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Le présumé proxénète Denis Désiré contredit la plaignante

Un homme de face et un homme à côté de lui de dos.

Denis Désiré a nié les accusations portées à son endroit par la plaignante.

Photo : Radio-Canada

Geneviève Garon

L'ancien responsable de la sécurité à l'École secondaire Calixa-Lavallée, à Montréal-Nord, assure qu'il ne connaît rien à la prostitution et réfute la version des faits de la plaignante à son procès pour proxénétisme. L'homme de 45 ans a témoigné pour sa défense mercredi au palais de justice de Montréal.

Même si trois de ses ex-conjointes étaient des danseuses nues, Denis Désiré soutient qu'il ne connaît rien à la prostitution ni aux « bars à gaffe ». S'il ne voit « rien de mal » à la danse érotique, sa vision de la prostitution est sans appel.

Jamais il n'aurait été en couple avec la plaignante, sachant qu'elle faisait plus qu'offrir des danses. « Si j'avais su qu'elle était une prostituée, elle ne serait jamais entrée chez nous. Elle n'aurait jamais rencontré mes amis, ils auraient ri de moi. »

Vêtu de noir de la tête aux pieds, Denis Désiré a témoigné calmement toute la journée mercredi devant le juge Pierre Labelle de la Cour du Québec.

Il a contredit le témoignage de la plaignante âgée de 23 ans, qui soutient avoir été en couple avec l'accusé pendant des années au cours desquelles il l'a forcée à se prostituer et à lui remettre ses gains, sans quoi il la battait.

Il voulait l'aider

Denis Désiré a plutôt raconté l'avoir fréquentée pendant quelques mois, à l'été 2017, puis l'avoir quittée. Sachant qu'elle était dans une situation précaire et qu'elle n'aurait bientôt plus de toit, il serait ensuite demeuré dans sa vie, afin de l'aider à se trouver un appartement.

« Je suis intervenant et je sais c'est quoi quelqu'un qui a besoin d'aide », a-t-il expliqué en contre-interrogatoire.

Vers la fin 2017, il aurait signé le bail d'un appartement à Pointe-aux-Trembles pour elle, payé deux mois de loyer et acheté des meubles. C'est ce qui explique, selon lui, qu'elle aurait déposé des milliers de dollars dans son compte.

À cela se seraient ajoutées différentes dettes, puisqu'elle aurait égratigné sa voiture, brisé sa télévision, perdu un de ses bijoux et emprunté de l'argent à diverses occasions.

Des messages textes incriminants?

La Couronne a déposé en preuve des messages textes échangés entre la plaignante et l'accusé entre 2017 et 2018. À plusieurs reprises, Denis Désiré l'insulte, la pousse à aller travailler et à lui envoyer de l'argent. « Bouke toi pour des doubles estii auj et demain », écrit-il le 18 décembre 2017. « Ti saloppe fais l'argent que je finis ds l'arranger et ferme ta gueule c tout. »

Denis Désiré reconnaît que les échanges étaient tendus, mais affirme qu'il était simplement excédé de devoir attendre l'argent du loyer. « J'avais promis à sa mère que j'allais l'aider... », a-t-il expliqué.

Selon la Couronne, seulement à l'automne 2017, la plaignante a déposé au moins 8850 $ dans le compte de l'accusé.

Arrêté en mars 2018, Denis Désiré fait face à 11 chefs d'accusation, dont proxénétisme, extorsion, menaces et voies de fait. En plus de son poste dans une école secondaire, il a travaillé dans des organismes qui œuvrent auprès de jeunes vulnérables à Montréal-Nord et fait de l'entretien dans des garderies.

Son contre-interrogatoire se poursuit vendredi.

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