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Des aménageurs de sentiers de randonnée bénévoles dans la mire des autorités

Deux hommes avec des outils de jardinage en plein milieu d'une forêt.

Sam Waddington (à gauche) et Graham Houlker (à droite) travaillent sur un tronçon de sentier dans une forêt de Chilliwack.

Photo : Radio-Canada / Rafferty Baker/CBC

Radio-Canada

À Chilliwack, en Colombie-Britannique, des affiches avertissent les constructeurs bénévoles de sentiers que leur activité est interdite dans les forêts de la Couronne.

Munis de pioches et de houes, Sam Waddington et Graham Houlker aplatissent un tronçon de piste dans le parc Lexw Qwo:m, à Chilliwack, dans la vallée du Fraser, à environ une heure de route à l'est de Vancouver. Les deux hommes sont des bénévoles de la Chilliwack Parks Society, un organisme à but non lucratif.

Avec leurs outils, ils améliorent un sentier de randonnée et de vélo de montagne sur une pente raide à travers une forêt riche et verdoyante. Les fougères, les aralies épineuses et le salal peuplent l’endroit entre d'énormes troncs de cèdre et de pruche.

Cependant, malgré leur bonne volonté, ces traceurs de sentiers bénévoles ne peuvent plus toucher aux terres de la Couronne. La province a ordonné à la société des parcs de Chilliwack de cesser tout travail sur ses terres.

Un avertissement posé sur un arbre.

La province avertit les bâtisseurs de sentiers non autorisés qu'il est interdit de construire, de rénover et d'entretenir les sentiers sur les terres de la Couronne.

Photo : Radio-Canada / Rafferty Baker/CBC

J’étais assez choqué. Je n’ai travaillé sur [aucun sentier de randonnée] depuis des semaines. Cela me contrarie.

Graham Houlker, constructeur bénévole de sentiers

Des retards importants

L'ordre de ne plus travailler sans autorisation dans le parc Lexw Qwo:m s'inscrit dans une tendance plus large, selon Sam Waddington, propriétaire d’un magasin d’équipement de plein air et ancien conseiller municipal de Chilliwack. Il précise que la province a renforcé la loi entourant les sentiers non autorisés dans la région.

Un processus d'autorisation est en place, mais avec des retards importants, explique Sam Waddington, notant que les travaux nécessaires pour certaines des pistes où de nouveaux panneaux d'avertissement de la province ont été placardés attendaient d'être approuvés depuis plusieurs années.

L’ancien fonctionnaire de Chilliwack a récemment reçu la visite d'un agent du ministère des Forêts, des Terres et des Ressources naturelles chargé de l'application de la loi dans son magasin d’équipement. On lui a dit de cesser de travailler sur un sentier situé près du lac Cultus, qui se trouve sur des terres de la Couronne.

Deux hommes avec des outils en main travaillent la terre.

Des bénévoles aménagent un sentier dans un parc de Chilliwack.

Photo : Radio-Canada / Rafferty Baker/CBC

Des caméras de surveillance ont été installées dans la forêt pour capturer [des images de] certains d'entre nous qui étaient là-bas.

Sam Waddington, constructeur bénévole de sentiers

Des ressources insuffisantes pour traiter les demandes

Le personnel du Ministère a refusé les demandes d'entrevue de CBC/Radio-Canada, préférant plutôt envoyer une déclaration écrite.

« Pour le moment, le district de loisirs de Chilliwack reçoit plus de demandes [pour établir de nouveaux] sentiers que son personnel ne peut en examiner », y affirme-t-on.

Ceux qui demandent la permission de construire un nouveau sentier doivent prévoir une attente d'environs un an avant de recevoir une réponse, souligne le Ministère, ajoutant que les demandes plus complexes, dans lesquelles il y a plusieurs parties prenantes, peuvent prendre encore plus de temps.

Dans sa déclaration, le Ministère n'explique toutefois pas l'intensification de la répression des dernières semaines dans la vallée du Fraser et se limite à écrire qu'elle pourrait être « liée à l'augmentation de l'intérêt pour les loisirs dans la région ».

Sam Waddington précise que les amendes pour violation de la loi sur les pratiques forestières et relatives aux sentiers (Forest and Range Practices Act) peuvent s’élever jusqu'à 10 000 $. La peine maximale de prison est de six mois.

Je pense que l'une des grandes tragédies qui se passent ici est que les bénévoles se sentent comme des criminels.

Sam Waddington, constructeur bénévole de sentiers

Il se désole de la réaction du gouvernement et croit que « cela doit changer ».

Avec les informations de Rafferty Baker

Colombie-Britannique et Yukon

Engagement communautaire