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Trump affirme qu’« aucun président » américain n'a autant aidé Israël que lui

Le président américain, vu de proche, s'adressant aux reporters dans les jardins de la Maison-Blanche.

DonaldTrump s'est présenté comme un grand allié politique d'Israël.

Photo : Reuters / Leah Millis

Radio-Canada

Au lendemain de commentaires controversés sur les juifs américains qui soutiennent les démocrates, le président Donald Trump a réitéré ses propos, se vantant d'avoir accompli de grandes choses pour l'État d'Israël.

Je suis responsable de choses formidables pour Israël, a répondu le président à un journaliste qui l'interrogeait sur ses propos concernant la déloyauté de certains électeurs juifs américains.

Il a donné en exemple la reconnaissance, par Washington, de Jérusalem comme capitale d'Israël et celle de la souveraineté israélienne sur la partie du Golan syrien annexée par Israël en 1981, le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem ainsi que sa façon de gérer le dossier iranien.

Aucun président [américain] n'est jamais passé près de faire ce que j'ai fait [pour Israël].

Donald Trump

La veille, il avait accusé les juifs votant démocrate de manquer de « connaissances » ou de « loyauté ».

Sans répondre à la question du journaliste, qui rappelait que le terme déloyauté rappelait un célèbre cliché antisémite, Donald Trump a persisté et signé, lors d'un long échange avec la presse dans les jardins de la Maison-Blanche.

Selon moi, si vous votez pour un démocrate, vous êtes déloyaux envers les juifs et très déloyaux envers Israël. Et seulement les personnes faibles diraient le contraire, a-t-il lancé. Les démocrates se sont vraiment éloignés d'Israël. Je ne peux pas comprendre comment ils peuvent faire ça, a-t-il ajouté, qualifiant de nouveau les représentantes démocrates Ilhan Omar et Rashida Tlaib d'antisémites et d'anti-Israël.

Les élues, toutes deux musulmanes, sont les cibles d'attaques fréquentes du président. La semaine dernière, Israël leur a interdit l'accès au pays après une demande en ce sens de Donald Trump.

En matinée, le président Trump s'était montré flatté qu’un commentateur radio conspirationniste l’eût qualifié de roi d’Israël, pour sa défense sans faille du pays.

Merci à Wayne Allyn Root pour ces mots très gentils. Le président Trump est le plus grand président pour les Juifs et pour Israël dans l'histoire du monde, pas seulement pour l'Amérique, il est le meilleur président pour Israël dans l'histoire du monde et le peuple juif en Israël l'aime comme s'il était le roi d'Israël. Ils l'aiment comme s'il était Dieu revenu sur Terre, a-t-il écrit sur Twitter, disant reprendre les éloges du commentateur.

Fait à noter, les juifs, contrairement aux chrétiens, ne croient pas que Dieu s'est incarné une première fois.

Le message de Trump a été raillé par de nombreux utilisateurs du réseau social sous le mot-clic #KingOfIsrael.

Pluie de critiques

Le président israélien, Reuven Rivlin, s'est inquiété lors d'un entretien téléphonique avec la présidente de la Chambre des représentantes, Nancy Pelosi, mercredi, de voir son pays mêlé aux débats politiques américains.

Nous devons absolument maintenir Israël au-dessus des disputes politiques et tout faire pour nous assurer que le soutien à Israël ne devienne pas une question politique, a-t-il déclaré, selon un communiqué.

L'initiative de l'entretien avec Mme Pelosi est née d'un souhait commun, ont indiqué ses services à l'AFP.

Les déclarations du président Trump faites mardi soir lui ont valu une volée de critiques de la part d’élus démocrates et d'associations de lutte contre l'antisémitisme. Selon ces dernières, ses propos rappellent le stéréotype sur la double allégeance supposée des juifs, qui ne seraient pas loyaux envers le pays où ils vivent.

Dans un communiqué publié mercredi, le Centre Simon-Wiesenthal, une ONG qui lutte contre le racisme et l'antisémitisme, a affirmé que les présidents des deux partis avaient été des alliés d'Israël.

Un soutien bipartisan est absolument essentiel au bien-être et à la sécurité futurs de l'État juif.

Extrait d'un communiqué du Centre Simon-Wiesenthal

Dire le contraire et ne pouvoir compter que sur un seul parti – particulièrement en ces temps turbulents de haine et d'antisémitisme accrus – affaiblit et divise la communauté juive la plus importante de la diaspora, ont déclaré le rabbin Marvin Hier, fondateur et président du Centre, et le rabbin Abraham Cooper, doyen associé du Centre.

Le président ne dit pas clairement envers qui les juifs seraient "déloyaux", mais les accusations de déloyauté sont utilisées depuis longtemps contre les juifs, avait pour sa part tweeté la veille Jonathan Greenblatt, président de la Ligue antidiffamation, puissante organisation de lutte contre l’antisémitisme.

Donald Trump n’a pas le droit de dire aux juifs américains ce qui est le mieux pour eux et d’exiger leur loyauté, avait estimé aussi Halie Soifer, directrice du Jewish Democratic Council for America.

Il n'est pas surprenant que les attaques racistes et malhonnêtes du président à l'endroit des femmes progressistes de couleur au Congrès se soient maintenant transformées en calomnies contre les juifs, avait pour sa part affirmé Logan Bayroff, du groupe libéral pro-israélien J Street. Il est dangereux et honteux que le président Trump attaque la majeure partie de la communauté américaine de religion juive comme n'étant pas intelligente et loyale.

Le sénateur Bernie Sanders, candidat à l'investiture démocrate, a pour sa part écrit sur Twitter : Je suis fier d'être juif et je n'ai aucun problème avec le fait de voter démocrate.

Un électorat à conquérir

Traditionnellement, les juifs sont plus enclins à voter pour les démocrates, une tendance confirmée par les sondages récents.

Selon un sondage fait pour Associated Press, 72 % des électeurs juifs ont soutenu les candidats démocrates lors des élections de mi-mandat de 2018. En outre, 74 % ont dit qu'ils désapprouvaient la façon dont Trump gérait sa présidence.

Un sondage du Pew Research Center réalisé en avril révélait que 42 % des Juifs américains estimaient que le président favorisait trop les Israéliens, 6 % pensaient qu'il favorisait trop les Palestiniens et 4  % qu'il trouvait un juste équilibre. Ironiquement, les juifs étaient plus nombreux que les chrétiens à dire que Trump favorisait trop les Israéliens. Seulement 26 % des chrétiens étaient d'accord avec cette affirmation.

Avec les informations de Agence France-Presse

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