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Les citoyens déçus par les assouplissements à la rénovation sur l’île d’Orléans

Une maison blanche avec un toit rouge à l'île d'Orléans.

Seulement certaines résidences sont admissibles aux assouplissements du Ministère.

Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron

Radio-Canada

Les assouplissements annoncés par le gouvernement du Québec pour la construction et la rénovation de résidences à valeur patrimoniale à l'île d'Orléans laissent plusieurs citoyens sur leur appétit.

Les nouvelles mesures sont entrées en vigueur dès leur annonce, jeudi matin. Certains propriétaires de l'île d'Orléans ont donc maintenant plus de liberté pour la construction et la rénovation de leur résidence.

Pour les propriétaires admissibles, il sera par exemple plus simple de remplacer une poignée de porte, un cadre de fenêtre ou encore une toiture.

La ministre Nathalie Roy croit qu’une plus grande souplesse dans l’application du Plan de conservation contribuera de manière positive à la résolution de cas litigieux, peut-on lire dans le communiqué.

Toutefois, les maisons à haute valeur patrimoniale, soit les bâtiments qui ont une cote A et B, ne sont pas admissibles à ces nouvelles mesures.

L'utilisation de bardeaux d'asphalte sera permise pour les maisons situées en dehors des secteurs de village et dont la toiture n'est pas déjà construite avec des matériaux traditionnels.

Trop peu, pour les citoyens

Le Regroupement des citoyens du site patrimonial de l'Île-d'Orléans salue l'ouverture du ministère de la Culture et le travail de la députée Émilie Foster.

Toutefois, ces mesures sont jugées nettement insuffisantes.

Je suis déçue. Pour ce qui est des toitures, il va y avoir une certaine discrimination, une certaine iniquité. Certains vont se réjouir parce qu'ils vont pouvoir faire les travaux. D'autres, pour qui les maisons sont dans les secteurs villageois, où une toiture en tôle peut coûter jusqu'à 100 000 $, le problème n'est pas réglé, affirme la représentante du Regroupement, Caroline Roberge.

Il faut se rendre à l’évidence que l’application du Plan de conservation de l’île d’Orléans ne recueillait pas l’acceptabilité souhaitée parmi les citoyens.

Nathalie Roy, ministre de la Culture

Les agriculteurs déçus

De son côté, l'Union des producteurs agricoles (UPA) de l'île d'Orléans se dit consternée par ce nouveau plan et reproche au gouvernement de négliger les demandes des agriculteurs.

« On demande aux producteurs d’adopter des meilleures pratiques environnementales, et quand vient le temps de déposer une demande au Programme Prime-Vert du MAPAQ, il faut attendre l’approbation du ministère de la Culture, qui va jusqu’à décider du choix des arbres à planter dans nos haies brise-vent, déplore son président, François Blouin.

Les nombreuses exigences du ministère de la Culture nuisent au travail des producteurs, selon M. Blouin, qui demande des solutions.

Des propriétaires étouffés

Au cours de l'année, des dizaines de propriétaires se sont vu refuser ou ont dû modifier leur projet de rénovation. D’autres ont reçu des amendes de 2000 $ en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Le Regroupement aurait aimé voir des mesures pour accélérer le processus d'autorisation des travaux et pour régler les problèmes du passé.

Tous ceux qui sont pris dans le processus d'autorisation, à court terme, il n'y a rien de réglé. Pour les problèmes du passé, tous ceux qui sont poursuivis, tant au civil qu'au pénal, il n'y a rien pour eux non plus. On ne crie pas victoire, soutient Caroline Roberge.

Même si un programme d'aide bonifié avait été mis en place, des propriétaires dénonçaient une dynamique difficile avec le Ministère.

Au début du mois d'août, un couple de résidents de Saint-François-de-l'Île-D'Orléans confiait d'ailleurs à Radio-Canada vivre un « cauchemar » en raison de l'attitude du ministère de la Culture et des Communications (MCC).

Le Ministère a notamment intenté un recours devant les tribunaux pour que les propriétaires retranchent près d'un mètre à la hauteur de leur maison, dont la construction est terminée.

Une maison de Saint-François-de-l'île-D'Orléans.

La maison de Lorraine Vaillancourt est trop haute au goût du ministère de la Culture et des Communications, qui exige qu'on lui retranche près d'un mètre.

Photo : Radio-Canada

Pour répondre au mécontentement des citoyens, le Ministère annonce également « la formation d'une table de concertation animée par un médiateur neutre et indépendant qui réunira toutes les parties prenantes du site patrimonial de l’Île-d’Orléans ». Québec affirme avoir déjà usé d'une telle mesure pour d'autres sites patrimoniaux déclarés, comme le mont Royal et le Vieux-Québec.

Les citoyens veulent s'assurer qu'ils y auront une place.

Avec les informations de David Rémillard

Québec

Politique provinciale