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Entre ici et là-bas : « Je ne voulais pas m’approprier une culture », dit son auteure

La page couverture du roman Entre ici et là-bas, de Michèle Matteau.

La page couverture du roman Entre ici et là-bas, de Michèle Matteau

Photo : Avec la gracieuseté des Éditions David

Marika Simard

La Franco-Ontarienne Michèle Matteau s’est glissée dans la peau d’une immigrante originaire de l’Afrique de l’Est l’instant d’un roman jeune public. Écrit à la première personne du singulier, Entre ici et là-bas présente aux lecteurs le personnage de Ganaëlle, une adolescente arrivée au Canada depuis trois ans et qui cherche toujours à s'intégrer.

Cette démarche, elle l’a entamée en plein coeur de la crise d’appropriation culturelle qui a forcé l’annulation du spectacle SLÀV et celle de Kanata, de Robert Lepage, en juillet 2018.

Très soucieuse de ce que lui dictait ce débat épineux, Mme Matteau a pris les précautions nécessaires pour éviter de se retrouver elle-même au cœur d’une controverse.

Même si c’est un processus que je fais toujours, je me suis fait relire parce que je ne voulais pas m’approprier une culture, explique l’auteure. À quelques exceptions près, ses premiers lecteurs ont offert une rétroaction positive.

Je me suis posé la question [sur l’appropriation culturelle], mais pas au point où je n’irais pas de l’avant avec ce livre.

Michèle Matteau, auteure
La Franco-Ontarienne Michèle Matteau s’est glissée dans la peau d’une immigrante originaire de l’Afrique de l’Est l’instant d’un roman jeune publique.

L'auteure Michèle Matteau a fait paraître le roman Entre ici et là-bas.

Photo : Avec la gracieuseté du studio G. R. Martin photography

La genèse du roman

La démarche était non seulement légitime, mais aussi nécessaire, dit Michèle Matteau.

Celle qui habite à Ottawa depuis près de 35 ans a, par le passé, dirigé une pièce de théâtre à La Nouvelle Scène portant sur la réalité des immigrants. Ce projet l’a amenée à travailler de très près avec des immigrants pendant près de trois mois. Faute de temps, la réalité des enfants de ces familles d’immigrants a été éclipsée du texte théâtral.

L’auteure a continué de côtoyer les gens avec qui elle avait travaillé pour la pièce, ce qui lui a permis de développer l’histoire de son roman, intitulé Entre ici et là-bas, publié le 13 août dernier.

J’ai vu grandir leurs enfants [...] Les adolescentes ou les adolescents qui arrivaient ne font pas partie de cette décision, même quand cette décision a été prise, dans les cas de réfugiés : “On se sauve, deux jours plus tard on est hors frontière et la vie commence, constate Michèle Matteau.

Elle s’est donc attardée à cette faste période qu’est l’adolescence, en utilisant la première personne du singulier. Elle a fait sienne la réalité d’une jeune fille, qui cherche ardemment à devenir une Canadienne à part entière, mais qui se heurte à l’attitude réfractaire de ses parents.

Michèle Matteau a choisi de ne pas identifier le pays duquel le personnage principal provient, par souci de pérennité de son histoire.

Entre ici et là-bas est publié aux Éditions David et s’adresse à des lecteurs de 14 à 18 ans.

Avec les informations de Marie-Ève DuSablon

Ottawa-Gatineau

Culture