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L'éclatement de la bulle du marché du cannabis est dû à des attentes irréalistes, selon un expert

Un ouvrier vérifie des plants de cannabis dans une serre du site de production européen du producteur canadien de cannabis médicinal Tilray, à Cantanhede, au Portugal.

Les actions du producteur de cannabis Tilray sont passées de 200 $ à 30 $ en moins d'un an.

Photo : AFP/Getty Images / Patricia De Melo Moreira

Les attentes irréalistes des investisseurs quant aux profits possibles résultants de la légalisation de la marijuana au Canada et l'incapacité continue des producteurs de répondre à la demande expliquent en partie la chute de la valeur des actions de certains producteurs de cannabis, selon un expert de l’industrie.

En octobre dernier, avant la légalisation de la marijuana au Canada, la valeur des actions de Tilray, une entreprise de Nanaimo, était évaluée à près de 200 $ l'unité. Depuis, elle a chuté, pour atteindre moins de 30 $.

Pour sa part, la valeur des actions de Canopy Growth, un autre producteur, a chuté de 50 % depuis le mois d’avril.

Michael Rodenburgh, responsable des stratégies pour le marché du cannabis au groupe de recherche Ipsos, explique que les investisseurs dans l'industrie du cannabis avaient des attentes irréalistes quant à l'avenir de ce marché avant la légalisation de cette drogue au Canada.

« Tout le monde s'attendait à une augmentation exponentielle des ventes, mais cela ne s'est pas matérialisé parce que les gens n'ont pas commencé à fumer aussi fréquemment que ce qu'on prévoyait », souligne l'expert.

En effet, selon les données d’Ipsos, le nombre de Canadiens qui fument du cannabis au moins une fois par mois est passé de 13 %, avant la légalisation, à seulement 16 à 18 %, un an après la légalisation.

Approvisionnement insuffisant

M. Rodenburgh ajoute que l'impossibilité des producteurs de répondre à la demande à travers le pays contribue en partie aux ventes décevantes.

Il y a seulement un magasin de cannabis provincial en Colombie-Britannique et quelques magasins privés. Tout l’Ontario est desservi par 75 magasins. « Les consommateurs ne peuvent pas trouver et acheter les produits qu'ils veulent », explique M. Rodenburgh.

Selon Ipsos, la moitié du cannabis consommé au Canada continue d’être acheté sur le marché illégal. De plus, les consommateurs qui achètent des produits dans les magasins autorisés se souviennent rarement de la marque de cannabis ou de l’entreprise qui la fabrique, ce qui veut dire que les producteurs ont du mal à établir une clientèle fidèle.

M. Rodenburgh prévoit que la légalisation des produits de cannabis comestibles et d’autres dérivés, le 17 octobre, stimulera légèrement la valeur des actions des producteurs.

Cependant, il reste prudent et estime que la majorité de ces produits ne seront pas sur le marché avant le mois de décembre et que les effets ne seront donc pas sentis avant le quatrième trimestre de l’année financière.

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