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Maladie des mains blanches : retour à la case départ pour des travailleurs de Westwood

Un homme pose les mains sur les hanches, sérieux, au centre-ville de Rouyn-Noranda.

Claude Boucher est maintenant à la retraite. Il est prêt à revivre le combat qu'il a mené ces dernières années.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Piel Côté

La mine Westwood remporte une victoire en Cour supérieure du Québec contre le Tribunal administratif du Travail (TAT) et deux anciens employés souffrant du syndrome vibratoire de Raynaud, aussi appelé maladie des mains blanches.

Le 21 mars 2017, le TAT statuait que Claude Boucher et Yvan Aumond souffraient du syndrome vibratoire de Raynaud. La Cour Supérieure du Québec a cependant invalidé ce jugement.

Alors que l'entreprise Iamgold demeurait sur deux revers consécutifs au TAT, une demande de pourvoi en contrôle judiciaire a été acceptée par la Cour supérieure du Québec.

Dans sa demande, Iamgold contestait notamment l'admissibilité en preuve du Dr Dupras, le médecin traitant de MM. Aumond et Boucher. L'entreprise contestait aussi l'admissibilité en preuve du rapport ergonomique de Martin Gober et d'Ève Laperrière. Après analyse, la juge Isabelle Breton déclarait dans son jugement que le TAT a rendu une décision « inintelligible et déraisonnable ».

Elle a donc obligé les deux parties à retourner, une troisième fois, en première instance, au TAT. Un processus long pour les travailleurs.

Un long combat

En 2010, le travailleur Claude Boucher ressent de premiers signes d'intolérance au froid et aux vibrations. Dans le cas du travailleur Yvan Aumond, il fait part de ses problèmes d'engourdissement une première fois en 2013.

Les deux déposent une réclamation à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) visant à faire reconnaître le syndrome de Raynaud en tant que maladie professionnelle. Dans les deux cas, la réclamation sera refusée.

C'est à ce moment qu'intervient le Tribunal administratif du Travail, qui confirme à deux reprises, en 2017 et 2018, que le syndrome de Raynaud est bel et bien une maladie professionnelle.

Nous savons aujourd'hui que l'employeur contestera cette décision devant la Cour supérieure du Québec, en invoquant que le TAT a fait des erreurs sur les preuves admissibles.

C'est dur à vivre un peu, moins pire pour moi parce que je suis à la retraite depuis le mois de mars, mais ça reste que c'est plate pour nous autres quand même d'être obligé de se battre, raconte Claude Boucher.

Même s'il est serein dans ce processus judiciaire qui semble, encore aujourd'hui, loin d'être terminé, il se dit déçu de voir son ancienne entreprise se battre contre la maladie qu'il a contractée.

C'est une maladie, on ne pogne pas ça sur le coin de la table.

Claude Boucher, atteint du syndrome vibratoire de Raynaud

Dans le jugement, on comprend qu'Iamgold fait valoir qu'elle ne conteste pas le diagnostic de la maladie en tant que tel, mais bien qu'elle soit de source professionnelle.

Une maladie qui ne se guérit pas

Les gens atteints notent souvent une sensibilité dans l'extrémité des membres lorsqu'il y a des changements de température.

Selon la Dre Alice Turcot, spécialiste en médecine du travail, il n'existe pas de remède pour se débarrasser de cette maladie.

La solution réside essentiellement dans la prévention primaire. Il faut réduire à la source les vibrations, soit par l'achat d'outils moins vibrants, confirme-t-elle.

Pour l'instant, il n'existe aucun traitement connu. Tout ce que l'on peut faire pour soulager les symptômes des travailleurs est une médication qui permet de dilater les vaisseaux sanguins, mais il y a beaucoup d'effets secondaires et les travailleurs tolèrent mal la médication, ajoute Dre Turcot.

Abitibi–Témiscamingue

Justice