•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Conference Board revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour le Manitoba

Le chantier de la centrale électrique de Keeyask.

L'achèvement de grands projets hydroélectriques comme Keeyask, dans le nord du Manitoba, explique le ralentissement de la croissance, selon le Conference Board.

Photo : Radio-Canada

Camille Gris Roy

À quelques semaines de l'élection provinciale, le Conference Board du Canada dresse un portrait plus modeste des perspectives économiques au Manitoba. L’organisme projette une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 0,5 % en 2019, une baisse par rapport aux prévisions de croissance de 1,6 %, publiées au début de l'année.

Dans son « Résumé de la note de conjoncture provinciale - Été 2019 », le Conference Board indique que l’économie canadienne en général devrait croître de 1,4 % en 2019. Pour le Manitoba, le groupe de recherche parle d’une « année mitigée ».

La baisse des investissements privés dans la province, une faible croissance des dépenses de consommation, les tensions commerciales avec la Chine et le déclin des secteurs pétrolier et minier sont parmi les facteurs qui expliquent ces résultats.

Le rapport mentionne en particulier l’achèvement de grands projets hydroélectriques comme Bipole III et Keeyask.

Essentiellement, cela veut dire qu'on passe d'une phase de construction à une phase de production. C'est sûr que la production ajoute aussi à la croissance économique, mais il ne faut pas oublier que la construction, c'est très intensif du côté de la main d'oeuvre, explique Pedro Antunes, économiste en chef au Conference Board du Canada, en entrevue avec Radio-Canada. L'impact positif de la construction, quand le secteur est en hausse, est considérable, ajoute-t-il.

Le rapport souligne que le secteur agricole est particulièrement vulnérable cette année à cause du différend commercial avec la Chine (à la suite de la détention d’une dirigeante de Huawei à Vancouver), en référence notamment au blocage d'importations de canola par la Chine.

Un champ de canola.

Le canola est au coeur d'un différend commercial entre la Chine et le Canada depuis quelques mois.

Photo : Conseil canadien du canola

On ressent en fait que la Chine est en train de viser vraiment les produits agricoles là où on a le plus de succès, le soja, les pois, les produits de boeuf et de porc, tout ce qui va, bien sûr, avoir un impact très important sur le commerce en 2019, note Pedro Antunes.

L’inquiétude, c’est à quel point ça va continuer, ces restrictions sur nos produits, les produits qui sont importants à l'économie manitobaine. Et, donc, il y a quand même des risques pour notre prévision en 2020 aussi.

Pedro Antunes, économiste en chef au Conference Board du Canada

La construction de grands complexes commerciaux et résidentiels à Winnipeg et le développement de l’industrie de transformation des aliments à Portage-la-Prairie permettent toutefois de compenser, selon le Conference Board.

L’organisme prévoit une reprise progressive, à 0,8 % dès 2020, et Pedro Antunes croit que, de façon générale, le Manitoba affiche une bonne économie. C'est une économie diversifiée. En fait, le Manitoba a très bien fait à travers les gros cycles économiques au cours des dernières années.

Réduire le déficit

Dans son dernier budget provincial, le gouvernement progressiste-conservateur se basait sur une prévision de croissance de 1,7 % en 2019 et de 1,5 % en 2020 pour la province, et projetait de réduire davantage le déficit, pour le ramener à 360 millions de dollars.

Une faible croissance a un impact sur les efforts de réduction du déficit. Quand on parle de PIB, ce n’est que des revenus (...) Une croissance économique affaiblie suggère des recettes pour le gouvernement qui pourraient être affaiblies aussi, résume Pedro Antunes.

Des travailleurs en tenue de construction sur un chantier.

Les partis politiques en campagne ont fait des promesses de création d'emplois et d'investissements dans les infrastructures stratégiques.

Photo : Radio-Canada

Le Parti progressiste-conservateur, en campagne pour sa réélection, affirme rester déterminé à se rapprocher de l’équilibre budgétaire tout en stimulant la croissance économique.

Nous avons hérité d’une situation financière difficile quand nous avons été élus, déclare le candidat Cliff Cullen. Il s’agit d’avoir de bons emplois pour les Manitobains, nous avons annoncé des efforts pour ça. Nous avons pris des mesures pour réduire les lourdeurs administratives et nous voyons des effets positifs pour la communauté des affaires.

Il souligne que son parti a promis la création de 40 000 emplois en 4 ans dans le secteur privé.

Les partis d’opposition, pour leur part, blâment le gouvernement sortant pour ses compressions.

Juste cette semaine, nous avons vu qu’il y a une grande compagnie de construction qui a dû vendre ses autos, ses outils, à cause des coupures pour les chemins et les ponts, souligne Wab Kinew, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). Il rappelle la promesse de son parti d’investir 6,6 milliards de dollars dans les infrastructures stratégiques en 4 ans, ce qui permettrait la création de milliers d’emplois.

Économie : prévisions à la baisse

Dougald Lamont, du Parti libéral, dit ne pas être surpris et pointe aussi du doigt le gel des salaires dans la fonction publique. On enlève les centaines de millions de dollars dans notre économie avec des compressions et le gel de salaires des gens. On ne peut pas faire grandir l'économie en renvoyant les gens, ça ne marche pas. Les conservateurs n’ont pas investi quand ils devaient le faire.

Avec des informations de Bartley Kives

Manitoba

Développement économique