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De moins en moins de maisons de chambres à Ottawa

Deux itinérants sur un trotoir.

Alors que le nombre de maisons de chambres à Ottawa diminue, les anciens locataires seront forcés de sortir dans la rue, craignent les intervenants.

Photo : Radio-Canada / Trevor Pritchard

Radio-Canada

Le nombre de maisons de chambres à Ottawa est en si forte baisse que le modèle de logement pourrait bientôt être en péril, prévient un rapport de la ville d'Ottawa.

Un récent rapport d'un consultant commandé par la Ville sur l'état des logements locatifs à Ottawa a mis l'accent sur les maisons de chambres, une forme de logement partagé axée sur les locataires à faible revenu. Entre l'augmentation des coûts et l'absence de propriétaires, le rapport prévient que le nombre de logements autorisés pourrait diminuer encore davantage.

À l'heure actuelle, il y a environ 90 maisons de chambres dans la ville d'Ottawa, a déclaré Shea Kiely, directrice générale de Housing Help, un organisme qui se spécialise dans l'aide au logement et qui défend les intérêts des personnes qui ont besoin de trouver un logement sûr, adéquat et abordable.

Auparavant, il y avait plus de 400 logements de ce genre à Ottawa avant que les propriétaires n'aient besoin d'un permis, dont les frais varient de 380 $ à 650 $, selon le type de résidence.

Ce déclin signifie que les locataires, dont bon nombre sont aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie, risquent de devenir encore plus vulnérables, a fait remarquer Mme Kiely.

De plus en plus, nous voyons des gens qui deviennent sans-abri. Les gens accèdent aux refuges ou dorment sur des sofas dans des salons, a-t-elle dit. C'est quelque chose qui est vraiment difficile à saisir dans les statistiques.

Une multitude de défis

Les observations formulées dans le rapport par les intervenants et les associations communautaires incluaient une foule de questions touchant le logement en chambre dans la ville. Les problèmes comprenaient le logement insalubre, l'inquiétude face aux propriétaires « exploiteurs et absents » et les « coûts croissants » pour les propriétaires sous la forme d'une augmentation des taxes foncières et des factures de services publics.

Il est difficile pour les propriétaires de vouloir continuer à louer ce type de logement, a expliqué Mme Kiely. On a vu qu'ils vendaient les immeubles et que les promoteurs arrivaient.

Mme Kiely a déclaré que les condominiums peuvent proliférer à leur place, repoussant ainsi les possibilités de logements abordables.

Bien que des désaccords entre locataires puissent survenir, ils peuvent aussi former des liens étroits les uns avec les autres. La tendance actuelle perturbe ces communautés.

Shea Kiely, directrice générale de Housing Help

Nous voyons un sentiment de communauté dans les maisons de chambres. Je pense que parce que les gens partagent ces espaces communs, ils se rencontrent tous les jours, a ajouté Mme Kiely.

Incitations pour les locataires

Ce dont les propriétaires de logements ont besoin, selon le rapport, ce sont des mesures incitatives plutôt que des pénalités.

Shea Kiely regarde la caméra.

Shea Kiely, directrice générale de Housing Help, affirme que les clients de l'organisme ont de plus en plus de difficultés à trouver un logement.

Photo : Radio-Canada / Raisa Patel

Parmi les suggestions, mentionnons l'exonération des droits de permis, le renouvellement des permis tous les trois ans au lieu d'une fois par année, l'ajout d'incitatifs fiscaux fonciers et l'octroi de subventions de rénovation aux propriétaires.

Il n'y a pas assez de soutien individuel pour les locataires qui vivent dans des maisons de chambres.

Shea Kiely, directrice générale de Housing Help

Mme Kiely a qualifié ces recommandations de « bon départ », ajoutant qu'un soutien supplémentaire pour les locataires pourrait également profiter à leurs propriétaires.

Il n'y a pas assez de soutien individuel pour les locataires qui vivent dans des maisons de chambres, a déploré Mme Kiely. Avoir du personnel avec qui le propriétaire pourrait travailler pour régler les problèmes de santé mentale, les problèmes de toxicomanie, ce genre de choses.

Mme Kiely a ajouté qu'en fin de compte, il ne devrait pas incomber aux propriétaires de s'occuper de certains aspects du bien-être de leurs locataires parce que les propriétaires ne possèdent ni les qualifications appropriées ni le temps.

Il serait très utile d'avoir du personnel dans les immeubles ou quelqu'un sur appel pour travailler en tête-à-tête avec les locataires, recommande-t-elle.

Ottawa-Gatineau

Politique municipale