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L'absence du PC remarquée dans un autre forum électoral, sur la santé mentale et les drogues

Quatre personnes assises devant une grande table, avec des micros, dans une salle communautaire.

Laurissa Sims, du NPD, Dougald Lamont, du Parti libéral, et James Beddome, du Parti vert, ont participé à un forum organisé par St. Boniface Street Links et animé par Laura Nagy (à droite). Comme la veille, lors d'un forum sur la pauvreté, une figurine de poulet a été placée devant la chaise réservée au Parti progressiste-conservateur.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Camille Gris Roy

Les libéraux, les verts et les néo-démocrates ont souligné mercredi soir que la crise de la méthamphétamine qui sévit dans la province est une crise urgente de « santé publique ». Des représentants de ces trois partis ont participé à un forum électoral sur la santé mentale, les dépendances et la prévention du crime, et ont pointé du doigt l’absence des progressistes-conservateurs (PC), comme la veille, lors d’un débat sur la pauvreté.

Le chef du Parti libéral, Dougald Lamont, le chef du Parti vert, James Beddome, et la candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans Saint-Boniface, Laurissa Sims, étaient au forum organisé par St. Boniface Street Links (SBSL). Cet organisme à but non lucratif milite pour réduire l’itinérance et la pauvreté, et gère Morberg House, une maison de transition pour les hommes sans-abri qui souffrent de problèmes de toxicomanie et de santé mentale

Comme cela a été le cas mardi soir, lors d’un forum sur la pauvreté, une figurine de poulet a été posée à la place qui était réservée au PC.

Laura Nagy, présidente de SBSL et modératrice du débat, dit que l’organisme espérait entendre la voix de chacun des partis engagés dans ces élections.

Il y a eu des communications et plusieurs courriels envoyés, mais, malheureusement, nous n’avons pas eu de réponse [du PC]. Ils n’ont pas eu l’air de vouloir participer à cette discussion et nous trouvons cela très dommage.

Notre dossier sur les élections provinciales 2019 au Manitoba

Interrogé sur sa participation à des forums électoraux, mercredi, le chef du PC, Brian Pallister, a déclaré que le parti menait la discussion notamment par des assemblées publiques électroniques.

Selon le parti, environ 30 000 Manitobains ont participé à ces débats virtuels jusqu’ici. Nous sommes enthousiasmés par le niveau de participation du public [...] et nous allons ainsi continuer à débattre d’enjeux qui touchent les Manitobains, a affirmé M. Pallister.

Reconnecter les politiciens à la réalité

Le forum de mercredi a commencé par une présentation de plusieurs hommes, liés à SBSL, qui ont avoué avoir vécu des problèmes de dépendance et de santé mentale. L’organisme voulait ainsi démontrer concrètement que la crise frappe toutes les tranches démographiques, mais que la rémission est possible et que cela vaut l’investissement, a résumé la directrice, Marion Willis.

Nous voulions faire cette liaison avec SBSL, des résidents de Morberg House, des gens qui sont impliqués de façon directe et indirecte, explique Laura Nagy, qui est aussi avocate en droit criminel et pénal.

Souvent, on entend certains partis politiques avancer leur plateforme, mais ce qu’on veut vraiment voir, c’est comment ils s'adressent à la communauté pour savoir quels sont réellement ses besoins.

Laura Nagy

Il y a beaucoup de préjugés lorsque les gens entendent qu’une personne souffre de troubles mentaux ou de dépendances, poursuit-elle. Des gens vont dire : "C’est une personne qui a décidé de se tourner vers la drogue, qui refuse de l’aide ou qui se ramasse dans le système de justice criminel et pénal." Nous voulons éviter cette stigmatisation. Nous voulons essayer d’aller alentour et de faire réaliser que n’importe qui peut se retrouver avec ce genre de troubles et de défis à relever.

Les candidats ont répondu à une série de questions sur les drogues, les traitements disponibles et la sensibilisation.

Une personne portant des gants tient une quantité importante de cristaux orangés de méthamphétamine.

La méthamphétamine touche des gens de toutes les tranches d'âge et de tous les milieux, selon SBSL.

Photo : Reuters / Ralph Orlowski

Le chef libéral Dougald Lamont, a rappelé que son parti propose d’investir les revenus du cannabis dans des programmes de prévention contre les drogues.

Il a également souligné que l’offre de traitement et les coûts associés constituent des barrières. Il y a des familles qui prennent une deuxième ou une troisième hypothèque pour payer le traitement de leurs enfants, et parfois le traitement n’est même pas adéquat.

Laurissa Sims a rappelé que le NPD s’est engagé à enclencher un plan d'action dans les 100 jours après avoir été élu, avec l’ouverture d’un centre d’injection supervisée. Le parti propose aussi la création d’un ministère de la santé mentale et des dépendances.

James Beddome a indiqué que le Parti vert s’engage à consacrer 10 % du budget de la santé à la santé mentale. Il a également vanté le modèle de St. Boniface Street Links, qu’il faut reproduire, dit-il.

On se demande souvent comment on va payer pour tout ça, observe-t-il. Mais je pense qu’il faut voir les choses différemment et se demander ce que ça coûte d’avoir des gens qui ne se sentent pas en sécurité chez eux, de perdre les capacités de personnes instruites qui ont des problèmes de dépendance.

Centre d'injection supervisée : avis partagés

En ce qui concerne l'ouverture d’un centre d’injection supervisée, les visions ont différé. Dougald Lamont soutient que si cela peut fonctionner pour certaines drogues, il n’y a pas de preuves claires que ce soit efficace pour la méthamphétamine.

La méthamphétamine, ce n’est pas comme les opioïdes. C’est une drogue qui crée [un comportement] de repli, a noté pour sa part Marion Willis. Beaucoup de gens font des suppositions. Je suis d’accord qu’il faut un endroit central qui puisse accueillir les gens en psychose, mais ce n’est pas nécessairement un centre d’injection supervisée.

Laurissa Sims répond qu’un tel endroit permettrait l’accès à des travailleurs de première ligne, des conseillers et des ressources pour obtenir un traitement à long terme.

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