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L'ancien entraîneur Bertrand Charest obtient une réduction de peine

Illustration de Bertrand Charest.

Bertrand Charest devra encore purger 4 ans et 9 mois de détention.

Photo : Radio-Canada / Dessin de cour

Radio-Canada

L'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest a partiellement obtenu gain de cause devant la Cour d'appel, jeudi. Le tribunal maintient ainsi le verdict de culpabilité pour 16 des 37 chefs d'accusation qui avaient été portés contre lui, mais réduit sa peine de prison de deux ans, passant à 10 ans et 3 mois.

En juin 2017, Bertrand Charest avait été reconnu coupable de 37 chefs d'accusation liés à des crimes de nature sexuelle commis entre 1992 et 1998 contre neuf plaignantes. Le juge Sylvain Lépine de la Cour du Québec lui avait ensuite imposé une peine de 12 ans de prison.

Le juge Lépine avait alors qualifié ses gestes d'inexcusables et de criminels. Charest avait notamment eu des relations sexuelles complètes avec certaines des adolescentes, alors qu'il était en position d'autorité sur elles. L'une d'entre elles s'était retrouvée enceinte et Charest l'avait emmenée se faire avorter.

Jeudi, la Cour d'appel a acquitté Charest de neuf chefs d'accusation, a décrété un arrêt des procédures sur deux chefs, a annulé la condamnation sur un chef (pour absence de compétence du tribunal, les faits s'étant déroulés en Nouvelle-Zélande) et a ordonné la suspension conditionnelle sur neuf chefs. Le tout représente 21 chefs d'accusation, soit plus de la moitié de ceux pour lesquels il avait été condamné en Cour du Québec.

Avant même l'audition en Cour d'appel, la Couronne avait concédé que 20 des 37 chefs pour lesquels Charest avait été déclaré coupable devaient tomber pour diverses raisons, notamment l'absence de juridiction du juge en Nouvelle-Zélande.

« Des concessions qui semblent importantes au niveau du nombre, mais qui, en réalité, n'ont pas beaucoup d'impact sur le dossier », soutenait alors le procureur de la Couronne.

La réduction de peine de deux ans est nettement moindre que ce que l'accusé réclamait, et cela, en raison de la gravité des crimes.

Les juges n'ont pas cru l'accusé, qui prétendait avoir changé.

On ne note aucun changement radical chez l'appelant [Charest] depuis les infractions. Au contraire, selon la preuve déposée lors des observations sur la peine, il continue à banaliser sa conduite, à dénigrer les plaignantes et veut même faire porter à certaines la responsabilité de ses actes.

La Cour d'appel, sous la plume du juge François Doyon

Les magistrats ont écrit que la « personnalité narcissique » de Bertrand Charest « est toujours bien présente ». Ils parlent aussi du « déni de responsabilité » de l'ex-entraîneur, qui évoque encore « les pièges tendus par les plaignantes » et « déplore être tombé dans le panneau ».

Dans un bref courriel transmis en fin d'après-midi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), par la voix de son porte-parole Jean-Pascal Boucher, a mentionné que « le DPCP prend acte de la décision de la Cour d'appel ».

« Considérant le délai d'appel en cours, le DPCP doit réserver ses commentaires, mais souligne que cette décision écarte la possibilité d'un nouveau procès évitant ainsi aux victimes de témoigner de nouveau, et qu'elle prévoit une peine d'emprisonnement importante », mentionne aussi le courriel.

Bertrand Charest avait été libéré en attendant l'appel. Il devra maintenant retourner en prison. Il lui reste 4 ans et 9 mois à purger.

Avec les informations de Presse canadienne

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