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La politique économique de Trump est contre-productive, avertit le FMI

Le président américain Donald Trump assis dans un salon de la Maison-Blanche.

Le président américain Donald Trump s'est fait rabrouer par le Fonds monétaire international, qui juge que sa politique économique nuit à l'économie mondiale.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Agence France-Presse

La guerre commerciale menée par l'administration Trump contre la Chine avec des tarifs douaniers punitifs et un affaiblissement du dollar ne permettront pas de redresser les déséquilibres commerciaux, ont mis en garde mercredi des économistes du Fonds monétaire international (FMI).

Sur un ton inhabituellement direct, l'économiste en chef du Fonds monétaire international, Gita Gopinath, et deux de ses collègues affirment que la politique économique de la Maison-Blanche est contre-productive et va ralentir l'économie mondiale.

Les tarifs douaniers vont avoir un impact négatif aussi bien sur l'économie américaine que mondiale, en minant la confiance des entreprises et l'investissement et en désorganisant les chaînes d'approvisionnement, tout en augmentant les coûts pour les producteurs et les consommateurs, écrivent les auteurs dans un billet de blogue.

Des tarifs douaniers bilatéraux plus élevés ont peu de chances d'arriver à réduire les déséquilibres commerciaux, parce que pour l'essentiel ils détournent les échanges vers d'autres pays, écrivent Mme Gopinath et MM. Gustavo Adler et Luis Cubeddu.

Pour autant, la production n'est pas rapatriée aux États-Unis, mais ce qui était produit en Chine va être produit dans un autre pays à bas coût, auquel cas le déficit commercial se creusera.

Le déficit commercial est, pour Donald Trump, l'une des principales mesures de la santé de l'économie américaine. Celui-ci voit dans le déséquilibre un signe de faiblesse des États-Unis et essaye d'y remédier, avec la Chine tout particulièrement, à coup de tarifs douaniers punitifs pour tenter de rétablir l'équilibre.

D'ici la mi-décembre, la totalité des 550 milliards de dollars de biens importés de Chine devrait être frappés d'une taxe comprise entre 10 % et 25 %.

Affaiblir le billet vert

Gita Gopinath en gros plan.

L'économiste en chef du Fonds monétaire international, Gita Gopinath, estime qu'affaiblir le dollar américain pour rendre les produits américains plus compétitifs s'avère être une mauvaise idée.

Photo : Associated Press / Esteban Felix

Les trois économistes mettent aussi en garde contre une autre idée souvent mentionnée sur Twitter par le président : affaiblir le dollar pour rendre les produits américains plus compétitifs.

Le locataire de la Maison-Blanche accuse la Banque centrale européenne et Pékin de volontairement faire baisser leur devise respective pour rendre leurs produits plus attractifs aux consommateurs américains.

Les stratégies pour affaiblir la devise d'un pays sont difficiles à mettre en oeuvre et s'avèrent selon toute probabilité inefficaces, soulignent les économistes du Fonds, ajoutant, pour bien enfoncer le clou, que presser la Banque centrale de baisser les taux ne permettra pas non plus d'arriver au but désiré.

Donald Trump attaque sans répit la Réserve fédérale américaine (Fed), qu'il accuse de freiner la croissance économique en ayant augmenté ses taux « trop souvent, trop vite ».

Le président, qui est en campagne pour sa réélection et qui sait l'importance de la santé de l'économie sur l'issue du scrutin, réclame désormais une baisse d'un point de pourcentage du principal taux d'intérêt de la Fed, pour regagner en compétitivité et doper la croissance.

Plus fort dollar de l'histoire, très dur pour les exportations. Pas d'inflation, s'est-il insurgé sur Twitter mercredi matin, arguant que, ailleurs, les taux sont plus bas. Le billet vert est en fait loin de ses plus hauts niveaux historiques.

Il ne faut pas se bercer de l'illusion qu'en baissant les taux d'intérêt, on arrive à affaiblir suffisamment une devise pour qu'elle améliore durablement la balance commerciale.

Les auteurs du billet de blogue

La politique monétaire seule n'est pas en mesure d'induire les dévaluations fortes et durables qui seraient nécessaires pour mener à ce résultat et surtout pas sur une période de 12 mois, mettent-ils en garde, faisant clairement allusion à l'échéance présidentielle de novembre 2020.

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