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Le Canada « fermement opposé » à un retour de la Russie au sein du G7

Vladimir Poutine, les deux mains pointées vers l'avant.

Le président russe Vladimir Poutine

Photo : Associated Press

Louis Blouin

Faut-il ajouter une chaise autour de la table du G7 pour accueillir Vladimir Poutine, comme le propose le président Trump? L'idée est accueillie avec hostilité par le gouvernement canadien, à la veille de l'ouverture du sommet de l'organisation à Biarritz, en France.

« Nous n'appuyons pas l'idée que la Russie soit réinvitée », a déclaré un responsable gouvernemental aux journalistes avant le départ de Justin Trudeau pour le sommet en France.

Une autre source gouvernementale a affirmé à Radio-Canada qu'Ottawa est « fermement opposé » au retour d'un « G8 » avec la Russie.

Un message relayé par la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, jeudi en compagnie de son homologue américain Mike Pompeo.

Je pense que tout le monde sera très heureux d'inviter la Russie à être membre à nouveau du G7, une fois qu'elle va partir de la Crimée et du Donbass. C'est très simple.

Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères.

« Tant que la Russie continue ses actions illégales en Ukraine, je pense que notre position ne changera pas », a expliqué un représentant du gouvernement jeudi. « Notre priorité, c'est d'appuyer l'Ukraine », a-t-il tranché. La délégation canadienne a bien l'intention de réitérer cette position avec force pendant le sommet de Biarritz.

Pour Chrystia Freeland, l'annexion de la Crimée, qui a valu à la Russie son expulsion du groupe, est « un crime grave dans un ordre international fondé sur des règles  » et contraire aux valeurs du G7.

Poignée de mains entre Mike Pompeo et Chrystia Freeland.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, et la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

L'ingérence dans les élections étrangères et l'empoisonnement de l'ancien espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni, l'an dernier, constituent autant de raisons pour maintenir le pays à l'écart, selon Ottawa.

Une source a indiqué à Radio-Canada que la présence du leader russe à titre d'invité l'année prochaine au sommet organisé par les États-Unis serait « une possibilité » pour le Canada, mais un retour à titre de membre permanent est hors de question à Ottawa, pour le moment.

L'invitation de Trump mal accueillie

Mardi, le président américain s'est prononcé en faveur d'un retour de Vladimir Poutine dans le groupe. « Ce serait beaucoup plus sensé d'avoir la Russie à bord », a-t-il fait valoir. « Beaucoup de sujets dont nous discutons ont à voir avec la Russie », a-t-il expliqué dans le bureau ovale.

Pour sa part, le président français, Emmanuel Macron, a jugé « pertinent qu'à terme la Russie puisse rejoindre le G8 », mais pas avant qu'une solution soit trouvée en Ukraine « sur la base des accords de Minsk ».

Les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine.

Le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine lors du sommet des dirigeants du G20 à Buenos Aires, en Argentine, le 30 novembre 2018.

Photo : Reuters / Marcos Brindicci

Le premier ministre britannique Boris Johnson et la chancelière allemande Angela Merkel ont rejeté la réintégration de la Russie à ce stade, en raison des progrès jugés insuffisants obtenus jusque-là dans le dossier de l'Ukraine.

Le Canada a adopté une attitude très ferme à l'endroit de la Russie depuis l'annexion de la Crimée. D'ailleurs, la chef de la diplomatie canadienne Chrystia Freeland, d'origine ukrainienne, est interdite d'accès en Russie.

Le Canada compte plus de 1,3 million de citoyens d'origine ukrainienne.

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