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Affaire Bettez : faut-il revoir les pratiques des policiers et enquêteurs?

Ruban jaune de barrage policier.

Archives

Photo : Radio-Canada / Mélanie Léger

Radio-Canada

Un expert en criminologie réclame une enquête publique pour évaluer les techniques employées par les policiers et s’assurer que des irrégularités comme celles décelées dans le cas de Jonathan Bettez ne se reproduisent plus.

Jonathan Bettez et ses parents poursuivent la Sûreté du Québec et certains de ses policiers pour 10 millions de dollars pour avoir été, selon eux, injustement traités, ce qui a ruiné leur vie.

M. Bettez n’a jamais été accusé de rien en rapport avec l’affaire Cédrika Provencher, mais c’est lui qui est pointé comme étant le suspect et le coupable, souligne le chargé de cours en criminologie de l’Université de Saint-Boniface, au Manitoba, Jean-Claude Bernheim.

Ce qu’on peut penser, c’est que la façon dont les policiers ont agi dans l’affaire Bettez, ben ils l’ont fait dans d’autres cas.

Jean-Claude Bernheim, expert en criminologie
Homme aux cheveux blancs et portant des lunettes en entrevue devant la caméra.

Jean-Claude Bernheim, expert en criminologie et chargé de cours à l'Université de Saint-Boniface

Photo : Radio-Canada

Il est maintenant nécessaire au Québec qu’on regarde comment sont gérées les actions des policiers et qu’on admette qu’il n’y a pas du tout de supervision du travail policier, pas de sanction imposée aux policiers qui ne respectent pas les règles et les normes, croit-il.

Jean-Claude Bernheim souhaiterait aussi que le travail des procureurs de la Couronne soit aussi examiné de plus près.

Dans sa décision rendue en octobre 2018, le juge Jacques Lacoursière n’a pas été tendre envers le travail des enquêteurs de la Sûreté du Québec. Il a qualifié leurs démarches d’opération de pêche et leurs méthodes, d'abusives.

Le juge a invalidé leurs mandats, ce qui a fait tomber les accusations de pornographie juvénile pesant contre Jonathan Bettez.

Ces façons de faire mettent en péril les droits de la personne, affirme M. Bernheim.

Jonathan Bettez dans une voiture.

La cause de Jonathan Bettez a beaucoup été médiatisée.

Photo : Radio-Canada

Il critique aussi le fait que certains dossiers soient particulièrement médiatisés. Lorsqu’il y a des situations, des cas qui sont très spectaculaires il y a une médiatisation qui est faite, très large, pour pointer les suspects. On n’est plus du tout dans le cadre de la présomption d’innocence qui nécessiterait plus de discrétion.

N’importe quel citoyen au Québec peut se retrouver du jour au lendemain dans les filets de la police sans que jamais il y ait d’accusations portées contre lui.

Jean-Claude Bernheim, expert en criminologie

En 1998, la Commission Poitras chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec s’est penchée sur les pratiques des policiers. Mais force est de constater, selon M. Bernheim, que rien n’a changé.

La conclusion a été qu’il fallait faire des réformes en profondeur qui n’ont jamais été faites finalement, puisque l’impunité se poursuit, affirme l’auteur d’un livre portant sur le meurtre d’une adolescente de 14 ans, en Abitibi-Témiscamingue, pour lequel deux personnes ont été injustement incarcérées.

Il constate qu’encore aujourd’hui, des perquisitions sont faites un peu à la va comme j’te pousse.

C’est pour ça qu’une enquête publique aujourd’hui devrait être faite en ayant un mandat extrêmement large pour remonter dans plusieurs enquêtes et aussi, pour regarder comment les policiers et les procureurs de la couronne et les tribunaux gèrent ces situations, conclut-il.

D'après les informations de Marie-Pier Bouchard

Mauricie et Centre du Québec

Procès et poursuites