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L’Acadie, nouvelle terre de missionnaires

Une statue religieuse dans le parc de l'évêché.

Il est difficile de recruter de nouveaux prêtres acadiens.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Alix Villeneuve

Il y a peu de relève chez les prêtres. Les communautés francophones en Atlantique ressentent particulièrement ce « manque de vocation ». C’est pourquoi le diocèse de Bathurst entreprend d’enseigner la langue de Molière à de nouveaux prêtres anglophones.

On espère faire notre petite part de solidarité avec les communautés acadiennes, lance l’évêque du diocèse de Bathurst, Monseigneur Daniel Jodoin.

Il veut éviter que les messes se donnent en anglais dans les communautés acadiennes isolées de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, où les diocèses sont anglophones.

Un lampion dans une église.

Au Canada, la flamme pour le travail de prêtre s'amenuise. Les diocèses doivent aller chercher de nouveaux prêtres ailleurs.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Plusieurs cérémonies religieuses méritent d’être vécues dans leur propre langue, même en milieu francophone minoritaire, assure-t-il. On veut être proche du prêtre qui nous comprend, dans notre langue.

Laissez à l’abandon ces communautés-là, ça serait criminel. Alors il faut faire quelque chose.

Mgr Daniel Jodoin, évêque de Bathurst

Mais pour ça, il faut trouver de nouveaux prêtres prêts à se rendre dans ces communautés. Et dans ce métier, la relève acadienne se fait rare.

Daniel Jodoin consulte un petit bouquin.

Dans sa bibliothèque, le diocèse conserve plusieurs livres datant d'une autre époque.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

De retour au temps des missionnaires

Derrière lui se dresse la bibliothèque privée du diocèse. On y retrouve des ouvrages religieux datant du temps de la colonisation de l’Amérique. Certains remontent aussi loin que le 17e siècle.

Parmi ces livres d’un autre temps, Daniel Jodoin en sort un. Il s’agit d’un petit bouquin en langue micmaque. Un catéchisme micmac, fait par les missionnaires de l’époque. [...] C’est vraiment extraordinaire!

Et pourtant, plus de 400 ans plus tard, l’Église doit faire appel à de nouveaux missionnaires en Amérique. Mais cette fois, ils proviennent de l’Afrique. Et au lieu d'avoir à connaître les premières nations, c’est aux Acadiens qu’ils doivent s’adresser.

Un gros plan du petit livre.

Dans la collection, il y a un exemplaire d'un catéchisme en langue micmaque.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le diocèse fait donc équipe avec une communauté religieuse du Nigeria : la congrégation des fils de Marie, mère de la miséricorde. Chaque année, deux jeunes prêtres seront envoyés en apprentissage au Nouveau-Brunswick.

C’est la seule solution. [...] Vu qu’il n’y a pas de vocation, que nos prêtres sont âgés et qu’ils prennent leurs retraites, les communautés sont sans pasteur.

Et pour les aider à mieux connaître les gens d’ici, le diocèse a décidé d’envoyer les nouveaux curés apprendre dans les régions acadiennes.

Daniel Jodoin discute avec les jeunes prêtres sur le terrain de l'évêché.

Cinq prêtres africains sont affectés dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

L’intégration

Anthony Onwubuariri est le nouveau curé de Lamèque, dans la Péninsule acadienne. Cela fait près d’un an qu’il habite cette région beaucoup plus froide que son pays d’origine. Il ne devait pas seulement s'adapter à la météo, car à son arrivée, il ne parlait pas le français.

Mais astheure c’est moins difficile, lance-t-il. Il ajoute en souriant qu’il peut maintenant dire “astheure. D'ailleurs, c'est lui maintenant qui donne la messe dans la paroisse. Il pourrait bien y rester un bout de temps.

Grâce au fait que j’habite une région française, les gens parlent français à Lamèque. Je n’ai pas le choix.

Anthony Onwubuariri, prêtre de Lamèque
Une photo en gros plan du jeune prêtre.

Anthony Onwubuariri est maintenant le curé de Lamèque depuis le départ de l'ancien prêtre.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

C’est l’objectif de cette immersion. Le diocèse a tenté la même expérience dans d’autres communautés, comme à Petit-Rocher. La trop grande gentillesse de la communauté a toutefois fait ralentir l'apprentissage, explique l’évêque Jodoin.

Si les gens voient qu’on ne sait pas trop [le français], ils vont s’adresser à nous en anglais. Et bien, ce n’est pas comme ça qu’on va apprendre le français.

C’est pourquoi la Péninsule acadienne a été choisie comme nouveau terrain d’apprentissage des deux prochains prêtres qui pourront ensuite être affectés ailleurs en Atlantique.

Du Nigeria à Shippagan

Le père Godwin Obike vient tout juste d’arriver au Nouveau-Brunswick. Il ne parle pas encore le français. Avec un autre collègue dans la même situation, ils viennent de s'installer à Inkerman et Shippagan.

Godwin Obike et Peter Aloo regardent quelqu'un hors champ sur le terrain de l'évêché.

Godwin Obike et Peter Aloo viennent tout juste d'arriver dans la région. Une fois habitués au français ils seront affectés ailleurs en Atlantique.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

S’il partage la foi catholique, c’est en partie à cause de missionnaires comme lui. Ils ont apporté le christianisme à plusieurs endroits en Afrique.

Désormais, c’est le retour du balancier. Maintenant qu’il y a moins de vocations, nous avons de [nouveaux] prêtres qui sont prêts à travailler. C’est la façon dont Dieu fonctionne, il s’assure de toujours avoir des prêtres.

Quand lui et son collègue seront prêts, un nouveau voyage les attendra, explique Mgr Jodoin. On va les envoyer dans des communautés acadiennes, dans les diocèses anglophones.

Le groupe discute dans le parc de l'évêché.

Les nouveaux prêtres ont été formés pour partir en mission.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Nouveau-Brunswick

Croyances et religions