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Pénurie de psychiatres au Centre hospitalier Restigouche

Le Centre hospitalier Restigouche est le plus important hôpital psychiatrique du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Patrick Lacelle

Le Centre hospitalier Restigouche (CHR), le plus important hôpital psychiatrique du Nouveau-Brunswick, n’a que 5 psychiatres à temps plein sur les 14 postes normalement pourvus.

En février, Charles Murray, ombudsman du Nouveau-Brunswick, a déposé un rapport accablant révélant entre autres que des patients du Centre hospitalier Restigouche ont été « victimes d’actes de négligence, de violence et de traitement inacceptables ».

Dans son rapport, M. Murray déplorait le « manque chronique de personnel » à l’établissement. Aujourd’hui, l'ampleur de cette pénurie de main-d’oeuvre se précise.

Normalement, l’établissement compte sur les services de 14 psychiatres à temps plein. Or, cinq de ces postes sont actuellement vacants. De plus, il y a deux absences prolongées et deux autres psychiatres en retour progressif.

En somme, il n’y a que cinq psychiatres qui travaillent à temps plein au CHR, et de 75 à 80 patients y sont traités.

Des incitatifs pour attirer des candidats

Le Réseau de santé Vitalité qui administre le CHR affirme poursuivre ses efforts en matière de recrutement. Un plan de bonification des salaires a été proposé au gouvernement provincial. Le but est d’offrir une rémunération et des conditions de travail comparables à celles des provinces voisines afin d’attirer plus de professionnels de la santé.

Nous sommes toujours en processus de recrutement, et pour rendre les postes attrayants, on a fait une demande au ministère pour ce qu’on appelle un plan de rémunération alternatif. Afin d’être plus compétitif, le ministère nous a aidés à bonifier les conditions de travail pour les gens qui viennent sur une base intérimaire. On a réussi à avoir une personne pendant un mois et aussi on a de l’intérêt de personnes qui pourraient venir dans la prochaine année, a expliqué Gilles Lanteigne, président-directeur général du réseau Vitalité.

M. Lanteigne affirme qu'il y a des écarts significatifs dans la rémunération et les conditions de travail des psychiatres du Nouveau-Brunswick comparativement à ceux de l'Ontario et du Québec.

Le président du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne en entrevue.

Le Réseau de santé Vitalité souhaite pouvoir réduire l'écart entre le Nouveau-Brunswick et le Québec et l'Ontario en ce qui concerne la rémunération des psychiatres.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le ministère de la Santé doit d’abord approuver cet autre plan de rémunération avant que le réseau puisse l’implanter. La réponse se fait encore attendre.

Par courriel, un porte-parole du ministère dit que le ministre de la Santé, Hugh Flemming, est préoccupé par l'état actuel de la situation au CHR, et précise que le ministère examinera les problèmes de recrutement et de rétention des psychiatres.

Dès que le plan sera approuvé par le ministère, on sera dans une meilleure position.

Gilles Lanteigne, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité

Au réseau Vitalité, les problèmes de recrutement de professionnels de la santé ne se font pas seulement sentir au CHR. Le problème est plus général.

La pénurie et le développement des compétences sont vraiment un gros défi au réseau. Je pense que ce n’est pas uniquement au Réseau de santé Vitalité, mais aussi dans les industries traditionnelles au Nouveau-Brunswick, a rappelé M. Lanteigne.

Le centre pour jeunes toujours en veilleuse

Par ailleurs, la construction d'un centre d’excellence pour jeunes à Campbellton est toujours en suspens. L'édification de l’immeuble avait été commandée par le gouvernement de Brian Gallant en 2015. Une somme de 14 millions de dollars a été injectée dans cette annexe du CHR.

Le gouvernement de Blaine Higgs a interrompu la construction de ce centre. Pour l’instant, seule la structure extérieure a été érigée. Par courriel, le ministère de la Santé affirme qu’aucune décision n’a été prise pour la suite des choses.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

Nouveau-Brunswick

Établissement de santé