•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trudeau vante son bilan en politique étrangère

Le reportage de Sylvain Desjardins

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Dans une allocution à saveur plutôt électoraliste qu'il a prononcée mercredi à Montréal, Justin Trudeau s’est félicité du rôle qu'a joué le Canada sur la scène internationale au cours des quatre dernières années. Le premier ministre a dépeint sa vision d'un avenir prometteur sous un gouvernement libéral et a mis la population en garde contre les tactiques de « division » des conservateurs.

Un texte de Raphaëlle Drouin

À la veille des élections du 21 octobre, M. Trudeau a souligné devant les membres du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) que les Canadiens auront un choix important à faire.

Selon lui, c’est avec l'approche libérale que le Canada réussira le mieux à faire face aux obstacles dans un monde de plus en plus imprévisible.

Il faut continuer de travailler ensemble pour que les relations internationales et le commerce soient régis par des règles et des principes. Et il ne faut jamais oublier que la paix et la prospérité sont à portée de main lorsque les gouvernements écoutent et servent leurs concitoyens.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Justin Trudeau a estimé que les citoyens du monde doutent de plus en plus de la capacité de leurs gouvernements et de leurs institutions, alors que certains pays se tournent vers le populisme et le nationalisme, blâmant les étrangers pour leurs propres problèmes.

Ceci a un impact direct sur le monde d'aujourd'hui, a-t-il affirmé. Le protectionnisme est à la hausse, et le commerce est devenu une arme.

Notre dossier Élections Canada 2019

Charge contre les conservateurs

Le chef libéral a d'ailleurs estimé que le retour d'un gouvernement conservateur entraînerait un repli du Canada sur lui-même. Il a reproché à Andrew Scheer et à sa formation de miser sur la division.

Leur approche en matière de politique étrangère laisserait le Canada affaibli sur le plan mondial. Ce serait un retour à l’époque Harper, à un Canada qui en fait moins, et qui importe moins.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Selon M. Trudeau, Andrew Scheer a montré à maintes reprises qu'une politique étrangère basée sur les idéologies conservatrices ne serait pas dans l'intérêt des Canadiens.

Il a donné comme exemple les négociations du nouvel ALENA, durant lesquelles le Parti conservateur insistait pour que le Canada capitule. Les députés conservateurs avaient vivement critiqué les priorités canadiennes, comme notre désir d’établir de meilleures normes pour les travailleurs et veiller à la protection de l’environnement, a-t-il soutenu.

Le premier ministre a également rappelé les discussions sur l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne (UE), alors que des membres de l'opposition ont décidé d'envoyer des lettres aux législateurs français en leur demandant de voter contre le texte.

Le premier ministre a aussi souligné l’importance de la question climatique pour son parti, insistant sur le fait que l’aveuglement volontaire des conservateurs dans ce domaine avait contribué au déclin du statut et de l’influence du Canada sur la scène internationale.

M. Trudeau a tiré à boulets rouges sur la formation qui forme l'opposition officielle : Les politiciens conservateurs envisagent un monde où ils nient un soutien essentiel aux femmes vulnérables et marginalisées en refusant de financer la santé et les droits sexuels et reproductifs, un monde où des doutes face à la coopération internationale poussent le Canada à se retirer des institutions multilatérales comme les Nations unies.

[Un monde] où le Canada refuse de participer, [...] flirte avec les forces du populisme, attise la peur et diffuse de la désinformation.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

En mai dernier, Andrew Scheer faisait lui aussi un arrêt devant le Conseil des relations internationales de Montréal pour présenter le plan du Parti conservateur en matière de politique étrangère.

Lors de son allocution, le chef de l’opposition en avait profité lui aussi pour lancer quelques flèches au premier ministre en place.

Andrew Scheer avait entre autres affirmé que la politique étrangère de Justin Trudeau était une politique de style au détriment de la substance, estimant que le premier ministre du Canada s’était souvent montré faible devant ses homologues à l’international.

Justin Trudeau a d'autre part ponctué son discours de louanges à l'endroit de quelques-uns des poids lourds de son équipe.

La brillante et tenace ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, en particulier, a reçu des félicitations pour le travail qu'elle a réalisé dans le cadre des négociations du nouvel ALENA, l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACUEM), tandis que le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, a été remercié pour son implication dans la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les bons coups de la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Maryam Monsef, la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, et le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, ont aussi été relevés.

Justin Trudeau compte défendre ses idées à nouveau lors du prochain G7, qui a lieu cette fin de semaine à Biarritz, en France.

Jeudi, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et lui doivent aussi discuter avec le secrétaire d'État américain Mike Pompeo. Il sera question entre autres des tensions entre Ottawa et Pékin.

Politique fédérale

Politique