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Que feront les athlètes électroniques après leur retraite?

Des athlètes électroniques en compétition au tournoi The International de Dota 2.

Les athlètes peuvent être poussés vers la retraite dans la mi-vingtaine.

Photo : AFP/Getty Images / STR

Agence France-Presse

Alors que la première génération d’athlètes électroniques arrive déjà à l'âge de la retraite, ce sport se retrouve confronté à un nouveau défi : après des années passées à affronter des adversaires dans un monde virtuel, que faire de sa vie une fois les manettes raccrochées?

La question de la retraite se pose bien plus tôt dans le sport électronique que dans le sport traditionnel. Dans les jeux les plus frénétiques, les athlètes peuvent être poussés vers la sortie dès leurs 23 ans, âge à partir duquel les réflexes sont censés diminuer. Plusieurs adeptes évoquent un âge « limite » pouvant péniblement atteindre les 30 ans.

Sur un champ de bataille virtuel, chaque milliseconde compte. Et dans le sport électronique, où 33 millions de dollars seront distribués cette semaine en Chine à l'occasion du neuvième Championnat mondial de Dota 2, The International, le temps, c'est de l'argent.

Jingjun Sneyking Nu, 24 ans, de l'équipe Newbee, refuse pourtant de se sentir bridé par le poids des années. Les gens pensent qu'à partir d'un certain âge, on est trop lent et pas assez bon, mais je pense que ça n'a aucune importance, soutient-il.

Des athlètes électroniques jouent à Dota 2. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

33 millions de dollars seront distribués cette semaine en Chine à l'occasion de la neuvième édition du championnat mondial de Dota 2, The International.

Photo : AFP/Getty Images / STR

Michael Ninjaboogie Ross espère lui aussi défier la barrière de l'âge. Alors que la réalité le rattrape, à 27 ans, il balaye la question de la retraite du revers de la main.

La retraite? C'est la seule chose à laquelle je n'ai jamais vraiment pensé, affirme celui qui a passé la moitié de sa vie à jouer de manière professionnelle.

De nouvelles occasions à saisir

Comme dans le sport traditionnel, entraîner des équipes ou devenir analyste sont des options qui s’offrent aux athlètes à la retraite.

Des commentateurs à l'édition 2019 du tournoi The International, qui se tient cette semaine à Shanghai.

Des commentateurs à l'édition 2019 du tournoi The International, qui se tient cette semaine à Shanghai.

Photo : Getty Images / Hu Chengwei

Mais de l'aveu de certaines personnes, bon nombre de pros du sport électronique n'auraient qu'une hâte après avoir passé 12 heures par jour devant leur écran pendant des années : en finir, une bonne fois pour toutes.

Pour Duncan Thorin Shields, qui se présente comme historien du sport électronique, l'épuisement professionnel, au-delà de la simple question des réflexes, est en effet l'une des principales raisons qui contraint les joueuses et joueurs à prendre leur retraite si tôt.

Kurtis Aui--2000 Ling veut cependant croire que l'augmentation exponentielle des revenus générés par le sport électronique a dégagé l'horizon des joueuses et joueurs professionnels.

Il y a 5 ou 10 ans, nous devions prendre notre retraite, car le sport électronique ne nous permettait pas de subvenir à nos besoins. Maintenant, nous pouvons très manifestement vivre de cette activité, affirme le joueur de 26 ans, retraité depuis une blessure, qui a amassé près de 2 millions de dollars au cours de sa carrière.

Au fur et à mesure que le sport électronique se développe et que les revenus augmentent, il y aura de plus en plus d’occasions pour les athlètes nouvellement à la retraite dans les affaires, la gestion et les médias, estime Roman Dvoryankin, directeur général de l'équipe Virtus.pro.

Ce dernier souhaite d'ailleurs employer une directrice ou un directeur sportif, mais affirme qu'il n'y a aucun candidat ou candidate sur le marché. Pour lui, il s’agit là d’une preuve que beaucoup de têtes d'affiche de la première génération jouent encore.

Le patron de Virtus.pro rejette les accusations selon lesquelles de nombreux pros du sport électronique n'ont pas les compétences sociales nécessaires pour s'épanouir après avoir cessé de jouer.

[Ces athlètes] sont tout à fait capables de communiquer avec les autres, mais pas face à face. Ce n'est toutefois pas propre au sport électronique, c'est une question de génération. Les gens pensent qu’il ne faut que s'asseoir devant l’ordinateur, mais le fait est qu’il faut parler beaucoup, même si ce n'est qu'en ligne, estime-t-il.

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