•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La fréquentation des maisons de chambres en forte hausse à Lebel-sur-Quévillon

Des résidences dans un quartier résidentiel.

De plus en plus de résidents de Lebel-sur-Quévillon louent des chambres aux travailleurs de passage.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Thomas Deshaies

La ville de Lebel-Sur-Quévillon dans le Nord-du-Québec connaît un regain économique important, mais manque de logements pour accueillir tous les travailleurs. Plusieurs se rabattent sur les maisons de chambres. La situation prend une telle ampleur que la municipalité est dans l'obligation d'intervenir pour éviter les débordements.

Je ne connais plus personne alentour, j'ai quatre maisons où ce sont des inconnus, des travailleurs qui viennent, puis qui repartent, témoigne Françoise Rousseau, citoyenne de Lebel-Sur-Quévillon depuis 44 ans.

Mme Rousseau a vu dans les dernières années les résidences de ses voisins se transformer progressivement en maison de chambres pour travailleurs.

Une femme accorde une entrevue à la caméra.

Françoise Rousseau remarque qu'avec le passage des travailleurs, il n'y a plus vraiment de vie communautaire dans son quartier.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Tu perds le noyau de ce qu'on appelle le voisinage, tu as un noyau de gens qui sont ici simplement pour travailler, qui ne font plus partie de la vie communautaire, c'est tout un changement, explique-t-elle, tout en précisant se réjouir de la vigueur économique actuelle.

La popularité des maisons de chambres est particulièrement en hausse depuis un an et demi, avec l'émergence de nouveaux projets miniers et l'annonce de la réouverture de l'usine de pâte Kraft.

La Ville passera de la sensibilisation aux inspections

La Ville doit maintenant intervenir pour appliquer sa réglementation qui prévoit un maximum de quatre chambreurs par habitation et interdit de louer une chambre sans fenêtre pour des raisons de sécurité.

Il faut s'assurer que tout se fasse dans les règles pour ne pas qu'il nous arrive des tragédies.

Alain Poirier, maire
Alain Poirier accorde une entrevue à la caméra.

Alain Poirier, maire de Lebel-sur-Quévillon

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Cela amène des problématiques, explique le maire, Alain Poirier. Qu'on pense au niveau de la consommation d'eau, des déchets et des véhicules qu'on retrouve un peu partout dans les zones résidentielles. On a à travailler cela.

Le maire est toutefois conscient que les maisons de chambre constituent un revenu non négligeable pour certains citoyens qui ont vécu des années difficiles lors de la fermeture de l'usine Domtar.

Ce qu'on veut, c'est que ça se fasse en suivant la réglementation, tout simplement, pour avoir une offre qui est sécuritaire, explique-t-il.

Le propriétaire du Motel du lac, Éric Bouchard, ne cache pas quant à lui son mécontentement, alors qu'il juge que nombreux sont ceux qui louent une chambre sur une courte période dans une maison, ce qu'il qualifie « d'hébergement illégal ».

Un homme accorde une entrevue à la caméra.

Éric Bouchard, propriétaire du Motel du lac

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Il y a des semaines qu'on est à moitié plein, mais avec un boom économique de même, on serait supposé être tout le temps plein, déplore-t-il. On ne peut pas compétitionner les maisons de chambres, parce que sinon on va fermer demain matin.

Et le développement de la communauté?

Le chercheur à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Stéphane Grenier, soutient que le phénomène des maisons de chambres et camps de travailleurs est caractéristique des régions éloignées du Québec, mais pas moins préoccupant.

Ce ne sont pas des gens qui viennent s'installer à l'année. Ça ne contribue pas du tout, du tout à la construction d'une ville qui est plus en essor, qui est plus dynamique, qui est plus culturelle et plus ancrée dans son territoire, martèle-t-il.

Stéphane Grenier accorde une entrevue à la caméra.

Stéphane Grenier, chercheur à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La municipalité souhaite développer de nouveaux secteurs résidentiels pour faire face à la crise, mais fait face à de nombreux freins. Ce sujet sera abordé dans le deuxième volet de cet article qui sera publié demain.

Abitibi–Témiscamingue

Économie