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Réfection du rail gaspésien : le nouvel échéancier promis par Québec déçoit

Au coucher de soleil, des rails du chemin de fer entre Caplan et Gaspé, impraticables pour un train.

Le chemin de fer a besoin d'être restauré pour permettre le retour du rail entre Caplan et Gaspé. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Joane Bérubé

Si la promesse du premier ministre Legault de diminuer l’échéancier du projet d’un an réjouit les élus, les usagers qui attendent le retour du train sur les rails sont déçus de cette avancée qu’ils jugent, dans l’ensemble, trop timide.

Les libéraux avaient promis un rail gaspésien complètement rénové en 2026. Le gouvernement caquiste devance l’échéance à 2025, tout en promettant de tout faire pour accélérer la cadence, à la suite d’une rencontre, mercredi, avec une délégation gaspésienne.

Le premier ministre a aussi reconnu l’importance stratégique du rail pour le développement économique de la région en traitant le sujet comme un dossier « d’affaires ».

Le directeur de l’usine de pales d’éoliennes LM Windpower, Alexandre Boulay, croit que le dossier était rendu à ce stade. Ça fait deux ans que la réfection du train a été annoncée. Passer à cette étape, c’est tout à fait normal.

Alexandre Boulay estime toutefois que tous les moyens ne sont pas mis en place pour accélérer la cadence des travaux. Il n’y a que deux ressources qui travaillent sur la réfection du chemin de fer en Gaspésie. C’est quand même un projet de plus de 100 millions.

M. Boulay rappelle que le projet est probablement dans la phase la plus importante, celle de la conception et de l’inspection des structures actuelles.

Pour son usine, le transport ferroviaire est un besoin immédiat, rappelle Alexandre Boulay. Ce dernier doute que le rail soit réparé à temps pour combler les attentes de LM Windpower. Est-ce que LM va en profiter en 2025 en transportant des pales sur le rail? Il est prématuré de vous l’assurer.

La tendance, dit-il, est à la fabrication de pales plus grandes qui sont transportées par bateau.

Deux camions transportant chacun une pale d'éoliennes.

Puisque le train ne se rend pas jusqu'à Gaspé, des camions partent de Gaspé jusqu'à New Richmond, puis les éoliennes sont transportées par train jusqu'au Texas. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

M. Boulay juge que le projet aurait pu être réalisé en trois à cinq ans. Si on avait annoncé aujourd’hui des ressources additionnelles, j’aurais dit qu’on aurait pu gagner pas mal de temps, mais ce n’est pas le cas.

Une coalition critique

Le cofondateur de la Coalition pour l’avenir du train, Bernard Babin, est très insatisfait de la réponse du premier ministre.

C’est du copier-coller. Il n’y a pas vraiment de gros changements dans tout le dossier, alors la plupart des travaux par exemple pour le premier tronçon qui avaient été prévus en 2021, il n’y a absolument rien de changé. C’est la même chose. Le deuxième tronçon jusqu’à Port-Daniel, comme le premier tronçon prévu pour 2021, il n’y a absolument rien de changé. [...] Le deuxième tronçon, jusqu’à Caplan-Port-Daniel, c’est 2022. Donc, qu’est-ce qu’on a changé là-dedans? C’est la machine qui continue.

Il admet que la décision de changer le statut du tronçon numéro trois, entre Port-Daniel-Gascons et Gaspé, de dossier « d’opportunités », l’étape de la réalisation d’études, à dossier « d’affaires », l’étape où l'on enclenche les travaux, est un pas dans la bonne direction. Mais si on regarde les travaux qui vont s’effectuer dans les prochaines années sur le pont[-tunnel] [Louis-]Hippolyte-La Fontaine à Montréal, je suis convaincu que ces travaux vont être réalisés avant que le train se rende jusqu’à Gaspé.

Bernard Babin entend poursuivre la pression auprès des élus.

Avec les informations de Jean-François Deschênes et Isabelle Lévesque

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Transports