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Les délais d’attente ont doublé à la DPJ de la Côte-Nord

Un enfant derrière une fenêtre givrée pose sa main contre la vitre en regardant au sol.

Les délais moyens d'attente pour l'évaluation sont de 41 jours, alors que la cible de la DPJ est de seulement 12 jours.

Photo : iStock

Djavan Habel-Thurton

Les délais d'attente pour l'évaluation d'un dossier à la DPJ de la Côte-Nord ont presque doublé depuis le début de l'été.

Ils sont passés de 21 jours au début du mois de mai à 41 jours actuellement.

Une augmentation du nombre de signalements et un manque de personnel expliquent ces nouveaux délais, selon Marlene Gallagher, la directrice de la DPJ sur la Côte-Nord, pour qui la situation est inconfortable.

À la période du 20 juillet, on avait une augmentation des signalements de 15 % en Côte-Nord, et on avait une augmentation de 19 % de situations où il fallait aller voir l'enfant, où il fallait évaluer [sa situation]. [C’est] combiné avec des plans de postes dépourvus. Donc, si on [doit avoir] 10 intervenants à l'évaluation, on a eu des périodes avec seulement 5 ou 6 intervenants, précise-t-elle.

Ce qui est attendu de nous par les standards du ministère, c’est qu’on puisse faire ça en 12 jours, et présentement sur la Côte-Nord, on est à 41 jours.

Marlene Gallagher, directrice de la DPJ sur la Côte-Nord
Marlene Gallagher, directrice de la Protection de la jeunesse et directrice provinciale pour la région de la Côte-Nord

Marlene Gallagher, directrice de la Protection de la jeunesse et directrice provinciale pour la région de la Côte-Nord

Photo : Radio-Canada

L’évaluation est la troisième étape dans le processus de traitement d’un dossier à la DPJ. Elle succède à la réception et au traitement d’un signalement, puis à la décision de retenir ou non le signalement.

En tout, 1400 signalements ont été traités par la DPJ de la Côte-Nord depuis le 1er avril dernier

De ceux-ci, 427, ou environ 30 %, ont été retenus.

Actuellement, 144 enfants sont en attente de l'évaluation de leur dossier dans la région.

Évaluer plus globalement la situation de l’enfant, ça veut dire aller rencontrer l’enfant, aller voir sa famille, son entourage, tous les milieux de vie de l’enfant pour voir s’il est en danger, si sa situation est compromise.

Marlene Gallagher, directrice de la DPJ sur la Côte-Nord

Les 41 jours d’attentes représentent la durée entre le moment où un signalement est retenu et la première rencontre avec l’enfant concerné.

Des situations moins urgentes

Ce sont pour des situations qu’on juge moins urgentes, explique Mme Gallagher, se voulant rassurante.

Parce que toute situation d’enfant qui demande à ce qu’on rencontre l’enfant dans les heures ou même les minutes qui suivent, toutes ces situations sont gérées tel que convenu, dans l’heure ou la journée, poursuit-elle.

La directrice explique que des mesures de suivi ont également été mises en place pour les enfants en liste d’attente.

Elle espère que son équipe pourra atteindre la fin de la liste d’attente à la fin de l’automne ou au début de l’hiver.

Encore pire pour les Autochtones

La situation est particulièrement difficile dans les communautés autochtones. L'attente d’une évaluation est en moyenne de 46 jours.

Selon Mme Gallagher, la différence avec le reste de la population est expliquée par la répartition géographique de la population.

Par exemple, dans l’ouest du territoire, Baie-Comeau, la Haute-Côte-Nord, relate-t-elle, on a eu moins de difficulté au niveau de la main-d’œuvre dans la dernière année, donc on était capables de répondre dans de meilleurs délais.

La situation est plus difficile à l’est, où se trouve la majorité des communautés innues et où les grandes distances et le manque de personnel sont des freins à un service rapide.

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