil, directeur général du Cégep de Chicoutimi.

La direction de l'établissement a d'ailleurs demandé une rencontre avec le ministre de l'Éducation afin d'y voir plus clair.

Actuellement, environ 80 % des 40 étudiants du CQFA proviennent de l'extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Abitibi–Témiscamingue

Éducation