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Un rédacteur en chef de Toronto condamné à un an de prison pour incitation à la haine

On voit James Sears parler à la presse.

James Sears (archives)

Photo : Radio-Canada

Jean-Philippe Nadeau

James Sears est condamné à un an d'emprisonnement pour avoir incité à la haine contre les Juifs et les femmes dans le périodique Your Ward News (YWN), de Toronto.

Le juge Richard Blouin, de la Cour de justice de l'Ontario, explique que James Sears s'est livré à de la propagande haineuse sur une longue période auprès d'un large lectorat en ligne, où ses articles mènent inexorablement à l'extrémisme avec le potentiel de provoquer de nombreuses morts.

Le magistrat souligne que M. Sears méritait même une peine de 18 mois d'emprisonnement, mais que la loi ne lui permettait pas de le punir plus sévèrement.

La Couronne était visiblement satisfaite du châtiment, elle qui réclamait deux peines consécutives de six mois pour chacune des deux accusations d’incitation à la haine.

La procureure Erica Withford avait mentionné en avril que le magazine YWN a été envoyé à environ 3000 résidents de la région torontoise de 2015 à 2018 et que les 22 numéros contenaient des propos misogynes et antisémites.

Le juge a toutefois refusé de suspendre la publication du périodique en ligne ou sur papier, en disant qu'il ne voulait pas brimer la liberté d'expression, pourvu qu'elle ne viole pas le Code criminel. Il a d'ailleurs mis en garde M. Sears contre de nouvelles accusations s'il devait publier à nouveau des articles haineux.

On aperçoit une copie du périodique Your Ward News.

Une copie du périodique « Your Ward News »

Photo : Radio-Canada / Spencer Gallichan-Lowe

Avant de rendre sa sentence, le juge avait rejeté la requête de James Sears, qui voulait rouvrir son procès pour défense inefficace. L'homme avait renvoyé son avocat parce qu’il n’avait appelé aucun expert pour sa défense à la barre du procès l'hiver dernier.

À ce sujet, le magistrat a expliqué brièvement que Me Dean Embry n'était pas incompétent et qu'il avait bien fait son travail. Il rappelle que M. Sears a renvoyé son avocat bien après le verdict de culpabilité, soit quatre jours avant de recevoir sa sentence.

M. Sears avait demandé jeudi un nouveau délai pour se préparer à présenter ses arguments, mais, cette fois, sans succès. Il voulait notamment obtenir la permission de la cour de contre-interroger son ancien avocat.

Me Embry avait affirmé dans une déclaration sous serment avant l'audience de jeudi qu'il n'avait rien à se reprocher.

Le magistrat a dit qu'il rendrait les raisons de sa décision à ce sujet par écrit à une date ultérieure.

Photo deux hommes en complet près d'ascenseurs dans un édifice.

James Sears et LeRoy St. Germaine du journal « Your Ward News » à leur sortie du palais de justice, le 24 janvier.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Après sa condamnation, James Sears a demandé à voir sa femme et son jeune fils avant d’être conduit en cellule par des agents, qui lui ont donné deux minutes d'intimité en public pour qu'il leur dise au revoir. Ne t'inquiète pas ma chérie, a-t-il dit à sa femme avant d'être menotté.

Le juge n’a toutefois pu rendre sa décision contre l’éditeur de YWN, LeRoy St. Germaine, qui a lui aussi été reconnu coupable d’incitation à la haine en janvier.

L'individu de 77 ans connaîtra donc sa peine le 29 août. Le juge a néanmoins révélé que la voie de la médiation que LeRoy St. Germaine avait sollicitée en tant que membre de la Nation métisse n'avait abouti à rien de concret, puisqu'il n'était pas prêt à présenter un acte de contrition à ses victimes.

La Couronne a réclamé une peine de six mois de prison contre l'éditeur.

Toronto

Procès et poursuites