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La Biennale Bonavista attire les amateurs d'art et l'activité économique en région rurale

L'événement attire l'attention et donne un coup de fouet à l’économie rurale.

Un bâtiment à l'Établissement Ryan.

La Biennale Bonavista transforme de vieux bâtiments, comme cette structure à l'Établissement-Ryan, à Bonavista, en galerie d'art.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Patrick Butler

Un festival d’art contemporain à Terre-Neuve attire l'attention des amateurs d’art aguerris et des touristes curieux. Pendant un mois, des oeuvres expérimentales parsèment le paysage pittoresque de la péninsule de Bonavista et donnent à l'économie un coup de pouce dont la région avait bien besoin.

Depuis une semaine, un iceberg flotte au milieu d’un étang à Champney’s Cove. Une murale multicolore, inspirée des pièces d’art béothuk et micmaque, illumine le panorama de Bonavista. Une maison construite en tubes d’aluminium est nichée entre les domiciles d’Upper Amherst Cove.

La murale à Bonavista.

La murale de Pi'tawe'k de Jordan Bennett, à Bonavista, s'inspire des cultures micmacque et béothuk.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Pour visiter toutes les 22 oeuvres exposées pour la deuxième édition de la Biennale Bonavista, il faut voyager plus de 100 km et faire le tour de la péninsule. Un défi unique et indissociable de l’expérience, relate Catherine Beaudette, l’organisatrice et l’une des trois commissaires de l’événement.

Les oeuvres ne se trouvent pas dans un espace blanc, comme dans une galerie. C’est complètement différent. [...] L’expérience est intégrée avec le lieu, la nature, les gens.

Catherine Beaudette, organisatrice, Biennale Bonavista
Une sculpture d'une maison construite avec des tubes carrées d'aluminium.

La sculpture de l'artiste Robert Hengeveld, passing where to, qui est exposée à Upper Amherst Cove.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Catherine Beaudette, artiste et commissaire basée à Toronto, a découvert la beauté de la péninsule de Bonavista dans les années 1990.

Après le moratoire de la pêche à la morue en 1992, les emplois se sont évaporés, rappelle-t-elle. Les communautés commençaient à se vider.

Portrait de Catherine Beaudette.

Catherine Beaudette, organisatrice de la Biennale Bonavista

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Un jour je me suis dit, “C’est une crise.” Il fallait faire quelque chose, explique-t-elle. Pourquoi ne pas utiliser une vieille maison comme une galerie? Ça allait attirer les artistes, les touristes, les amateurs d’art, pour stimuler l’économie parce qu’il n’y avait pas d’emploi.

En 2012, Catherine Beaudette fonde la galerie 2 Rooms dans une vieille maison à Duntara, à 45 minutes de Bonavista. Cinq ans plus tard, elle mise sur le succès du musée pour lancer la biennale.

La galerie 2 Rooms

La galerie 2 Rooms, à Duntara

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Certains résidents de la péninsule étaient sceptiques face à son projet, remarque-t-elle. Une biennale d’art contemporain semblait une entreprise risquée pour les communes typiquement tranquilles de la région.

Mais le festival s’est avéré un énorme succès. Les expositions de sculpture, de peinture et de vidéo ont attiré l'intérêt des touristes et des médias de partout dans le monde, selon Catherine Beaudette.

Le port de Bonavista.

Le port de Bonavista

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Ça ajoute énormément de vitalité à la région

Pour le maire de Bonavista, John Norman, le festival représente un stimulant économique important dont la région avait besoin et qui s’ajoute à une liste d’événements culturels en puissance dans la région.

Imaginez que vous étiez ici pendant les années 90, après l'annonce de la moratoire sur la pêche à la morue, quand tellement beaucoup de personnes ont dû déménager et quand tellement beaucoup de bâtiments et d’entreprises sont fermés, indique John Norman.

Portrait de John Norman.

John Norman, maire de Bonavista

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Quand je grandissais à Bonavista, je n’aurais jamais osé imaginer ce genre d’événement.

John Norman, maire, Bonavista

La région accueille de plus en plus de membres de la classe créative, qui occupent des bâtiments qui étaient autrement non utilisés. Ça ajoute énormément de vitalité à la région, dit-il.

La biennale actuelle accueille 21 artistes d’à travers le Canada et des États-Unis. Plusieurs expositions s’inspirent notamment de la culture et l’histoire terre-neuvienne et autochtone.

Par exemple, The Afronautic Research Lab, l’oeuvre de Camille Turner, explore les liens peu connus entre Terre-Neuve, la pêche à la morue et l’esclavage.

Portrait de Valérie Frappier, à Duntara.

Valérie Frappier, stagiaire avec l'équipe de la Biennale Bonavista

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Ça m'intrigue vraiment, ce que la biennale fait pour remettre en question qu'est ce que l'art peut faire [et] comment l’art peut rassembler les gens et être vraiment attentionné [envers] l'endroit où on le présente, observe Valérie Frappier, stagiaire avec l’équipe de l’événement. Ça remet en question le potentiel de l'art au Canada.

Terre-Neuve-et-Labrador

Arts visuels