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Il faut chasser le phoque pour sauver le saumon, plaident des groupes autochtones

Plan serré du chef Roy Jones, arborant un habit traditionnel autochtone.

Le chef de la Nation Haïda, Roy Jones, estime que le ministère des Pêches et des Océans du Canada a une compréhension insuffisante des besoins des communautés autochtones.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Geneviève Lasalle

Des membres des Premières Nations de la Colombie-Britannique lancent un véritable cri du coeur et demandent à Ottawa de les autoriser à exploiter et à vendre des produits dérivés de la chasse au phoque et à l’otarie. Ces mammifères marins sont en partie responsables, selon eux, de la « catastrophe » qu’est le déclin des populations de saumons de la côte ouest.

Plusieurs espèces de saumons sont en voie de disparition en Colombie-Britannique, selon les plus récentes évaluations du Comité sur la situation des espèces en péril du Canada, et leur disparition a des effets considérables sur les communautés qui dépendent de sa pêche.

Des saumons sockeye dans la rivière Adams, près du lac Shuswap, dans le sud de l'intérieur de la Colombie-Britannique.

Tom Sewid compare la situation du déclin du saumon en Colombie-Britannique à la disparition des grands troupeaux de buffles des plaines.

Photo : Radio-Canada / Briar Stewart

Tom Sewid, le directeur du groupe Pacific Balance Marine Management, croit que ce « désastre », à la fois naturel et provoqué par les humains, est l’équivalent, sinon pire, de la disparition historique des grands troupeaux de buffles des plaines.

Si nous perdons notre saumon, nous, Autochtones de la côte et de l'intérieur, perdons une grande partie de notre culture et de notre existence.

Tom Sewid, directeur, Pacific Balance Marine Management

La chasse aux phoques, une solution « nécessaire »

Plan serré d'un phoque commun étendu sur le sable.

Une plus grande gestion des phoques permettrait à la fois de générer des revenus et de freiner le déclin du saumon, selon le chef de la Nation Haïda, Roy Jones.

Photo : iStock

Pour le chef de la Nation Haïda, Roy Jones, l’autorisation de la vente commerciale de produits des phoques et des otaries permettrait d’une part de générer des revenus pour les communautés qui souffrent du déclin du saumon, tout en aidant à sauver des centaines et des milliers de saumons chaque semaine.

Si nous ne commençons pas à gérer les phoques et les otaries, nous aurons de graves problèmes.

Roy Jones, Chef de la Nation Haïda

Les faibles rendements de la pêche au saumon au cours de la dernière année ont engendré des pertes économiques qui mettent en péril les membres de leurs communautés. Certains pêcheurs vont perdre leur bateau, leur gagne-pain, et j’ai déjà entendu parler de gens qui vont perdre leur maison, ajoute Roy Jones.

« Un suicide politique »

Pêches et Océans Canada dit adopter une approche écosystémique pour s'assurer que les meilleures connaissances scientifiques soient considérées dans la gestion des écosystèmes aquatiques.

Tom Sweid et Roy Jones croient tous deux que le Ministère a une compréhension insuffisante des besoins de leurs communautés.

Le gouvernement nous bloque, nous ignore, agit comme une autruche [en mettant] la tête dans le sable. Il ne veut pas commettre de suicide politique.

Tom Sewid, directeur, Pacific Balance Marine Management

Le dilemme des épaulards

Un épaulard nage en compagnie de deux marsouins.

Bien que, ailleurs dans le monde, les épaulards se soient adaptés et mangent de la chair de marsouins, la population d'épaulards du sud de la Colombie-Britannique, dont fait partie celui de cette photo, ne semble pas s'intéresser à cette source de nourriture.

Photo : Radio-Canada / Ocean Wise/NOAA

Les phoques et les lions de mer constituent une source de nourriture importante pour les épaulards migrateurs, explique Leri Davies, porte-parole de Pêches et Océans Canada.

Or, la disparition du saumon chinook pourrait entraîner celle des épaulards « résidents du sud » vivant dans la mer des Salish, au large de la province, puisqu'ils s'en nourrissent presque exclusivement.

Avec des informations de Jon Hernandez

Colombie-Britannique et Yukon

Protection des espèces