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Des couvertures au crochet pour appuyer le Bruce Oake Recovery Centre

Trois femmes sont installées à une table dans un marché et crochètent.

Près de 5000 carrés au crochet sont nécessaires pour réaliser les 50 couvertures que les bénévoles veulent offrir au centre Bruce Oake. Joëlle Saltel est présente au marché Dawson Trails où elle invite les gens à crocheter ou à déposer les carrés qu'ils ont réalisés.

Photo : groupe Facebook Seriously Hooked - Crochet With Joëlle

Sylviane Lanthier

Jeudi aura lieu la première pelletée de terre du futur centre Bruce Oake Recovery Centre. Pendant que des ouvriers seront au travail au cours des prochains mois pour construire ce centre de traitement des toxicomanies de 50 lits, un peu partout au Manitoba, d’autres ouvrières seront aussi à l’oeuvre, pour crocheter les couvertures qui couvriront ces lits.

L'idée vient de Joëlle Saltel Allard, une habitante du quartier Saint-Boniface, à Winnipeg, qui se décrit elle-même comme une passionnée de crochet, une activité qu’elle a commencée pour relaxer, mais qui a bien vite pris d’autres proportions.

J’avais des amies qui voulaient apprendre comment faire du crochet. J’ai mis sur pied un groupe et leur ai enseigné le crochet les dimanches après-midi, raconte-t-elle.

Une fois les techniques de base maîtrisées, que faire? Ces femmes ont cherché un projet auquel elles pourraient se rattacher. En participant à une collecte de fonds pour le Bruce Oake Recovery Centre, Joëlle Saltel Allard a trouvé : crocheter une couverture pour chacun des 50 lits du futur centre.

Une idée, dit-elle, que lui a soufflée son mari, que ses amies ont adoptée et que la famille Oake a chaleureusement accueillie.

Aujourd’hui, quelque 1500 à 1800 carrés réalisés au crochet s’empilent dans son salon. C'est environ le tiers des carrés nécessaires pour fabriquer les 50 couvertures. Ils sont tous réalisés par des bénévoles, un peu partout au Manitoba et ailleurs.

Des centaines de femmes y participent à travers le Manitoba, et d’aussi loin qu’Edmonton. Il y a un groupe à Brandon, des gens de partout. Plus de 1000 personnes sont membres du groupe Facebook.

Joëlle Saltel Allard
  • Chaque couverture nécessite 98 carrés.
  • Chaque carré mesure 15 cm de côté.
  • Près de 5000 carrés seront nécessaires pour les 50 couvertures.

Joëlle Saltel Allard explique que les bénévoles ne connaissent pas ceux qui seront accueillis dans le centre Bruce Oake. [Mais] on a une idée du trajet, de leur passé et des obstacles qu’ils vont surmonter. Donc, on espère que ce sera un cadeau qu’ils vont garder avec eux. Il y aura un message inspirant sur la couverture pour leur rappeler l’effort qu’ils mettent dans leur projet, pour se sortir de leur situation.

Nous, on y met un morceau de soi-même pour les appuyer.

Joëlle Saltel Allard

Ce qu’il faut savoir pour participer

  • La laine recommandée doit nécessiter un crochet de taille 4 ou moyenne.
  • On peut déposer leur carré crocheté au marché de Saint-Norbert ou au marché Dawson Trail, à Richer.
  • Le groupe Facebook Seriously Hooked - Crochet With Joëlle fournit un modèle de carré.

Un centre attendu et controversé

Pour la famille de Bruce Oake, le 22 août est une date doublement importante, puisqu'il aurait célébré son 34e anniversaire de naissance aujourd’hui. Il est mort à l'âge de 25 ans après une longue lutte contre la toxicomanie.

Image de l'ancien aréna de Vimy l'hiver.

L'ancien aréna de Vimy sera transformé en un centre de traitement de la toxicomanie de 50 lits.

Photo : Radio-Canada / Laura Glowacki/CBC

Sa famille a mis sur pied une fondation et proposé que les locaux d’un aréna non utilisé soit transformé en centre de traitement pour les toxicomanes.

Ce projet, qui a soulevé la controverse dans le quartier Saint-James, a obtenu l’aval du conseil municipal et de la province, quand la Ville a vendu le terrain de l’ancien aréna Vimy pour 1 $ à la province, qui envisageait alors de le louer 1 $ par an au nouveau centre Bruce Oake.

Des ressources nécessaires pour contrer la crise

La directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba, Ginette Poulin, constate au quotidien les effets dévastateurs de la méthamphétamine, des opiacés et des autres drogues.

Ça touche tout le monde, rappelle-t-elle, les personnes âgées, les personnes dans la rue, des professionnels touchés à des niveaux très vulnérables. Les gens ne savent pas comment travailler avec ce problème, surtout la méthamphétamine, un produit vraiment puissant, qui n’existait pas il y a 10 ans, et qui est difficile à traiter, résume-t-elle.

Elle explique que la méthamphétamine entraîne souvent des psychoses chez ses consommateurs, des problèmes secondaires difficiles à gérer. Et il n’y a pas vraiment d’antidote et de médicaments, comme c'est le cas pour les autres problèmes de toxicomanie.

Une femme pose devant une toile d'art abstrait.

Ginette Poulin, directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Alana Cole

Le secret, dit-elle, c’est de pouvoir offrir de l’aide quand les gens sont prêts à en recevoir : un accès rapide aux médecins, à des groupes, à la combinaison de traitements qui peuvent être nécessaires, tels que des médicaments, de la psychothérapie, un appui pour la famille.

La désintoxication est la première étape. Quand la personne arrive, il doit y avoir un lieu sans danger pour elle, où il y a des suivis pour assurer que sa santé n’est pas en danger, qu’elle n’a pas besoin de services médicaux sérieux.

La méthamphétamine, ça prend deux semaines pour sortir du corps. Après commencent les traitements plus profonds et ça prend souvent des antipsychotiques et des antidépresseurs, parce que, souvent, l’humeur prend une chute après l'euphorie de la méthamphétamine, explique la spécialiste.

L’ouverture prochaine du centre Bruce Oake arrive à un moment où, dit-elle, on a besoin de tous les outils et les ressources possibles.

Je suis contente, tout le monde en parle ces jours-ci, mais ça fait des années que je travaille dans ce domaine et il y a beaucoup de stigmatisation. Je suis contente de voir qu’on en parle, qu’on travaille tous ensemble pour qu’il y ait plus d’options et de solutions.

Avec des informations de Suzanne Kennelly et Martine Bordeleau

Manitoba

Société