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Les réparations urgentes à l'église au « clocher penché » devront attendre

Le clocher dit «penché» de l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier cache le soleil

L'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, à Québec, a besoin de travaux totalisant deux millions de dollars

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Alexandre Duval

Déjà mal en point, la toiture abîmée de l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier à Québec devra subir un autre hiver. Les propriétaires viennent d'essuyer un refus du Conseil du patrimoine religieux; ils n'auront donc pas l'argent pour réaliser les travaux d'un million de dollars jugés essentiels cette année.

Ça me déçoit beaucoup, admet Anne Bérubé, directrice générale de La Nef, la coopérative de solidarité qui possède l'église depuis 2014.

On sait que notre toiture, elle est brisée. L'hiver s'en vient et on sent qu'on risque d'avoir des problèmes, indique Mme Bérubé. Son équipe vient de découvrir que d'autres infiltrations d'eau ont eu lieu au printemps, fragilisant davantage la structure.

Anne Bérubé, directrice de la Coopérative de solidarité Notre-Dame-de-Jacques-Cartier

Anne Bérubé, directrice de la Coopérative de solidarité Notre-Dame-de-Jacques-Cartier

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Il faut qu'on règle notre problème de toiture qui va couler cet hiver et qu'on fasse du "patchage", comme on dit en Québécois. Ce n'est peut-être pas la meilleure solution.

Anne Bérubé, directrice générale de La Nef

Des choix difficiles

Le Conseil du patrimoine religieux vient de dévoiler les 75 projets qui vont se partager l'enveloppe provinciale de 15 millions de dollars pour effectuer des travaux en 2019-2020.

Les projets retenus par le Conseil du patrimoine religieux dans la Capitale-Nationale concernent tous des églises cotées « A », c'est-à-dire dont la valeur patrimoniale est jugée incontournable.

En comparaison, l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier est cotée « C », soit la troisième meilleure cote, qui correspond à une valeur jugée « supérieure ».

L'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, vue à partie de la rue Saint-Joseph à Québec

L'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier a été construite en 1851 dans le quartier Saint-Roch à Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Construite en 1851, elle est néanmoins l'une des plus authentiques de Québec, sinon la plus authentique, puisqu'elle n'a jamais subi de transformation ou d'incendie.

Le consultant en patrimoine et président de Patri-Arch, Martin Dubois, reconnaît que le Conseil du patrimoine religieux fait face à des décisions déchirantes chaque année.

On n'a pas le choix de prioriser les églises qui ont une plus grande valeur patrimoniale. C'est ça le critère le plus important, même si des fois d'autres églises auraient des besoins encore plus urgents, dit-il.

Martin Dubois accorde une entrevue à la journaliste de Radio-Canada Marie Maude Pontbriand.

Martin Dubois, consultant en patrimoine architectural et fondateur de la firme Patri-Arch

Photo : Radio-Canada

Je ne voudrais pas être à la place des gens qui ont à faire ces choix-là parce que c'est presque, dans certains cas, condamner des églises à fermer ou à être démolies.

Martin Dubois, président de Patri-Arch

M. Dubois rappelle que l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier n'est pas seule dans cette triste situation. Les besoins sont criants partout dans la province et les enveloppes budgétaires pour les restaurations d'églises sont nettement insuffisantes, dit-il.

L'aspect politique

La directrice générale de La Nef, Anne Bérubé, reste dubitative. Contrairement à l'église Saint-Jean-Baptiste, actuellement fermée, l'église au « clocher penché » abrite sept organismes communautaires et loue régulièrement sa salle multifonctionnelle.

Mme Bérubé compte donc s'atteler à la tâche de mieux faire connaître ce qui se passe en ses murs. Elle croit désormais qu'il sera nécessaire de sensibiliser les autorités municipales et provinciales pour obtenir du financement l'an prochain.

On n'avait pas vu l'aspect politique de ça [...] Manifestement, il va falloir qu'on aille voir pourquoi on n'est pas sélectionné comme une priorité.

Anne Bérubé, directrice générale de La Nef

Entre-temps, La Nef compte aussi démarrer un fonds chez Québec Philanthrope. Au-delà de la rénovation de la toiture, qui est prioritaire, il faudra aussi refaire la maçonnerie et restaurer les portes et les fenêtres. La facture totale des travaux avoisine les 2 millions de dollars.

Le Conseil du patrimoine religieux a décliné notre demande d'entrevue sans expliquer pour quelle raison.

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