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Travaux à l’aéroport de Fond-du-Lac : « La province nous a abandonnés »

Un avion de WestWind Aviation.

Un appareil de la compagnie aérienne West Wind Aviation s'est écrasé peu de temps après le décollage à l'aéroport de Fond-du-Lac, dans le nord de la Saskatchewan, en décembre 2017.

Photo : WestWind Aviation

Radio-Canada

Le chef de la Première Nation Denesuline de Fond-du-Lac, Louie Mercredi, déplore le manque d’engagement du gouvernement provincial afin de sécuriser la piste d’atterrissage de l’aéroport de Fond-du-Lac, une petite communauté dans le nord de la Saskatchewan.

Il estime que la province a abandonné les membres de la communauté de Fond-du-Lac après avoir entamé des études d’ingénierie, en mai 2018.

Cette mesure avait été prise quelques mois après qu’un avion de la compagnie aérienne West Wind Aviation se fut écrasé près de l’aéroport, faisant un mort et neuf blessés graves.

Situation préoccupante

La province nous a donné sa parole et s’est engagée à faire tout en son possible pour que les travaux soient réalisés, mais notre projet ne semble plus être une priorité, s'indigne Louie Mercredi.

La situation est d’autant plus préoccupante, selon lui, que la Saskatchewan a décidé de ne pas inscrire le projet de l’aéroport dans la liste des projets d’infrastructures pour lesquels elle espère obtenir du financement de la part d’Ottawa.

L’agrandissement de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Moose Jaw figure sur cette liste de 27 projets d’infrastructures.

Le transport aérien est indispensable à Fond-du-Lac

La ville de Moose Jaw n’a pas besoin d’une nouvelle piste. Nous sommes la communauté la plus éloignée de la province et le transport aérien représente 90 % de nos déplacements, explique Louie Mercredi.

De son côté, le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan, Bobby Cameron, est lui aussi d’avis que la province n’en fait pas assez pour assurer la sécurité des membres de la communauté de Fond-du-Lac.

La vie des habitants devrait être la priorité du gouvernement. Cette piste est absolument nécessaire pour la communauté pour empêcher d’éventuelles tragédies, indique-t-il.

Le gouvernement provincial se défend

De son côté, la ministre déléguée aux Affaires des Premières Nations, des Métis et du Nord, Lori Carr, renvoie la balle à la communauté de Fond-du-Lac.

Elle affirme que la communauté n’a pas envoyé de formulaire de demande de financement dûment rempli pour l’aéroport dans le cadre du volet rural et nordique du Programme d'infrastructure Investir dans le Canada (PIIC), comme le demandait la province en juin.

Lori Carr assure que cette communauté pourra présenter une demande à la prochaine phase de sélection des projets du PIIC.

La Première Nation Denesuline de Fond-du-Lac, comme d’autres [communautés] qui sont admissibles, sera invitée à participer à la phase de soumission des demandes pour le PIIC, prévue pour la fin de 2019 , déclare-t-elle, dans un communiqué.

Depuis l’accident survenu à l’aéroport de Fond-du-Lac le 13 décembre 2017, la communauté éloignée a multiplié les demandes auprès du gouvernement provincial afin qu'il agisse pour sécuriser la piste d’atterrissage.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) avait aussi formulé, en décembre 2018, deux recommandations à l'endroit de Transports Canada en vue de sécuriser l’aéroport.

Le BST avait ainsi proposé de fournir de l’équipement adéquat à l’aéroport de Fond-du-Lac, en plus de signaler les lieux où l’équipement de dégivrage et d'antigivrage était inadéquat.

Pour sa part, Ottawa a annoncé en février dernier, un investissement de 12 millions de dollars pour réaliser des travaux à l’aéroport de Fond-du-Lac.

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