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Un employé du consulat britannique à Hong Kong détenu en Chine

Simon Cheng, portant des lunettes, un complet et une cravate, sourit légèrement à la caméra.

Les autorités chinoises ont précisé que Simon Cheng était détenu à Shenzhen.

Photo : Facebook

Radio-Canada

Un employé du consulat britannique à Hong Kong fait l'objet d'une « détention administrative » en Chine, les autorités du pays invoquant la sollicitation de prostituées. Pékin précise qu'il s'agit d'une affaire strictement chinoise.

Sur son site web en anglais, le Global Times, publié par Le Quotidien du peuple, l'organe de presse officiel du Parti communiste, a affirmé que Simon Cheng était emprisonné pendant 15 jours pour sollicitation de la prostitution, citant des sources policières.

Il s'agit d'un motif souvent utilisé par les autorités chinoises pour justifier l'arrestation de personnes qui les critiquent.

The Guardian a spécifié que sa libération est prévue vendredi. Selon le quotidien, M. Cheng, 28 ans, est responsable du commerce et des investissements pour l’agence publique écossaise de développement international.

La loi chinoise prévoit que les personnes qui se livrent à la prostitution ou rendent visite à des prostituées doivent être détenues pendant au moins 10 jours, mais pas plus de 15 jours, et peuvent également se voir imposer une amende de 5000 yuans, l'équivalent de 937 $.

La famille de M. Cheng avait confirmé sa disparition mardi soir dans un message publié sur Facebook, précisant qu'il s'était rendu de Hong Kong à Shenzhen le matin du 8 août pour effectuer un voyage d'affaires.

Sa détention survient en plein mouvement de contestation à Hong Kong.

Londres invité à ne pas s'en mêler

Une femme tient une affiche à l'effigie de Simon Cheng à l'extérieur du consulat général britannique à Hong Kong.

Des manifestants ont appelé les autorités britanniques à intervenir pour obtenir la libération de Simon Cheng.

Photo : Reuters / Willy Kurniawan

Le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé plus tôt cette semaine la détention de M. Cheng, qui manque à l'appel depuis deux semaines, dans la ville de Shenzhen, qui borde Hong Kong. Sans donner de précisions, le ministère avait alors allégué qu'il avait violé l'ordre public.

Londres s'est déclaré extrêmement préoccupé par le sort réservé à son employé consulaire, tout comme le gouvernement écossais. L'ambassade britannique à Pékin affirme apporter son soutien à sa famille.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a indiqué jeudi par communiqué qu'il tentait d'obtenir de façon urgente plus d'informations. Ni le ministère ni la famille de son employé n'ont été en mesure de lui parler, a ajouté le bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (Foreign and Commonwealth Office).

Pékin a invité Londres à rester à l'écart de cette affaire, soutenant qu'il ne s'agissait pas d'un enjeu diplomatique. Simon Cheng est un résident de Hong Kong et non un citoyen britannique, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, lors d'un breffage quotidien. En d'autres termes, il est Chinois. Cette affaire relève strictement des affaires intérieures de la Chine.

Une vingtaine de manifestants, scandant Sauvez Simon maintenant!, se sont rassemblés mercredi devant le consulat britannique à Hong Kong pour réclamer l’intervention de Londres.

Selon l'organisateur du rassemblement, Max Chung, un ami de Simon Cheng, ce dernier dispose d'un passeport de citoyen britannique d'outre-mer, délivré par le gouvernement du Royaume-Uni aux résidents permanents de Hong Kong.

Tensions accrues sur fond de manifestations

Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées ces derniers mois, dans la foulée des manifestations prodémocratie à Hong Kong, une ancienne colonie britannique.

Plusieurs pays occidentaux, dont le Royaume-Uni et le Canada, ont pressé la Chine de respecter le principe « un pays, deux systèmes ». Pékin les a accusés de « s'immiscer » dans les affaires intérieures de la Chine.

Les manifestants, qui protestent par millions depuis trois mois, craignent l'érosion des droits démocratiques et d'une certaine autonomie, garantie par le principe « un pays, deux systèmes », accepté dans le cadre de la rétrocession de l'ex-colonie britannique en 1997.

Ces dernières semaines, plusieurs voyageurs ont d'ailleurs décrit des mesures de sécurité renforcées à la frontière entre Hong Kong et la Chine, les policiers vérifiant notamment dans les téléphones et les ordinateurs les messages et la présence de photos des manifestations.

Selon la copine de M. Cheng, interviewée par le site de nouvelles hongkongais HK01, celui-ci n'a pas participé aux manifestations ni exprimé un quelconque soutien aux protestataires.

Dimanche, une marée humaine composée de plus d'un million de personnes a déferlé à Hong Kong, dans le calme, pour réclamer à nouveau le retrait d'un projet de loi controversé facilitant les extraditions vers la Chine et le respect des libertés.

Ottawa joue de prudence

Selon CBC, le consulat canadien à Hong Kong a annulé tous les voyages de son personnel local en Chine à la lumière de [cet] incident.

Deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, sont déjà détenus en Chine depuis l'arrestation à Vancouver de la dirigeante de la compagnie chinoise Huawei, Meng Wanzhou.

De passage à Ottawa, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a d'ailleurs réitéré son soutien au Canada afin d'obtenir leur libération.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, The Guardian, et BBC

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